Pour voir un live de Robin Trower daté de 1973
en 3 parties et tout droit sortit des archives de l'INA
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Robin Trower, c’est d’abord cette gueule de Bulldog qu’on remarque sur les premières photos de Procol Harum, en 1967. C’est aussi ces solos incandescents sur Shine on Brightly et A Salty Dog, fiers contrepoints aux broderies de l’orgue de Gary Brooker. Ce sera plus tard le Robin Trower Trio, taillé sur mesure pour le marché US.
Mais reprenons l’histoire depuis le début… Robin et Gary se connaissent depuis le début des sixties. Ils jouent alors dans The Paramounts, groupe dont il est difficile d’apprécier la valeur, puisque ses traces discographiques, pourtant un moment rééditées, ont quasiment toutes disparu.
En 1967, après la séparation des Paramounts, Trower rejoint le nouveau projet de Brooker : Procol Harum. C’est le succès immédiat, avec A Whiter Shade of Pale. Sous l’influence du génial parolier, Keith Reid, Procol va graver, entre la fin des sixties et le début des seventies, quelques pièces maîtresses de la pop britannique.
Mais en 1970, à Berlin, un événement décisif se produit dans la vie de Robin Trower : il assiste à un concert de Jimi Hendrix, une semaine avant sa mort. Pour Robin, il y aura un « avant » et un « après ». Dès lors, il aspire à jouer une musique plus bluesy, laissant beaucoup de place à l’improvisation. Et cette nouvelle orientation ne peut s’exprimer au sein de Procol Harum, qu’il quitte peu de temps plus tard. « J’avais en tête de me libérer des frustrations que je ressentais […] », confiera-t-il à Rock & Folk, en décembre 1977.
Procol Harum perd beaucoup en perdant Trower, qui forme alors l’éphémère Jude, avec l’ex-Jethro Tull Clive Bunker, aux baguettes, et Frankie Miller au chant (un garçon resté injustement méconnu, bien qu’ayant exercé une influence majeure sur des artistes comme Rod Stewart ou Bob Seger). Jude ne parvient pas à intéresser les maisons de disques, chacun de ses membres repart alors vers des aventures plus persos.

Pour Robin, c’est l’occasion de fonder un power trio ; le Robin Trower Band, avec le bassiste de Jude, James Dewar, également au chant, et le batteur Reg Isidore. Il est grand temps de reprendre l’« expérience », là où Jimi l’a interrompu…
Entre 1973 et 1976, les quatre premiers albums du trio vont joliment se vendre, surtout aux USA, pays friand de guitar heroes. Bridge of Sighs et For Earth Below y seront certifiés disques d’or.
En 1975, un premier changement intervient dans la composition du groupe, avec le départ d’Isidore, promptement remplacé par Bill Lordan, ex-Sly and the Famiy Stone. L’arrivée de celui-ci correspond à une ouverture de plus en plus marquée de Trower pour le rythm’n’blues : « Bill Lordan m’a téléphoné, il m’a donné comme référence Sly and the Family Stone. Je me suis dit, voilà ce qu’il me faut : un batteur noir. En fin de compte, Bill est blond comme les blés, mais son jeu est celui d’un noir. » (Rock & Folk n° 131)
En 1977, Robin Trower, qui estime n’avoir plus rien à prouver en tant que guitariste, décide d’enregistrer In City Dreams, un album où il soigne plus que de coutume les compositions et la production très influencée par la musique noire de l’époque : « J’ai toujours vécu dans la musique noire. […] Elle est d’ailleurs la base même du rock anglais. » (idem)
Avec Caravan to Midnight, en 1978, Trower accentue encore ce travail sur la composition et les arrangements. Mais, en cette fin de décennie les goûts du public changent... En 1981, peut-être pour renouer avec une musique un peu plus énergique, Robin monte BLT, avec l’ex-bassiste de Cream, Jack Bruce. Aventure de courte durée (on connaît de réputation le caractère instable de Bruce).
La suite de l’histoire sera moins glorieuse. Qui a encore besoin de guitar heroes dans les années 1980 ? En tout cas, pas le business, qui met en avant des groupes vaguement new wave, avec synthés et boîtes à rythmes. Sale temps pour les survivants du british blues boom !
Robin va donc errer, durant trois décennies, entre reformations du Robin Trower Trio, retrouvailles avec Jack Bruce ou Procol Harum, et collaborations réussies avec Bryan Ferry. Jusqu’à l’album, Seven Moons, enregistré récemment avec Bruce, et qui prouve que certains musiciens des sixties continuent de ne pas faire les choses à moitié.
Egal à lui-même, pour sa tournée européenne, Robin affirme que les stacks Marshall sont toujours là mais aussi sa vielle Stratocaster. En somme, le même matériel que possédait un certain guitariste black, aperçu dans un club berlinois en 1970. On ne se refait pas…
© Pierre Mikaïloff pour www.Hitmusemag.com le 25 avril 2008
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Publié le 25.04.2008 à 16:19
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