Regardez la version originale de « Rockollection » de Laurent Voulzy !
Le video-clip est disponible en bas de page.
Pour célèbrer dignement les trente ans- comme le temps passe !- de son tube fondateur « Rockollection » « ….et les Beatles chantaient…. », Laurent Voulzy s’est enfermé de longs mois en studio pour en enregistrer une nouvelle version d’une cinquantaine de minutes baptisée « Recollection » (« souvenir », en anglais). Un pari risqué, mais très réussi.
Comment l’idée d’enregistrer une nouvelle version de « Rockollection » est-elle née ?
Laurent Voulzy : C’est ma manageuse qui m’a appelé un jour en me disant : « Laurent, ça va faire trente ans que « Rockollection » est sorti, tu ne voudrais pas faire quelque chose ? » Au départ, j’ai pensé faire une fête dans un club avec des amis. Et puis j’ai réfléchi. J’ai appelé Alain Souchon pour lui demander s’il voulait bien m’écrire un couplet supplémentaire, avec lequel on re-enregistrerait le titre, sans aucune prétention, juste pour marquer ses trente ans. Finalement, en nous y mettant, je me suis dit que je pourrais en profiter pour faire passer d’autres trucs. J’ai commencé à raconter ma vie quand j’étais petit, et puis on a changé toutes les citations musicales, et puis d’autres parties sont arrivées petit à petit… la chanson a bougé au fil des jours, elle a pris de l’ampleur, elle s’est divisée en une dizaine de chapitres, avec le grand bloc central qu’est « Rockollection ». En fait, on s’est laissé guider par le plaisir, et par le morceau lui-même.
Dans la partie du disque qui reprend « Rockollection », vous avez gardé les paroles d’origine, mais vous avez changé les citations musicales. Cela surprend un peu. Comment avez-vous effectué votre choix ?
L.V : Je n’avais aucune envie de faire du nouveau avec « Rockollection », mais je me suis juste amusé à utiliser de nouvelles citations, comme quand on le joue sur scène. Je cite à peu près les mêmes artistes (Beatles, Stones, Bee Gees, Beach Boys…), mais avec d’autres titres, et j’en ai aussi inclus de nouveaux, comme les Who ou les Kinks. Et puis à la fin du disque, il y a une partie jukebox où on entend des titres des années 80 et 90 qui ne figuraient pas du tout sur l’original.
Pour un arrangeur et producteur perfectionniste tel que vous, devoir assembler tant de mélodies et de morceaux différents en un seul titre a dû représenter un défi passionnant, un véritable challenge à la Phil Spector…
L.V : Tout à fait ! C’est beaucoup de plaisir, même si parfois, l’assemblage ne marche pas, et qu’on se torture la tête jusqu’à entendre le « clic » qui met les choses en place. En tout, c’est assez ludique. La clef, c’est que je ne veux jamais m’ennuyer quand je l’entends. Je guette aussi les réactions des gens qui m’entourent, pour arriver à un résultat optimal, qui ne soit que du plaisir. Ce que je cherche toujours dans mes disques, c’est que ça soit simple et que ça glisse, qu’on ne se pose pas de question, que ça soit comme une bulle parfaite à laquelle on s’accroche sans réfléchir. Quelquechose qui est réussi doit nous faire oublier le temps pour ne retenir que l’émotion.
Puisqu’on parle de temps, comment le « Rockollection » de 1977 a-t-il été créé ?
L.V : J’ai écrit « Rockollection » pour mon copain Daniel en 1975, à l’occasion d’un dîner entre copains. Je voulais lui offrir un morceau où je raconterais des épisodes de sa vie à lui. J’ai trouvé la musique de en trois minutes avant de passer à table… Un an après, je travaille avec une chanteuse américaine qui s’appelle Ann Calvert, pour qui je fais une maquette avec cette même musique, et je trouve le gimmick de guitare qui ouvre la chanson. Elle écrit des paroles et l’appelle « Thriller ». Ca n’est pas une blague ! Un an plus tard, j’ai l’idée de « Rockollection ». L’air me revient en mémoire, et je décide de la garder… J’ai fait une maquette paroles et musique, et quand Alain l’a écoutée, il m’a dit : « l’air est vraiment bien, mais si je peux me permettre, les paroles pourraient être mieux ». Il a réécrit cinq couplets dans l’après-midi. C’est la première chanson qu’on ait écrite pour moi.
Trois minutes autour d’une table pour trente ans de succès, ça valait le coup ! Comment expliquez-vous que « Rockollection » tienne une place si particulière dans le cœur des Français ?
L.V : Je n’en sais rien ! Si je le savais, je réutiliserais la recette ! Le mélange air dynamique/paroles nostalgiques est sympa, les citations y sont pour beaucoup… les gens se retrouvent dans le morceau, ça leur évoque des souvenirs. Mais ça n’explique pas tout… En tout cas, ce morceau a changé ma vie.
Après votre album de reprises « La septième vague » il y a deux ans, puis cette version revisitée de « Rockollection », quand allez-vous écrire un nouveau disque de compositions originales ?
Ce sera un disque avec Alain Souchon, qu’on a envie de faire depuis longtemps. »
Décidément ces deux là plus de trente ans après leurs premières collaborations restent aussi inséparables que les Dupont-Dupond de Tintin.
© Kathleen Aubert pour www.Hitmusemag.com – 1er juillet 2008
Artiste : Laurent Voulzy
Album : « Recollection »
Label RCA/Sony BMG
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Publié le 01.07.2008 à 11:51
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