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Publié le 02.06.2008 à 15:03
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James

James Hunter : White Soul Machine


Soul

Il était en concert lundi dernier le 2 juin à la Chapelle des Lombards, avec son irrésistible voix soul. A l’entendre, on croirait retrouver le défunt Sam Cooke. Mais s’il est bien signé sur le prestigieux label qui hébergeait jadis Creedence Clearwater Revival, Fantasy records, James Hunter est pourtant blanc et british. « The Hard Way » son dernier album est un joyeux retour vers le futur, comme Melvin Berry, le cousin de Chuck dans le film de Zemekis, qui nous transporte avec autant d’énergie que de nostalgie vers ces 60’s dorées par la légende.

Pour voir « The Hard Way » et «  Don’t Do me No Favours » en live

extraits du dernier album de James Hunter

allez en bas de page !

Il est 15 h 30, j’arrive sur une Place de la Bastille noyée de soleil. Devant l’entrée de son hôtel, un citoyen britannique sirote tranquillement un jus d’orange. Pas de doute, il s’agit bien de James Hunter, l’auteur de « The Hard Way », un disque enregistré en compagnie d’Allen Toussaint qui fleure bon le rythm’n’blues old school (Fantasy Records, sortie septembre 2008).

Méconnu en Europe, l’homme est une star aux Etats-Unis. Son album précédent, « People Gonna Talk », paru en 2006, y fut un best seller. Récoltant nomination aux Grammy Awards, catégorie « Meilleur Album Blues Traditionnel », et un classement parmi les dix albums de l’année dans les revues Mojo et USA Today.

Avant d’en arriver là, James a connu des moments difficiles (la musique qu’il joue n’a pas toujours été populaire). Il a survécu un moment en accompagnant Van Morrison, au début des années 1990, puis - moins prestigieux - en travaillant pour les chemins de fer de sa Très Gracieuse Majesté.

La suite de l’histoire est belle... Aujourd’hui reconnu aux Etats-Unis, il jouit d’une totale liberté artistique. Il a conservé son backing group original, composé de vieux potes qui l’accompagnent depuis 20 ans, et enregistre uniquement dans des studios analogiques. Vous n’imaginiez tout de même pas que James Hunter enregistrait du rythm’n’blues sur un ordinateur !

Depuis le succès d’Amy Winehouse, Hunter se sent moins seul dans le paysage musical anglais. Et il n’y a aucune raison pour que l’Europe ne succombe pas à ses mélodies, comme elle a succombé à la turbulente soul girl. Deux détails à connaître, si vous le rencontrez : l’homme est aussi chaleureux que sa musique… et aussi fan de Smokey Robinson que de Jean Gabin.

 

Votre nouvel album, « The Hard Way », a été enregistré très vite ?

Oui, deux semaines de prises de son, quant au mixage, il n’a pas duré très longtemps.

 
Vous avez enregistré où ?

Dans le dernier studio londonien où je peux encore utiliser un équipement analogique. Il est perdu dans les bas quartiers de la ville. On a presque été surpris qu’Allen Toussaint trouve son chemin depuis New Orleans pour nous y rejoindre ! D’ailleurs, il nous a dit que notre studio lui rappelait beaucoup celui qu’il utilise habituellement. Je crois qu’il voulait dire qu’il était aussi insalubre…

 
Vous enregistrez « à l’ancienne » : vous chantez en direct, en même temps que le groupe…

Oui, on fait plusieurs prises et on garde la meilleure. Parfois, on a la chanson du premier coup, parfois on l’a au bout de quinze prises... Beaucoup de gens pensent que c’est difficile d’enregistrer dans ces conditions, mais si vous pouvez le faire sur scène, vous pouvez le faire dans un studio ! Le problème, quand vous enregistrez dans un studio moderne, c’est que l’ingénieur du son place les musiciens dans des pièces différentes pour que le son soit « propre ». Or, on perd ainsi toutes les harmonies naturelles qui font la chaleur d’une section de cuivres par exemple.

 
Vous travaillez avec les mêmes musiciens depuis longtemps…

Presque vingt ans. Vous savez, ce qu’il y a de bien, c’est que depuis qu’on se connaît, on a épuisé tous les sujets de discorde superficiels. On n’a plus qu’à se concentrer sur la musique...

 
Vous assurez toutes les parties guitares sur vos disques, avec un style très particulier…

Oui, mon jeu est hybride, entre rythmique et solo. Je n’aime pas enregistrer les solos après coup. Je veux qu’ils soient très rythmiques, qu’on ne puisse pas les dissocier du reste.

 
Comment avez-vous développé ce style ?

Par accident. Je n’ai jamais travaillé trop sérieusement. J’écoutais des disques, j’essayais de reproduire ce que jouait Chuck Berry… Je ne suis pas très académique, mes limites techniques sont devenues mon style.


Quand avez-vous commencé à vous envisager comme un chanteur-guitariste, et non plus comme un simple instrumentiste ?

Ça s’est fait par étapes. A quatorze ans, j’ai commencé la guitare, à dix-huit ans, je me suis mis au chant, et, vers vingt-deux ans, j’ai réalisé que je pouvais combiner les deux.

 
Qu’avez-vous appris en travaillant avec Van Morrison ?

Il est impressionnant en studio. La maîtrise qu’il a de sa voix est prodigieuse. L’ingénieur du son n’a rien à faire. Van sait parfaitement où il doit se placer par rapport au micro, à quelle puissance il doit chanter… Il n’a tout simplement pas besoin des gadgets électroniques qu’utilisent les autres chanteurs. J’essaie de m’inspirer de sa technique.

 
Et son sens de l’humour si particulier ?

Oui, j’ai testé ses différentes formes d’humour… qu’il n’utilise pas toujours à propos.

 
Est-ce compliqué de travailler avec lui ?

Ça n’a clashé qu’une fois entre nous. Quand je tournais avec lui, les seuls problèmes que j’avais, étaient avec son entourage. Il y avait des sortes de courtisans dans l’équipe technique, voire parmi les musiciens, mais dans l’ensemble, les gens étaient bien.


Vous vous sentiez comment dans ce rôle d’exécutant ?

C’est une forme de discipline, d’être un side man... Je préfère être aux commandes, parce que j’ai des goûts particuliers en musique. Mais avec Morrison, ça marchait bien. Il m’avait choisi pour mon style, il connaissait mon travail. Il y a quelque chose de confortable dans le fait de jouer et de regarder le leader du groupe faire le show. Mais, dans l’ensemble, être un side man réclame un niveau de discipline que je n’ai pas ! Par exemple : arriver à l’heure…


D’où vient votre intérêt pour le cinéma français ?

Je suis en particulier fan de Jean Gabin. Je l’ai découvert dans « Quai des brumes »… Gabin vous touche « là », au plus profond, et vous ne comprenez même pas pourquoi. Il y a une poésie dans son jeu. Son équivalent, dans le cinéma américain, ce serait Mitchum. 

 
Vous vous déplacez partout dans le monde avec votre caméra Bolex ?

Oui, en tournée, je filme tout. C’est simplement pour le cas où les choses tourneraient mal et que je doive retourner travailler aux chemins de fer. Je veux garder une preuve que tout cela est bien arrivé !   

 

© Pierre Mikaïloff pour www;Hitmusemag.com – 2 juin 2008


 

Artiste : James Hunter

Album : « The Hard Way »

Label :  Fantasy Records (dist.Universal)

Sort en septembre 2008

 

 

En concert ce soir, lundi 2 juin à la Chapelle des Lombards, 42 rue des Lombards, 75 001 Paris (deux sets : 20 et 22 heures)

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Publié le 02.06.2008 à 15:03
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"The Hard Way" / James Hunter




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