POUR VOIR LES CLIPS “Disco Light”, ET “Last Night” CLIQUEZ EN BAS DE L’ARTICLE !!!
Arrière petit neveu du fameux auteur du roman « Moby Dick » Herman Melville, Moby naît pourtant blanc et pauvre à Harlem.
C’est en passant par la case « groupe punk » que Moby a fait ses premières armes dans la musique. Avec son groupe Vatican Commandos il a même publié un EP au milieu des 80’s. Mais très vite Richard M Hall va prendre ses distances et succomber à la solitude des bidouilleurs électroniques. Moby va pourtant appliquer toutes les recettes du « no future » à sa vision synthétique.
À l’aube des 90’s, il commence à remixer des artistes comme Erasure, mais c’est surtout sa version incendiaire du thème de la série TV de David Lynch composé par Angelo Badalamenti qui va braquer tous les projos sur lui. Intitulée « Go » son adaptation téléporte le générique du feuilleton vers son plus proche futur, un remix époustouflant de plus de six minutes qui emporte les pistes de danse. Mais il faudra patienter jusqu’au début 95 pour découvrir son premier véritable album « Everything Is Wrong » qui impose son image de professeur Nimbus des synthétiseurs. Car très vite, le grand public va revendiquer les séquences répétitives du DJ glabre.
En 99 son CD « Play » sera le premier du genre à voir toutes ses compos empruntées par les publicitaires pour nourrir leurs spots.
Géant de l’électro, Moby peut désormais affronter la Terre entière. Et il ne s’en prive pas. Ses échanges musclés avec Eminem qu’il taxe « de misogyne et d’homophobe » tandis que le MC réplique par un retentissant « Plus personne n’écoute de la techno ! » vont joyeusement égayer les Awards MTV de 2002.
Néanmoins, Moby tiendra se revanche en collaborant avec les vétérans rapologiques Public Enemy. Et au rythme d’un CD tous les deux ans, le DJ de NY publie ses albums dont le succès n’a jamais été à ce jour contesté par les choix du public.
Dans sa vie de tous les jours, Moby est aussi un ardent militant de l’assoce de protection des animaux PETA, il siége aussi au conseil d’administration du groupement Amend.org qui milite contre la propagation du Sida en Afrique.
Il croit aux thérapies musicales et le montre au sein de l’Institute For Music And Neurologic Function dont le but est de favoriser la guérison par les sons.
Mais il ne faut pas oublier, qu’il est aussi et surtout un joyeux noctambule, fatalement accro à la culture des clubs qu’il continue à entretenir en jouant les papillons de nuits sur le bitume de Manhattan.
Justement, sur son dernier disque « Last Night », le petit chauve à lunettes rend hommage à la dance-music et à la culture club dont il est issu. Visite guidée par Moby pour HHM au cœur de la nuit new-yorkaise…
« Ton nouvel album « Last Night » est résolument dance. Pourquoi cette envie de nightclubber ?
Moby : Le Lower East Side, le quartier où je vis à New York, regorge de bars et de boîtes de nuit : du coup, je sors tout le temps. J’avais envie de faire un disque qui sonne comme la musique que j’écoute quand je sors. C’était assez libérateur de faire ce genre disque un peu plus léger, au lieu de chercher à exprimer les secrets les plus intimes de mon moi profond !
Tu parles de la nuit new-yorkaise d’aujourd’hui… Pourtant, ton disque rappelle les plus grands moments de la scène dance/electro des années 80/90, non ?
M : C’est que ces derniers temps, tous les disques que jouent les DJs new-yorkais sont soit des disques des années 80, soit des disques nouveaux qui sonnent comme des disques des années 80 ! Le principe dominant de la dance music, c’est la nostalgie. Donc, en faisant ce disque, j’avais en tête à la fois les disques que je passais en club dans les années 90 et ceux que j’entends dans les soirées à New York aujourd’hui.
A l’écoute du disque, on a l’impression de vivre au rythme de la nuit d’un clubber, du moment où il sort de chez lui jusqu’à l’aube. « Last Night » serait-il donc un concept album ?
M : Je n’aime pas le mot, mais c’est ça. Il couvre une période de neuf heures du soir à six heures du matin, et passe par les différentes ambiances de la soirée, du plus joyeux au plus sombre.
Animes-tu toujours des soirées en club ?
M : Oui, dans deux clubs. Un petit, le New Blue, où je passe de la musique plus expérimentale. Et un grand, Hero, où je joue devant mille personnes… J’ai passé des années sur la route à défendre mes albums, et j’ai fini par détester ça. Le live, c’est deux heures d’une journée quand on est en tournée. Le reste du temps, on est dans le bus ou à l’hôtel. C’est pour ça que j’ai recommencé à faire le DJ : quand tu animes une soirée, tu viens, tu passes tes disques, et tu rentres chez toi. C’est l’idéal. Et le plus fort, c’est que le DJ s’attribue le mérite du travail des autres, puisque ce n’est même pas sa musique qu’il joue !
Quel rapport entretenais-tu avec la scène club dans les années 80 ?
M : (ndlr : le thé que Moby a commandé arrive. Il le renifle et fait la grimace). Je vais passer pour un affreux snob, mais ce n’est pas mon thé préféré… C’est du lapsang souchong et je voulais juste un thé noir. Bref… J’ai commencé à sortir en club en 1980. J’avais quatorze ans. Et j’ai commencé à faire le DJ en 1984. J’étais obsédé par les bars et les clubs, j’y passais ma vie. A cette époque, j’ai essayé de me faire engager comme DJ dans plusieurs boites.
En parlant de voix, tu as plusieurs invités sur ce disque… Tout d’abord, y chantes-tu toi–même ?
M : Euh, excuse-moi, je vais renvoyer mon thé. Ce n’est pas pour faire des chichi… Mais son odeur de fumée me rappelle celle qui a enveloppé Manhattan des jours durant après le 11 septembre… Pour revenir à ta question, j’ai posé ma voix sur deux morceaux, « Hyenas » et « La même nuit », la version française du titre « Alice », avec Adb Al Malik.
Pourquoi une collaboration avec un slammeur français ?
M : Son approche de la musique m’a séduit. Le hip hop américain est devenu plus que médiocre. Pour retrouver l’inventivité dont le genre a fait preuve à une époque, il faut se tourner vers l’étranger. Vers la scène slam, par exemple.
Un des autres invités de marque de l’album est le cultissime rappeur GrandMaster Caz. Pourquoi lui ?
M : Grandmaster Caz est l’auteur principal des paroles du tube « Rapper’s Delight », pour lequel il a royalement touché 100 dollars… C’est une figure légendaire du hip hop, qui a aidé Busta Rhymes et Nas à leurs débuts. Quand j’ai commencé à sortir en club au début des années 80, le hip hop était une musique festive. « I Love To Move In Here » fait référence à cette époque.
Il y a aussi plusieurs voix féminines sur le disque…
M : Oui. Ce sont des amies, pas des stars, ce qui aurait été trop conventionnel. Quitte à inviter des gens sur mon disque, autant que ça soit des potes ! Je leur téléphone, elles viennent, on se fait des spaghetti, on chante. C’est cool.
Outre l’enregistrement de disque et le Djing, tu as de nombreuses autres activités, dont la tenue d’un journal quotidien sur ton site Internet. Pourquoi ce besoin ?
M : Pour la même raison que je donne des interviews : j’aime communiquer. Ca vient en partie du fait que je suis enfant unique, et que je vis et travaille seul. J’ai besoin d’être en contact avec les autres. Une part de moi pense pourtant que je devrais arrêter d’écrire ce journal, car il tue toutes mes chances d’entretenir le mystère dont une star doit s’entourer. Regarde Tom Yorke : les gens l’aiment parce qu’ils ne savent rien de lui. Moi, c’est l’opposé. Les gens savent ce que j’ai mangé pour le petit-déjeuner ! Ca me rend ordinaire. C’est un vrai problème…
Il y a peu, tu as lancé mobygratis.com, un site offrant à des réalisateurs en herbe la possibilité d’utiliser gratuitement ta musique pour accompagner leurs films à but non-commercial. Peux-tu m’en dire un peu plus ?
M : Ce projet m’excite beaucoup plus que mon nouveau disque. Il me permet d’utiliser la musique plus expérimentale que je compose. « Last Night » est un chouette album, mais il est très conventionnel, à l’exception des quatre derniers titres, qui ressemblent justement davantage à ce que je fais pour mobygratis.com… »
© Kathleen Aubert pour Hitmusemag.com / avril 2008
>+ de news Electro
Publié le 18.04.2008 à 17:18
|
 |
Autres articles sur Moby
Moby : La ville qui ne dort jamais.Moby : Dancefloor au bout de la nuit