C’est avec plus de vingt minutes de retard que Coldplay investit sa scène pour un concert triomphal qui emporte un POPB plein à craquer et conquis d’avance au rock néo-Floydien de la bande à Martin.
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Le rap pugnace de Jay-Z, suivi du classique « Le lac des cygnes », deux choix, on va dire atypiques auront servi d’interlude avant l’arrivée sur scène des quatre Coldplay. Comme si l’on pouvait encore ignorer que la formation de Chris Martin a choisi pour pochette de leur 4éme album la « Liberté qui conduit le peuple » aux seins nus sur les barricades de notre révolution de 1830 qui a chassé du pouvoir Charles X pour instaurer la monarchie de Juillet avec Louis-Philippe 1er, roi des Français ; le tableau de Delacroix, large comme un écran de ciné, est tendu derrière le groupe. Deux prosceniums s’avancent dans le public de part et d’autre de la scène peinte en noir. Dans les cimes de Bercy six ampoules géantes sont suspendues, on saura un peu plus tard qu’elles servent en fait de rétroprojecteur. Enfin, tandis que résonnent les premières mesures de l’instru « Life In Technicolor », Chris, Jonny, Guy et Will uniformément vêtus d’un pantalon bleu et d’une veste noire investissent la scène. Chris Martin paraît particulièrement ravi d’être là aujourd’hui, ainsi lorsque s’enchaîne « Violet Hill », il bondit comme un cabri en chantant et grattant sa guitare acoustique.
Quelques mots en français entre les chansons, deux pas sur le podium pour se rapprocher du public, Coldplay a choisi de jouer la carte intimiste dans une salle pourtant très vaste. Plus tard dans le show, certaines chansons acoustiques (« God Put A Smile Upon Your Face », « Talk » et « The Hardest Part ») seront interprétées sur une mini scéne au milieu du public à l’extrémité du proscenium. Encore plus fort, dans le dernier tiers du concert, Coldplay se retrouve carrément dans les gradins parmi les fans pour jouer deux autres titres acoustiques « The Scientist » et « Death Will Never Conquer ». Coldplay utilise donc trois scènes différentes durant le même gig, un record digne de figurer au Guiness Book of Records.
Entre la sobriété des lights, l’utilisation intelligente des lasers et des projections, Coldplay s’est ménagé un show aussi sobre qu’élégant.
Et si le groupe british triomphe sans peine dans les travées de Bercy, musicalement il reste un peu indécis, le cul entre deux chaises : les versions électriques sont très proches de celles de l’album et surtout il semble inlassablement hésiter entre le rock conquérant des Irlandais de U2 et les planeries contemplatives de leurs compatriotes Pink Floyd. Car franchement, à part sur un remix electro de « Viva La Vida » en forme de hit de New Order diffusé pour permettre au groupe de regagner la scène principale après leur dernier acoustique au fond du fond de Bercy et une poignée de titres comme « Lovers In Japan » ou à la rigueur « Speed Of Sound », franchement c’est pas gagné de réussir à danser sur du Coldplay.
Pourtant, l’ami Chris fait des efforts, il a toujours un petit mot gentil en français maladroit et donc forcément touchant, il fait chanter la foule, il la charme au piano ou à la guitare.
Le show s’achève sur une apothéose de confettis fluos lâchés sur le public, un triomphe digne d’une convention US qui laisse des étincelles dans les yeux.
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