REGARDEZ UNE VIDEO D’UN LIVE DE PAUL WESTERBERG
"EVERY ONE'S STUPID" EXTRAIT DE SON NOUVEL ALBUM "49:00"
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Au cœur des 80’s, pourtant isolée dans la spectaculaire région des grands lacs Américains, comme dans un épisode de Twin Peaks, les « twin cities » justement, Saint-Paul/Minneapolis dans le Minnesota, vont challenger le monopole rock de New York et de LA.
Bien sûr, il y a le phénomène Prince, dont la fusion funk et rock sera bientôt mondialement popularisée par les succès massifs de son film « Purple Rain » et de sa B.O. Mais Minneapolis, depuis Bob Dylan sans doute, a toujours vibré côté rock. Ce sera d’abord avec Husker Dü, l’explosive formation de Bob Mould qui a su inspirer son grunge à Kurt Cobain. Il y aura aussi plus tard les punkies rebelles de Soul Asylum. Mais si un groupe incarne sans doute le mieux l’esprit rock de Minneapolis c’est incontestablement the Replacements menés par Paul Westerberg.
Ce que ces trois groupes auront en commun : c’est un petit label hyper-actif Twin Tone Records qui saura exploiter toute la richesse des (nombreux) talents locaux.
Avec un charisme certain et une énergie brute, avec de solides racines R and B, une vraie culture musicale et surtout un sens inné de la mélodie, on peut considérer que the Replacements incarnaient la véritable relève des formations de Woodstock, une nouvelle génération dont faisait aussi partie R.E.M ou U2. Et surtout, the Replacements avec ses deux guitaristes étaient, à l’image des Rolling Stones, un vrai groupe des scéne, ce qu’ils prouveront de manière cinglante dés leur première date parisienne au Rex Club en 1986. Mais hélas après le flamboyant « All Shook Down » le groupe s’auto-détruit au tournant des 90’s. Et le bouillant Paul Westerberg s’en va solo publiant quelques albums indispensables tels que « 14 Songs » (1993), « Eventually » (1996) et « Stereo » (2002). D’abord signé, via sa division Sire, chez Warner, son ancien label qui avait succédé à Twin Tones Records pour distribuer the Replacements, Paul verra ensuite ses albums distribués par Vagrant records, représenté en France par le conglomérat Universal. Mais après un dernier CD physique chez Vagrant, « Folker » en 2004, notre minneapolitain va reprendre sa liberté. Et si un « Best of » de Paul Westerberg sort encore chez Rhino en 2005, le guitariste est parfaitement déterminé à ne plus jamais signer sur un label.
Alors, Paul va s’inspirer des « mix-tapes »publiées par les DJ de rap, pour nous inventer une « mix-tape rock ». Car son nouvel opus « 49:00 » se télécharge comme un fichier d’une seule chanson où près de vingt titres sont mixés et enchaînés. Alors, à moins de repasser le fichier par un logiciel cde type « Garage Band » pour les séparer ou de jongler sans cesse entre Fast Forward et Rewind, on doit écouter toutes ces chansons d’une seule traite.
Mais avant de pouvoir jouir de ces 49 minutes de bonheur sonique, il faut au préalable procéder au téléchargement.
Surfing direct jusqu’à Amazon US qui offre l’album de Paul dans ses listings de « mp3 downloads ». hélas, trois fois hélas, en cliquant sur télécharger s’affiche un message expliquant que « ce téléchargement n’est autorisé que sur le territoire des USA ». Vraisemblablement balancé par ma fucking adresse IP européenne je ne suis pas autorisé à dépenser mes 0,49 cents !
Heureusement, l’ami Paul à tout prévu : en visitant sa page perso « Man without ties » (l’homme qui ne porte jamais de cravate) sur http://members.aol.com/paulspage/4949.htm, une petite phrase annonce « Bonne nouvelle : les fans qui ne sont pas aux USA peuvent désormais télécharger l’album. »
Un lien permet alors d’accéder au site Tunecore et là sur cette page http://studio.tunecore.com/store/product/47 le fameux album de Paul Westerberg est enfin à portée de clic.
Bien entendu, 49 cents peuvent paraître dérisoires comparés au prix d’un CD, sauf que lorsqu’un album est vendu moins de dix dollars par une major, l’artiste empoche rarement plus d’un dollar. Il faut donc vendre un sacré paquet de disques pour vraiment empiler les billets verts. Inversement, lorsqu’un fan comme moi décide de débourser 49 cents pour télécharger « 49:00 » c’est l’intégralité de cette somme qui passe directement dans la poche de l’artiste.
Le pari de Paul est donc simple, il pense et à raison, pouvoir attirer ainsi plus de fans qu’il n’aurait vendu de CD physique et parallèlement casser la tentation du peer to peer pour un téléchargement gratuit illégal.
Une fois téléchargé et recopié sur ma discothèque iTunes, je me grave un CD pour pouvoir découvrir sur le lecteur CD de la bagnole le fameux album. Le son est parfois très zarbe, de plages se mélangent dans un écho à la Phil Spector. Et c’est alors que je me souviens du message de mise en garde délivré par le guitariste une fois le téléchargement achevé :
« Ne pas écouter en manoeuvrant un véhicule à moteur. Ce produit n’est en aucun cas défectueux. Tous les sons réunis sont intentionnels et donc représentent un travail artistique valable ». Tout cela est donc prémédité et c’est tout simplement de l’art-rock.
Paul alterne acoustique et électrique, insouciance et rage rock, cynisme et naïveté pour nous offrir 49 minutes d’un pur bonheur auditif.
Un tel soleil dans la tête pour seulement trente-cinq centimes d’€uros, comme le disait jadis la pub, il faudrait être fou pour vouloir dépenser plus !
Gérard BAR-DAVID
Artiste : Paul Westerberg
Album : « 49:00 »
Label : Pas de label mais…
http://studio.tunecore.com/store/product/47
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Publié le 23.07.2008 à 14:12
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