DECOUVREZ LES NOUVEAUX CLIPS DE ALANIS MORISSETTE
« UNDERNEATH » ET « CITIZEN OF THE PLANET » EXTRAITS DE “FLAVOR OF ENTANGLEMENT”
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Sans Madonna, Alanis Morissette n’aurait peut-être jamais percé. Eh oui, on l’oublie souvent, c’est sur Maverick, le label lancé par la star super-femme, que la petite canadienne anglophone d’Ottawa a fait ses ravageurs débuts avec « Jagged Little Pill », un album folk-rock aujourd’hui passé au rang de classique. A 21 ans, la jeune femme en colère, comme les média l’avaient surnommée, s’était révélée une auteur-compositeur-interprète dont le talent égalait la hargne de dire ses maux. Féminisme, défense de l’environnement, engagement politique… Alanis, qui mène de front sa carrière musicale et une autre de comédienne de théâtre (Les monologues du vagin, L’innocente) et de cinéma (De-Lovely, Dogma, Sex & The City) est aujourd’hui encore de tous les combats.
Treize ans et quatre albums studio plus tard, plus un unplugged, une version acoustique du mythique « Jagged Little Pill » la tigresse s’est un peu calmée. Assumant sa féminité, forte et vulnérable à la fois, elle continue son parcours musical et humain, et achève avec son nouvel album « Flavors of Entanglement » la métamorphose commencée il y a quatre ans sur « So-called Chaos ». Le vilain petit canard aux cheveux longs et mal peignés s’est transformé en une trentenaire apprêtée et rayonnante, qui n’hésite pas dans ses nouvelles chansons à quitter l’univers rock des guitares, jusqu’alors sa marque de fabrique, pour empiéter sur l’univers electro-dance de… Madonna. La boucle est bouclée !
A plus d’un titre, ton nouvel album « Flavors of Entanglement » est un disque de rupture. Sentimentale, d’abord, puisque son écriture a suivi ta séparation d’avec l’acteur Ryan Reynolds ; mais aussi musicale, puisque tu y explores de nouveaux horizons sonores…
Alanis Morissette : Oui. Ce disque raconte l’histoire d’une relation qui se désintègre. C’est un instantané de ma vie au moment où j’ai écrit ces textes. Il m’a aidée à traverser des moments difficiles. Chaque chanson était comme un radeau auquel je me suis accrochée.
Pour cette nouvelle aventure musicale, tu t’es associée au producteur Guy Sigsworth, qui vient plutôt de l’univers de la musique électronique, et a travaillé entre autres avec Björk et Madonna. Pourquoi ce choix ?
A.M : Je ne suis pas productrice, et quand j’ai découvert Guy à travers son travail pour le groupe Frou Frou, je me suis dit « ah, super, voilà un pro de la production. Il sera parfait pour mon disque ! » Dès notre première rencontre, j’ai su que j’avais fait le bon choix. J’ai co-écrit toutes les musiques avec lui, comme avant avec Glenn Ballard. Il a su s’adapter à moi, et me faire découvrir l’aspect humain de l’électro.
« Straightjacket » est sans doute la chanson qui surprendra le plus tes fans, car c’est un titre très dance ! As-tu fait ce choix pour concurrencer Madonna ?
A.M : Ha ha ! Non, pas du tout ! Pour ce titre, quand Guy a fait le choix d’aller vers une musique très électronique, sans guitare acoustique, ça m’a fait un peu peur, mais je lui ai fait confiance. Et j’adore le résultat. C’est Guy qui a façonné la majorité du paysage sonore de ce disque. Je danse beaucoup, et j’ai des goûts très variés, qui vont du hip hop au rock en passant par la musique alternative et la techno. J’aime mélanger toutes ces sensibilités.
« Citizen of the Planet », qui ouvre l’album, fait la part belle aux ambiances orientalisantes. Toi qui es curieuse des cultures d’ailleurs, as-tu déjà envisagé de laisser davantage de place aux influences ethniques dans ta musique ?
A.M : J’ai toujours aimé la gamme orientale. Pour moi, la gamme européenne, c’est un peu comme une palette qui ne comporterait que les couleurs primaires. La gamme orientale, elle, comporte toutes les nuances. Elle est beaucoup plus émotionnelle. Quand j’entends des sonorités, mon cœur fait un bon dans ma poitrine. Si je pouvais, je ferais tout un disque dans ces tonalités, qui sont présentes sur plusieurs de mes nouveaux morceaux.
Quels sont tes engagements du moment ?
A.M : Je défends toujours férocement les droits des artistes (peintres, musiciens, photographes), les droits de la femme, et un peu l’environnement. Mais mes actions ne sont pas aussi éclatantes qu’avant. Je fais mon truc dans mon coin. J’ai une Prius, je recycle… Je fais ce que je peux à mon échelle. Qui sait si la planète n’est pas supposée exploser dans cent ans. Qui sommes-nous pour en décider ? Avant, je croyais que je devais sauver la planète. Maintenant, Je suis beaucoup plus relax qu’avant sur le sujet.
Alors que certains artistes souhaitent garder le secret sur leur vie privée et leur travail en cours, tu fais tout le contraire. Tu tiens un journal en ligne, tu y postes photos, textes, musiques, coup de cœur… Pourquoi cette soudaine envie de communiquer, toi qui es longtemps restée si discrète ?
A.M : C’est une autre forme d’expression. Pour moi, partager ces moments de ma vie avec les autres, c’est une invitation à ce qu’ils en fassent autant. Quand j’écris une chanson, je l’écris d’abord pour moi, mais la partager avec le public, c’est un peu copmme une offrande que je lui fais. Je passe de plus en plus de temps à m’occuper du site, au moins deux ou trois fois par semaine.
Et côté cinéma ?
A.M : En octobre dernier, j’ai fini le tournage de l’adaptation du roman de l’auteur de science fiction Philip K. Dick, “Radio Free Albemuth”. J’y incarne Sylvia, une femme qui reçoit des messages d’un satellite, et essaye de renverser le gouvernement par le biais de l’industrie du disque. Si seulement ça pouvait arriver dans la réalité, ça ferait longtemps qu’on serait débarrassés de l’administration Bush !
© Kathleen Aubert pour www.Hitmusemag.com – 21 juillet 2008

Artiste : Alanis Morissette
Album : « Flavors Of Entanglement »
Label : Maverick
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Publié le 21.07.2008 à 11:10
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