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Publié le 13.02.2008 à 20:49
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Neil

Neil Young en concert à Paris les 14 et 15 février


Rock

Neil Young donne deux concerts à Paris les 14 et 15 février au Grand Rex dans le cadre de son Continental Tour 2008 avec les musiciens de son dernier album, Chrome Dreams II : Ralph Molina (batteur du Crazy Horse, aux côtés de Neil depuis 1969 !), Ben Keith (multi-instrumentiste, présent sur Harvest, il y a 26 ans) et Rick Rosas (son « nouveau » bassiste, déjà membre des Blue Notes dans les années 80…). C’est cher (de 78 à 135 euros la place…), mais ça vaut le coup !


POUR VOIR UNE VIDEO DU CONCERT DE NEIL YOUNG A PARIS CLIQUEZ EN BAS DE L’ARTICLE !!!

La carrière de Neil Young s’étend aujourd’hui sur plus de quatre décennies mais, à 62 ans, celui qu’on a longtemps appelé le « loner » (le solitaire, titre d’un morceau de son premier album solo) rajeunit d’années en années…

Le canadien fait ses débuts en 1966 au sein du Buffalo Springfield, formé avec Steve Stills, qu’il quitte deux ans plus tard pour se lancer en solo. Pour son deuxième album, Everybody Kows This Is Nowhere, il fait appel au Crazy Horse, groupe mythique qui l’accompagnera régulièrement jusque dans les années 2000. Il rejoint ensuite Crosby, Stills & Nash pour le célèbre Déjà Vu, ajoutant son patronyme au nom du groupe, qui se sépare peu de temps après… Neil Young ne se sent bien que seul ou aux commandes d’une formation dévouée à sa cause et à ses chansons !

Il se consacre alors exclusivement à sa carrière solo, produisant coup sur coup deux classiques absolus, After The Gold Rush et Harvest. Ses disques et ses concerts laissent apparaître deux veines distinctes qui font tout le charme de sa musique : un côté folk, doux et mélodique qui charme les babas post-hippies des seventies, même si les textes de ces chansons passées à la postérité sont souvent très sombres (« The Needle and the Damage Done ») et une autre facette résolument rock, pour des titres où il est généralement accompagné par le Crazy Horse toutes guitares saturées dehors (« Down By The River », « Cortez The Killer »).

Son parcours est ainsi jalonné de périodes dépressives où il produit des albums d’une beauté crépusculaire (On The Beach, Tonight’s The Night) et de moments d’accalmie où il retrouve légèreté et équilibre dans un style plus relaxé (Comes A Time).

En 1977, il est l’un des rares dinosaures du rock à ne pas être ridiculisé par le mouvement punk, qu’il salue même dans l’excellent Rust Never Sleeps avec le fameux « Hey Hey My My » (« The King is gone but he’s not forgotten/ This is the story of Johnny Rotten » et son refrain « Rock’n’roll will never die »).

Malheureusement, dans les années 80, il traverse une mauvaise passe, artistique et personnelle : ses deux enfants souffrent de graves handicaps, ce qui influera énormément sur sa musique. Il change de label, quittant Reprise pour Geffen (qui lui fera un procès pour n’avoir pas livré de disques à la hauteur de son talent !), et se lance dans des explorations stylistiques pas toujours très heureuses, passant de l’électronique (Trans) au country (Old Ways) via le rockabilly (Everybody’s Rockin’) ou le blues…

Mais les années 90 le voient revenir en pleine forme, au sommet de son art, avec une série de disques (Freedom, Ragged Glory) et de concerts rageurs (capturés sur le brûlant Weld), immédiatement suivis de leurs opposés, le serein Harvest Moon en 1991 et l’acoustique Unplugged. Cette fois-ci, c’est le mouvement grunge, alors en pleine explosion, qui fait de lui son héros. En retour, Neil rend hommage à Kurt Cobain sur Sleep with Angels et enregistre Mirror Ball avec Pearl Jam.

Aujourd’hui, toujours très actif, Neil Young est sur tous les fronts : il donne des concerts, s’engage en politique, produit de nouveaux albums étonnants et s’occupe lui-même de l’archivage et de l’exploitation de son glorieux passé. Il a ainsi publié coup sur coup, comme à son habitude, des disques très divers, Prairie Wind (2005) à l’ambiance pastorale qui rappelle volontairement celle de Harvest, suivi du tonitruant Living With War, implacable réquisitoire anti-Bush enregistré dans l’urgence et proposé presque immédiatement au public via internet. Son dernier album, paru en 2007, Chrome Dreams II, est au contraire très varié dans les styles abordés et très réussi. C’est la « suite » d’un album enregistré en 1976 mais jamais sorti !

Parallèlement, Neil Young annonce depuis des années la parution toujours repoussée de fameux coffrets d’archives, dont il retravaille sans fin le son et la présentation, avant de les laisser régulièrement de côté pour se consacrer à une actualité plus urgente… Ainsi, le 18 février « devrait » être la date de sortie du premier volume The Archives Vol.01 1963-1972 (huit CD, deux DVD et un livret de 150 pages !), véritable Arlésienne du rock, le premier d'une série qui couvrira la carrière complète du chanteur. Mais, en avant-goût, il nous a toutefois déjà offert ces deux dernières années deux albums magnifiques, Live At Massey Hall 1971 (solo acoustique) et Live At the Fillmore East (avec le Crazy Horse en 1970).

J’ai assisté à deux récents passages parisiens de Neil Young. Ce sont des concerts qu’il ne faut absolument pas manquer, qui vous marquent à vie. En solo acoustique (guitare, harmonica, piano et harmonium), au Palais des Congrès le 23 mai 2003, Neil a donné un récital intimiste de toute beauté : l’intégrale de Greendale, largement commentée, suivie d’une poignée de classiques à couper le souffle (« Expecting to Fly » au piano). Deux ans plus tôt, le 24 juin 2001, Neil et le Crazy Horse avaient déclenché une tornade électrique sur Bercy. Au bout d’un moment, j’ai aperçu sur le côté de la scène les membres du groupe de première partie, Oasis, prostrés, abasourdis, prenant une grande leçon de rock. Les élèves ne sont pas près de dépasser le maître…

 

© Stan CUESTA pour Hitmusemag.com / Février 2008

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Publié le 13.02.2008 à 20:49
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