Pour voir le clip de « While The Guitar Gently Weeps »,
Ainsi que des lives de « Angel Eyes » de 1989 et de "Lost In Your Eyes"
Allez en bas de l’article !!!
Le blues l'inspira toute sa vie, mais il mena parallèlement une carrière de jazzman classique, qui lui donna aussi l'occasion de jouer de la trompette. C'est cependant la guitare, avec une technique de jeu exceptionnelle où l'instrument était posé à plat, qui le distingua quand il se fit découvrir du grand public dans le film « Roadhouse ».
Une prestation qui entraîna une signature avec le label Arista. En 1988, paraît l'album « See the light » : un titre entre auto dérision (Jeff Healey était aveugle depuis l'âge de 8 mois) et message de révélation divine. Le disque lui attira les louanges de pointures comme Albert Collins ou Stevie Ray Vaughan, autres guitar heroes disparus un peu trop tôt aussi... Jeff Healey n'était pas un grand compositeur, et ses albums réunissent beaucoup de reprises qu'il choisissait comme des jouets dans une boîte. Des titres qui collaient à son timbre, rauque et vigoureux, et qui s'intégraient à son idée de la musique, à ses goûts éclectiques et curieux.
Dans son dernier album, on trouve par exemple côte à côte « The Weight » de The Band et « Like a Hurricane » de Neil Young, l’enregistrement se concluant par un « Shake rattle and Roll » ferme et définitif… Pour lui, autant de belles façons de sauter par-dessus les barrières de genres.
Les années 90 lui furent moins favorables, ses albums de blues rock moins convaincants (« Hell to Pay » avec Mark Knopfler et George Harrison en 90 ; « Feel this » en 92 ; et « Cover to Cover » en 95) mais sa réputation continua de grandir grâce à ses concerts épuisants autant pour lui que pour le public. Pendant 12 ans, il enchaîna les tournées…
Petite parenthèse dans sa vie sur la route, il anima un show sur CBS Radio dans lequel il programma une (infime) partie de sa collection de disques, rassemblant trente mille 78t datant des années 1920, 1930 ou 1940
A un autre moment, il tourna avec les Jazz Wizards, un groupe dans lequel il jouait de la trompette. Il enregistra d’ailleurs trois albums avec ses « Sorciers du Jazz »…
En 2000, il retourne en studio avec son fidèle groupe historique, le Jeff Healey Band avec lequel il grave « Get Me Some » ; un retentissant comeback au blues rock.
Entre ses disques de jazz, ses disques live et ses tournées à répétition, Jeff Healey était en constante activité musicale, il avait même programmé une visite européenne pour le courant 2008. Mais le cancer contre lequel il luttait depuis toujours a finalement eu raison de ce musicien hors pair, dont le jeu de guitare invraisemblable (en partie acquis par nécessité, à cause de sa cécité) avait fait de lui l'égal des BB King et autres, Jimmy Rogers. Des géants qu'il vénérait tout autant que le jazzman anglais Chris Barber, tromboniste avec lequel il avait partagé la scène en 2005. L'ultime album de Jeff Healey, « Mess of Blues » vient de paraître sur le label Ruf Records.
© José Ruiz pour www.Hitmusemag.com le 30 avril 2008
Chronique Album
Mess of Blues
Sur son ultime enregistrement, en reprenant des chansons de Neil Young, Doc Pomus, Robbie Robertson ou de Hank Williams, Jeff Healey buvait aux sources les plus nobles du rock ans roll.
« Mess of blues » laissera aux fans un goût amer dans la bouche. Mais Jeff Healey savait-il, lui, qu'il gravait là son ultime témoignage ? Probablement pas, car il préparait pour la suite une tournée européenne, où il projetait de faire entendre ces dix nouvelles adaptations de classiques définitifs comme « Shake Rattle and Roll », « Jambalaya » ou « The Weight », mais aussi quelques perles moins connues comme « Sittin' on Top of the World » ou « I'm Torn down ». Le musicien avait plus d'un tour dans son manche de guitare, et on continue de prendre en plein visage sa fulgurante maîtrise de l'instrument. Le disque rassemble aussi quelques moments en public, dont la chanson titre traversée par ce jeu éblouissant qui fait parfois penser à celui de Johnny Winter et à ses cordes tendues vers des vertiges invraisemblables. On comprend que Jeff Healey ait laissé tant d'orphelins sur le pavé, avec cette précision effarante dans son jeu de main gauche : les doigts poussant l'acier jusqu'à la souffrance. Le blues, électrique, est l'invité d'honneur du disque, c'est annoncé sur la porte, mais il partage les lieux avec d'autres. On y entend par exemple « Like a Hurricane » de Neil Young et « The Weight » de The Band, chanson sûrement reprise pour sa qualité de composition mais aussi pour le message qu’elle délivre. Peut-être l’un des meilleurs albums du guitariste chanteur trompettiste.
© José Ruiz pour www.Hitmusemag.com le 30 avril 2008
.jpg)
Artiste : Jeff Healey
Album : Mess of Blues
Label : Ruf Records
>+ de news Jazz Blues
Publié le 30.04.2008 à 14:21
|
 |
Autres articles sur Jeff Healey
Jeff Healey, le blues disparu.Jeff Healey : Un bluesman disparaît