DECOUVREZ LE NOUVEAU CLIP DE PSY 4 DE LA RIME
« JEUNESSE FRANCE »
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Ils sont toujours quatre, soudés comme les doigts de la main gauche de Django Reinhardt malgré l’énorme succès solo de Soprano, dont l’album « Puisqu’il faut vivre » s’est vendu à plus de 200.000 exemplaires. Les Psy4 De La Rime, c’est une aventure humaine autant que musicale. Depuis le premier album « Block Party », Soprano, Vincenzo, Alonzo et le DJ Sya Styles, issus des quartiers nord de Marseille, ont fait leurs preuves. Avec « Les cités d’or », ils remettent le titre en jeu et proposent la suite logique des « Enfants de la lune », second disque avec notamment Anna Tojora du groupe Mécano en featuring. Cette fois, l’invité d’honneur n’est autre que Nate Dogg, le fameux crooner gangster de Los Angeles. L’occasion de faire le point avec les trois MCs et le DJ dans leurs bureaux marseillais du label Street Skills, par une après-midi ensoleillée de mai.
Les Psy4, c’était important pour vous d’avoir du succès en indépendant ?
Soprano : Ce qui est bien, c’est que ça nous a fait comprendre que c’était possible même en indé. Traverser toutes ces rivières entre le grand public et l’underground, ça nous a aidé, ça nous a professionnalisé, ça nous a fait découvrir un public métissé. Même si les gens ne savaient pas forcément que les deux premiers albums étaient indé vu le succès qu’ils ont eu.
Vincenzo : Ça nous a crédibilisés, aussi.
Soprano, est-ce un atout ou un handicap pour le groupe d’avoir un succès solo ?
Soprano : C’est vrai que le succès de mon disque l’année dernière a fait que certains ont eu des doutes. Pour des groupes qui n’ont pas de valeurs partagées ou qui ne sont pas soudés, ça peut créer de la jalousie. Mais pour nous qui savons faire la différence entre la musique, l’amitié, le groupe et le succès, ça ne nous touche pas
Vincenzo : Les Psy4, il y a eu une suite logique. De Bloc Party à Enfants de la lune on a passé un palier, et d’Enfants de la lune au solo de Sopra il a passé un palier. On espère que du Sopra aux Cités d’or, on franchira aussi une étape.
Vous affichez une certaine continuité dans vos textes comme dans vos visuels…
Soprano : On a une grosse continuité dans les concepts d’albums, que ce soit Psy4 ou moi. Dans notre premier on voyait les bâtiments avec le soleil qui se couche, le second c’est la nuit et les bâtiments commencent à se casser, le troisième on commence à voir pourquoi on a cassé : c’est pour trouver de la richesse à l’intérieur, qu’on voit l’or dans nos quartiers. On voit ça aussi dans les textes. Pour le premier album on avait 17 ans, on crachait tout ce qu’on avait sur le cœur, deuxième la vie nous a frappé en pleine figure, parents, impôts, responsabilité, tous ces trucs qui te font prendre conscience que les problèmes que tu as à 17 ans, c’est des faux problèmes. Pour le troisième on a grandi, on est conscients de ce qui arrive. On trouve la force dans la vie du hip hop, à travers les quartiers et les principes que nos parents nous ont inculqués. Le titre de l’album, c’est une métaphore pour dire qu’il y a de la richesse en nous malgré tout ce qu’il y a eu dans nos vies. Même les indexes des albums (1 à 16, puis 17 à 30 et 31 à 45) montrent la suite logique, on est restés les mêmes et dans le même chemin. On essaie d’être nous-mêmes.
Comment avez-vous rencontré Nate Dogg, qui chante refrain sur « À l’ancienne » ?
Alonzo : On chantonnait une des compos de Sya Styles et on a pensé à Nate Dogg. Sa voix collait bien au thème « À l’ancienne », il faut savoir que nous, on l’appelle l’oncle. On s’est dit « pourquoi pas le contacter ? » Dieu merci on est chez Barclay, on a bien eu l’occasion d’avoir Anna Tojora de Mécano quand on était en indé. Et ça s’est fait par la plus petite porte, Myspace. Tout simplement. Sya a eu le contact de son nouveau manager, très sympa, qui nous a mis en relation. On a envoyé les textes traduits en anglais pour qu’il se fasse une petite idée, ça s’est fait naturellement, on est monté à Los Angeles au mois de décembre pour faire le morceau, on avait déjà enregistré nos couplets sur Marseille. Il a fait des harmos, des refrains, il a même dédicacé notre quartier à la fin du morceau, notre ville, c’était une très belle rencontre.
Sya Styles : Ce qui s’est passé, c’est qu’en décembre quand on l’a retrouvé à LA il n’était pas au meilleur de sa forme et malheureusement quelques jours après cet enregistrement, il a eu une attaque cardiaque qui l’a laissé paralysé d’un côté.
Alonzo : Comme quoi il faut toujours faire les choses sur le moment quand c’est possible, parce que si l’avait reculé ne serait-ce que de deux/trois jours, peut-être qu’on n’aurait jamais finalisé le morceau.
Votre accent marseillais est toujours très présent…
Alonzo : C’est super nature, on ne gamberge pas trop sur ça. On est des Marseillais qui parlent beaucoup avec des gens de l’extérieur donc c’est différent du Marseillais de base qui passe 365 jours dans son quartier, qui a son argot. Nous on est ouverts sur le monde grâce au rap, Dieu merci. L’accent, on l’a depuis qu’on est nés et on mourra avec.
Propos recueillis à Marseille par Olivier Cachin
© Olivier Cachin pour www.Hitmusemag.com – 28 juillet 2008
Artiste : Psy4 De La Rime
Album : « Les cités d’or »
Label : Barclay/Universal.
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Publié le 28.07.2008 à 11:20
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