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Le nouveau clip de Coldplay
« Violet Hill »
est disponible en bas de page !
Dés l’intro aérienne et instrumentale « Life In Technicolor », la guitare de Johnny Buckland s’envole en accords émotionnels. Et c’est instantané : on se souvient alors que Brian Eno est aux commandes de la prod et on peut être estomaqué par l’incroyable similitude que l’on peut tracer avec les guitares de son collègue the Edge.
C’est la magie du grand facilitateur Eno ou l’inexorable mutation qui exige des groupes british au bout d’un certain nombre d’albums donnés de sonner comme U2. Ce n’est pas une malédiction, surtout lorsqu’on aime U2.
L’autre référence majeure de Coldplay est une autre formation anglaise et c’est bien entendu Pink Floyd dont l’influence apparaît en filigranes dés le nostalgique « Cemeteries Of London ». Un poil « Saint Tropez », des faux airs de la mélodie de « House Of The Rising Sun », un petit gimmick flamenco à la Kate Bush, on s’inscrit toujours dans cette tradition de balade cool comme la campagne anglaise.
De même, comment ne pas songer à Procol Harum lorsqu’un Hammond retentit avec vigueur sur la version électrique de « Lost ? ». Et toujours cette omniprésence de U2 avec des vibes de Stay (Faraway, So Close!) sur « Zooropa ». Le traitement un peu similaire des voix de Bono et de Chris Martin par Brian Eno, cet écho infiniment maîtrisé n’y est sans doute pas étranger.
« 42 » c’est la rencontre de « Eleonor Rigby » des Beatles – ça tombe bien Coldplay est sur le même label- et de Pink Floyd -idem- avec un phrasé très Gilmour et soudain on plonge direct dans des guitares un peu aliens à la Arcade Fire. C’est en sachant ainsi nous surprendre que Coldplay parvient à nous séduire.
Vagues de synthés et piano pour « Lovers In Japan », jolie mélodie pop à la Deacon Blue sous les vocalises de Martin qui a toujours l’air d’en faire un peu trop en poussant sa voix, mais c’est son truc et c’est sans doute cette fragilité là qui fait qu’elle accroche autant le public.
Ballade exotique aux réminiscences japonaises avec « Strawberry Swing ».
Au tableau d’honneur de cet album, on trouve la chanson titre « Viva La Vida » aussi élégante que subjuguante sur un violon qui swingue vertigineusement. L’autre single « Violet Hill » aux guitares à la David Gilmour constitue aussi un des morceaux de bravoure de ce Coldplay.
Enfin, il faut louer notre ami Martin pour le cadeau émotionnel qu’il nous fait en incluant deux versions acoustiques de « Lost? » et de « Lovers In Japan », la première au piano voix à la « Imagine » simplement irrésistible, la seconde à la guitare avec un feeling néo-hippie paisible comme Fleetwood Mac.
Enfin, il faut évoquer la pochette, cette « Liberté qui conduit le peuple » aux seins nus sur les barricades de notre révolution de 1830 qui a chassé du pouvoir Charles X pour instaurer la monarchie de Juillet avec Louis Philippe 1er, roi des Français. Faut-il voir dans ce tableau de Delacroix un clin d’œil à l’occupant actuel de l’Élysée ou n’est-ce au contraire qu‘une parabole pour exprimer ce grand besoin de changement qui agite notre planète ?
Si un groupe tel que Coldplay a incontestablement son rôle à jouer comme une passerelle nécessaire entre la tradition planante british et son plus proche futur, il ne répond pas toujours forcément à nos questions existentielles.
GBD
©Gérard BAR-DAVID / Hitmusemag.com 24 juin 2008
Artiste : Coldplay
Album : « Viva la Vida or Death and All His Friends»
Label : Parlophone (dist EMI)
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Publié le 24.06.2008 à 10:50
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