DECOUVREZ LES CLIPS DE MORRISSEY
« IRISH BLOOD, ENGLISH HEART », « SUDEHEAD », ET « CHARMING MAN » (AVEC THE SMITHS)
LES VIDEOS SONT DISPONIBLES EN BAS DE PAGE !
Steven Patrick Morrissey (né le 22 mai 1959 à Manchester) qui incarne toute la quintessence du style british fait ses débuts en tant que fan, écrivant fréquemment dans le courrier des lecteurs du Melody Maker. Il est dans les seventies président du fan club anglais des New York Dolls et il écrit un livre à leur sujet, ainsi que James Dean Is Not Dead. C’est d’ailleurs à son instigation que les Dolls survivants se reformeront en juin 2004 pour une prestation au Meltdown Festival de Londres dont il sera le programmateur (et où il invitera également les Sparks).
Tony James, fondateur de London SS avec Mick Jones, bien avant le Clash, se souvient d’avoir passé une petite annonce dans le Melody Maker de mars 1975 demandant un « CHANTEUR MALE DECADENT. Doit être excitant, mignon et passionnément dévoué au style de vie rock & roll. » Il n’avait alors obtenu aucune réponse, à part une demande de renseignements d’un autre fanatique des Dolls de Manchester du nom de Steve Morrissey !
Ce fan d'Oscar Wilde et des chanteuses pop anglaises des années 1960 (Cilla Black, Sandie Shaw, Dusty Springfield), également fasciné par David Bowie et Marc Bolan, finit par rencontrer en janvier 1982 le guitariste Johnny Marr avec lequel il fonde The Smiths, groupe mythique des années 1980, qui publiera quatre albums et une flopée de singles avant de se séparer en août 1987, marquant profondément le rock dit « indépendant » de son époque et des suivantes.
Les Smiths incarnent le nouvel esprit des années 1980 (« Depuis le début des eighties, on n'a pas la moindre considération pour les êtres humains et ça s'est reflété dans la musique populaire »). Ils méprisent les synthétiseurs, les vidéo-clips et les Américains (« Ces orangoutangs atteints d'un mal incurable »). Ils seront élus meilleur groupe de l'année 1984 et Morrissey meilleur chanteur. Sa voix lyrique en énervera pourtant plus d’un, à l’image de la musique des Smiths, trop précieuse pour les uns et splendide pour les autres, qui sera celle de toute une génération timide et mal dans sa peau.
Leur premier album aligne déjà les classiques, comme leur premier simple, « Hand In Glove » ou « What Difference Does It Make ? », et se classe n°2 dans les charts anglais dès sa sortie, une première pour un disque signé par un label indépendant comme Rough Trade.
Le 9 mai 1984, ils sont à l’Eldorado de Paris pour leur tout premier concert français (il y en aura deux !), avec Les Avions en première partie, un groupe français alors en pleine bourre… Morrissey se fourre des glaïeuls dans la poche arrière de son jean, ce qui deviendra un rituel de ses concerts. Il a demandé au public d’amener des fleurs : il y en a partout. Le concert est enregistré pour Les Enfants du Rock, qui ne le diffusera jamais intégralement : il existe quelque part à l’Ina et sur de nombreux DVD pirates…
En 1985, leur second album, Meat Is Murder détrône de la 1ère place des charts anglais le Born In the USA de Springsteen ! Les Smiths deviennent des mythes aux Etats-Unis (Morrissey y est toujours considéré comme une sorte de héros), ce qui est assez étonnant pour un groupe si anglais, si subtil et si… anti-américain (même si les guitares de Johnny Marr doivent beaucoup aux Byrds).
Sur l’album suivant, The Queen is Dead (1986), on retrouve le chant théâtral de Morrissey, son talent de parolier sur le fabuleux « Bigmouth Strikes Again » et son humour particulier (« Some Girls Are Bigger Than Others »). Ce disque, à juste titre considéré comme leur plus abouti, reste une œuvre majeure du rock indépendant anglais des années 1980.
Après ce succès, Strangeways Here we Come (1987), leur dernier album, sera quasiment enregistré sans que les deux têtes pensantes du groupe ne se croisent en studio, avec des réussites comme l’intense « Death Of A Disco Dancer », le mélancolique « Girlfriend In A Coma » et d’autres perles pop amoureusement polies par leur producteur attitré, Stephen Street. Mais en août 1987, Johnny Marr annonce son départ définitif des Smiths, brisant le cœur de milliers de fans.
Commence alors la carrière solo de Morrissey, le « muezzin de l'absurde », qui publie au printemps 1988 le shakeasperien Viva Hate où l'on retrouve Stephen Street (à la production et à la basse) et Vini Reilly de Durruti Column à la guitare (faire oublier Johnny Marr n'était pas la tâche la plus aisée qui soit). L’album contient les hits « Suedehead » et « Everyday Is Like Sunday ».
Mais après un bref retour à ses côtés de la section rythmique des Smiths, Morrissey s'acoquine avec les producteurs Langer et Winstanley (Madness, Costello, mais aussi pas mal d'horreurs eighties bien propres sur elles). Les claviers se font plus présents, les tempos ralentissent, bref, la normalisation guette. Kill Uncle (1991) est probablement son album le plus faible et les singles extraits, « Our Frank » et « Sing Your Life », guère passionnants.
Puis, sur la toute fin de cette période, de nouveaux musiciens apparaissent, une espèce de groupe de rockabilly improbable qui accompagnera finalement Morrissey plus longtemps que les Smiths! C'est cette formation qu'on entend sur le single, « Pregnant For The Last Time », et qui reprend sur scène l'excellent “Cosmic Dancer” de Marc Bolan le 29 avril 1991 à l’Elysée Montmarte pour le premier concert de Morrissey en France. Tout cela annonce l'album Your Arsenal de 1992, produit par Mick Ronson, qui marque un net retour en forme. Porté par le hit « I know it’s gonna happen someday », l’album permet au chanteur de goûter à nouveau à la gloire. Ainsi, les tickets pour son concert au légendaire Hollywood Bowl de Los Angeles se vendent encore plus vite que ne s’étaient vendus les billets pour assister à un concert des Beatles.
Vauxhall and I, sorti en 1994, fait durer le plaisir, mais les échecs commerciaux de Southpaw Grammar (1995) et Maladjusted (1996) le plongent dans une nouvelle traversée du désert qui durera de longues années.
Après son concert au Zénith de décembre 1992, il faudra en effet attendre 10 ans avant de revoir Morrissey sur une scène française (à l’Olympia, en septembre 2002).
Installé à Los Angeles, Morrissey fait finalement son retour avec You are the Quarry en 2004, sans doute l’un de ses meilleurs albums à ce jour, confirmé dans la foulée par un disque live Morrissey Live at Earls Court (2005) et Ringleader Of The Tormentors son dernier album en date, sorti le 4 avril 2006.
C’est cette année-là que Morrissey fait sa première apparition au festival de Benicassim (après avoir tardivement annulé sa prestation de 2004, au grand désespoir des fans qui s’étaient déplacés en masse), avec un concert très remarqué, au milieu d’un affiche splendide (comme chaque année) rassemblant Depeche Mode, Franz Ferdinand, The Strokes, Placebo, The Pixies, Madness et 2 Many DJ’s…
Ce festival, créé en 1995, a acquis ses lettres de noblesse aux cours des années, avec des apparitions aussi prestigieuses que celles de Kraftwerk, Brian Wilson, Lou Reed, The Chemical Brothers, Blur, Beck, Moby, The Cure, Radiohead, Sigur Rós, Primal Scream, Pulp, The Flaming Lips, PJ Harvey, Mercury Rev, Oasis, Morcheeba, Massive Attack, Sonic Youth, P.J. Harvey, Björk ou Fatboy Slim…
Ses fans sont impatients de retrouver Morrissey dans ce cadre étonnamment parfait pour lui.
Avec ses chansons, qui ont fait de lui une icône, il a depuis longtemps marqué toute une génération et laissé une empreinte dans l’histoire du rock, influençant encore aujourd’hui des groupes de la scène actuelle tels que les Babyshambles, The Rakes, The Strokes, Oasis ou Good Charlotte.
Pourtant, Morrissey est un personnage étrange. On trouve chez lui un mélange de grande sensibilité et de cynisme plein d’esprit, un goût de la provocation qui va malheureusement jusqu’à lui faire tenir des propos très controversés, racistes et proches de l’extrême droite, qui finissent par le rendre franchement antipathique. Mais ce n’est pas nouveau. En 1986, il déclarait déjà : « Pour moi le reggae est la musique la plus raciste du monde. C'est la glorification absolue, totale de la suprématie noire. » Ahem…
Stan CUESTA
Pour les malades, un site de malade, qui dit TOUT (et plus) : www.passionsjustlikemine.com
© Stan CUESTA pour Hitmusemag.com / 18 Juillet 2008
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Publié le 18.07.2008 à 14:36
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