Pour voir le nouveau clip de Didier Super « Petit papa chinois »
extrait de son nouvel album « Ben quoi »
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Depuis peu, notre Didier Super National a signé chez les grands. Et grâce à Polydor, il est dorénavant bien entouré. Son nouvel album est un petit fouillis de rires méchants, de vacheries expiatrices, de mots extrêmes et d’accords dissonants. Voici ce qu’il en dit…
Dans ce nouvel album, tu chantes toujours aussi faux, c’est toujours discordant, mais c’est pourtant bien produit !
Didier Super : Et oui, depuis que je me suis revendu à V2, et que je suis dans une major de merde, c’est sûr que la qualité en a pris un bon coup !. C’est une des premières choses qui m’est arrivée quand j’ai quitté mon petit label des débuts. La grosse maison de disque, elle est quand même là pour recracher un max et produire au mieux mon album. Alors j’en ai profité… Et puis j’ai plein d’amis qui sont des bons musiciens, plus d’autres mecs qu’on m’a présentés et qui y ont participé.
C’est pour les remercier que l’on t’a vu pisser sur les murs de Universal…
D.S : Ouais, j’avais envie de pisser, il fallait bien !! Et puis ça s’appelle un peu cracher dans la soupe…
Par rapport à ta carrière, tu en es où ? Tu es enfin parvenu à être la star que tu dis rêver d’être dans tes chansons ?
D.S : Ben écoute, je suis toujours un intermittent du spectacle. Sur scène, en répètes, je suis un peu comme un militaire qui bosse aux frais de l’état. Et bien moi c’est aux frais des Assedics…On est un peu comme des chômeurs, car ce statut, c’est le seul moyen qu’a trouvé l’Etat pour représenter notre profession… des chômeurs ! Je me fais aussi quelques amuse-gueules grâce à ma maison de disques, des bricoles, quoi.
Là, tu parles de tes ventes d’albums… Mais tu les laisses aussi en libre téléchargement sur le Net ??
D.S : Un album, ça me rapporte deux francs dans ma poche. Des francs, et non pas des euros, attention ! Mais c’est grâce à ça que je ramène du monde à mes spectacles, avec le bouche-à-oreille, et Internet. La vente d’albums, ça ne représente vraiment rien. L’artiste n’y gagne absolument pas.
Tu évoques souvent l’amour, dans cet album… En faisant de la prévention pour les MST, ou en racontant l’histoire de ce jeune papa qui veut quitter sa copine et son enfant…C’est autobiographique ??
D.S : Dans le monde de Didier, oui, ça l’est !
Et quand tu évoquais la Chine, et le « petit papa chinois »… Tu avais anticipé ?
D.S : Franchement je ne pensais pas faire de la récup, mais c’est bienvenu. Moi, par contre, je ne fais aucune critique contre les droits de l’homme en Chine, ça, c’est le rôle de notre cher président. Ce que je peux seulement exprimer, moi, c’est mon envie de les voir revenir à l’artisanat. Pour que leurs produits soient de meilleure qualité. Dans le titre « Je veux être une star », par exemple, alors que je suis en plein enregistrement, tout le matériel tombe en panne ; c’est ça que je veux dire. Leurs produits sont défectueux, merde !
Sinon, tu parles aussi de Sarkozy, dans « Le Nouveau Président »… Que penses-tu de sa politique actuelle ?
D.S : Où est-elle, sa politique ? Personnellement, je la vois pas…Je ne vois que des couvertures de Gala et de Paris Match. C’est un mec qui pousse les gens à être rentables. Et puisque moi je suis naturellement fainéant, et de gauche, c’est un peu difficile la cohabitation. En plus, je suis un intermittent, ce qui n’améliore rien. En plus, quand tu penses que son frère est le second du Medef…
Et la censure ? tu évoques ça en mettant des « Bips » dans tes chansons quand c’est des insultes…C’est Polydor, qui te l’as imposée ??
D.S : Ouais… Universal a eu très peur d’une chanson qui parlait d’une conne et d’un nazi ! Mais le bip le plus drôle, c’est quand même celui du début : la voix de l’hôtesse, qui dit « on est obligés de mettre des bips, pour éviter que ces « bips » d’Universal fassent chier ». Quant à une censure politique, je ne pense pas qu’il y aurait eu une démarche quelconque de leur part. Cela aurait ressemblé aux pirates dans Asterix qui coulent eux même leur propre bateau, tu vois ce que je veux dire…Ils se ridiculiseraient, car la chanson a quand même bien tourné sur internet, le message est déjà passé.
Et toi, te censures-tu toi-même ??
D.S : Je m’interdis d’être vulgaire. Tu vois, on peut dire « Salut enculé » sans l’être, alors qu’un « Bonjour Monsieur » l’est … En gros, le faux-cul, c’est complètement vulgaire.
Tu veux dire que ta provocation n’est jamais vulgaire ??
D.S : Tout le monde ne l’entend bien sûr pas de cette oreille, c’est sûr… vu le nombre de personne qui quittent mes spectacles…Je me suis même amusé à faire des croix sur ma guitare à chaque fois que quelqu’un quittait la salle. Depuis début avril, j’en ai 15. »
Cybèle GALLIAS
Artiste : Didier Super
Titre : « Ben Quoi »
Label : V2
© Cybèle Gallias / Hitmusemag.com
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Publié le 13.05.2008 à 13:32
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