Pour voir les clips « When Did Your Heart Missing », « I'M Shakin' », et « Blueside » de Rooney,
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Californien jusqu’au bout des griffes, Rooney a choisi pour emblème le drapeau de la République de Californie ; avec son grizzli et son étoile rouge, on dirait presque un symbole communiste. Pourtant, avec sa pop rock débordant d’harmonies ensoleillées, ce quintet de LA incarne surtout le rêve hollywoodien incarné par l’État Doré. Robert Schwartzman, le chanteur guitariste à des yeux ambrés, un regard qui évoque ostensiblement celui de Nicolas Cage. Normal, le chanteur de Rooney est son cousin. Comme celui de Sofia Coppola…puisque le réalisateur Francis Ford Coppola n’est autre que son tonton. D’ailleurs, avant de percer dans les charts, Bob a d’abord cartonné au ciné dans « Virgin Suicides » et surtout dans « Princesse malgré elle » (The princess diaries). Mais il a définitivement renoncé au grand écran pour se consacrer au rock et il a eu raison : l’album « Calling The World » dopé par ses mélodies imparables constitue toujours l’une des meilleures surprises de ce printemps.
Lorsque j’avais interviewé le chanteur guitariste Robert Schwartzman accompagné du batteur Ned Brower , ils avaient promis d’être de retour en Europe pour une tournée d’Avril. Promesse tenue.

Robert Schwartzman m’observe tandis que je branche mon micro et que je régle mon mini K7 recorder aussi analogique que vintage dans un bar près des Champs Elysées, à Paris.
« Robert Schwartzman : En te regardant checker si ta machine enregistrait bien, cela m’a rappelé un truc que j’ai déjà vécu la semaine dernière et qui est totalement frustrant. Souvent c’est la nuit que j’enregistre mes chansons, je peux rester jusqu’à cinq heures du mat à travailler sur ces demos. Et c’est à ce moment-là précisément que mon ordi a planté et, bien entendu, j’étais tellement dans mon trip que je n’ai pas songé à faire une sauvegarde. Je me souviens qu’en un éclair, j’ai paumé toute une nuit de travail intense, crois- moi c’est les boules.
Où as-tu grandi Robert, dans quel coin de LA ?
R.S : J’ai grandi à l’ouest de la ville, juste à coté de l’océan. À Mar Vista, entre Beverly Hills et Santa Monica, c’est un super coin. Ultra cool et calme.
À quel lycée étais-tu ?
R.S : Windward, sur Palms Boulevard, à Santa Monica. C’est un terme maritime qui signifie bâbord. C’est une petite structure, mes frangins y étaient déjà avant moi, ils connaissent donc bien la famille. Les autres membres du groupe étaient dans différents établissements de LA.
Tu as beaucoup de frères et sœurs ?
R.S : Oui j’ai trois frères et une sœur. On est quatre, mais on s’est toujours, bien entendu, on est tous très proches même si on est demi-frères pour certains. Un seul est totalement mon frère. Mais ça ne change rien, on est tous soudés. Par contre ce qui est drôle c’est qu’ils bossent tous dans l’industrie cinématographique. L’un est vice-président d’un studio, l’autre réalise des films, un troisième écrit des scénarios et fais l’acteur et enfin ma sœur est décoratrice de plateau. C’est dingue, ils bossent tous dans le cinéma.
Mais c’est aussi une tradition familiale n’est ce pas ?
R.S : Car ma mère bosse déjà dans le cinéma et mon père était aussi producteur de films. Comme mon oncle (Francis Ford Coppola) et aussi mes cousins (Sofia Coppola, Nicolas Cage). Mais mon grand-père lui était déjà musicien, c’était un grand compositeur italien. Du côté de mes racines italiennes, ils sont tous musiciens, compositeurs et autres artistes classiques. Donc, avec moi, cela fait trois générations, c’est comme un retour aux sources.
Pourtant toi aussi tu as commencé par être comédien.pour quoi avoir changé ton fusil d’épaule en devenant chanteur rock ?
R.S : Cela ne s’est pas passé ainsi en fait. J’ai d’abord démarré par la musique. J’ai monté très jeune mes premiers groupes. Et c’est vrai que je suis parti quelques mois pour jouer dans un film, mais j’ai tout de suite repris la musique. Je n’ai jamais voulu faire carrière dans le cinéma, c’était juste pour rire, pour le fun. Mais le film « Princess Diaries » a fait un très gros carton aux USA alors les gens pensent peut-être que j’étais comédien au début, mais cela n’est pas vrai. J’ai toujours été musicien.
Et toi, Ned …comment as-tu rencontré le reste du groupe ?
Ned Brower : Moi j’ai grandi à Seattle, alors que tous les autres sont des enfants de LA pur jus. Mais j’ai fait une école de cinéma, alors sans doute, j’ai voulu me rapprocher d’Hollywood, alors je suis venu m’installer à LA. Et là j’ai rencontré Jason, le frangin de Robert, qui jouait dans un groupe appelé Phantom Planet et qui générait un gros buzz sur Los Angeles à ce moment-là. C’était mes potes et il m’a présenté très vite à Robert et Taylor. J’aimais beaucoup leur groupe. Et à moment, leur batteur les a plantés et Robert m’a proposé de le remplacer. J’ai bondi sur l’occasion bien sûr. Et je suis devenu le batteur du groupe…ce qui ne m’empêchait pas de jouer de temps à autres avec Phantom Planet.
Vous avez enregistré trois fois le même second album ou ce sont trois albums différents ? Robert avec toutes tes connections comment cela se fait-il que tu ne sois pas parvenu pas à sortir ce CD ?
R.S : Ce n’était pas que la décision des labels, c’était aussi la nôtre de ne pas sortir le disque tant que nous n’étions pas pleinement heureux.
On a tenté d’expérimenter certains sons et certaines chansons et nous n’étions pas satisfaits à 100% du résultat. On trouvait que cela ne représentait pas correctement notre groupe. Et on voulait alors continuer à bosser pour l’améliorer. On s’est montrés très difficiles car on voulait offrir ce que notre musique avait de mieux.
Et tu peux ainsi écouter notre premier album et celui-ci « Calling The World » et avoir vraiment la sensation d’écouter le même groupe, qui a su évoluer bien sur.
Mais les autres albums que nous n’avons pas publiés étaient beaucoup plus expérimentaux. Le gens les entendront un jour, nous avons baptisé ces disques « The Lost Albums » et ils sortiront à titre de document.
Ce n’est donc pas la maison de disques qui vous a forcé à revenir encore et encore en studio, mais votre propre décision de ne pas sortir ces disques.
R.S : C’était une décision mutuelle car ils avaient signé Rooney et je ne crois pas qu’ils étaient pleinement satisfaits non plus. Et de même nous avons fini par réaliser que cela ne nous représentait pas correctement.
Nous on veut que les fans soient satisfaits et eux ils veulent vendre des disques, nos positions se rejoignaient.
Pas facile, comme lorsque tu as décidé de ne pas être une star de ciné pour te consacrer à la musique.
R.S : A mon sens, la musique est dix fois plus intéressante et satisfaisante que de faire l’acteur ou tu ne fais que réciter ton texte. Écrire ta chanson et la produire et ensuite faire le clip, c’est tellement plus excitant que de se pointer sur un plateau de tournage et de jouer la comédie. Pour moi la musique est une passion, c’est plus fort que tout.
Le nom Rooney…a plusieurs ethymologies manifestement…Wayne, Mickey et Donald votre ami ?
R.S : Ed Rooney tu veux dire ? C’est pour lui que nous avons choisi notre nom, à cause d’un personnage du film « Ferris Bueller’s Day Off ».
On a donc fait plein de concerts sous le nom d’Ed Rooney. Mais il y avait toujours au moins un type dans l’assistance pour nous demander : « Lequel d’entre vous est Ed Rooney ? » Alors on a fini par larguer le « Ed » de notre nom pour devenir Rooney tout simplement.
Pourquoi avoir récupéré l’ours qui incarne la Californie sur le drapeau de l’État pour en faire votre logo ?
N.B : Un de mes copains avait peint cette toile gigantesque du drapeau Californien pour notre premier clip, car on avait tant de connections avec notre ville Los Angeles. Et aussi il n’y avait pas tant de groupes à l’époque quand on a démarré originaires de Californie On s’est dit que cette image collait bien à l’esprit du groupe. Nous l’avons donc gardée pour la pochette de notre premier album. Tu sais, tous les grands groupes tels que Queen ou les Ramones avaient chacun leur blason, sans parler de la célébrissime bouche des Rolling Stones, alors pourquoi pas Rooney et son ours ? Cela permet aussi aux gens d’identifier le groupe. Sauf que, parfois en Europe, on nous demande si nous sommes des sympathisants communistes à cause de l’étoile rouge et de l’ours !
Influences musicales à l’écoute de l’album, on songe à Klaatu, aux Cars…Squeeze et The Knack’s Doug Fieger ?
R.S : C’est drôle, car lorsqu’on faisait notre second album, celui qui n’est donc pas sorti, le chanteur de the Knack était dans le studio juste à côté en train de produire un album. C’était très cool de le croiser et d’échanger quelques mots avec lui. Il avait un petit coté John Lennon dans sa manière de s’habiller et aussi il portait ces petites lunettes ronde associées à l’image de Lennon. « My Sharona » était une super chanson et son influence nous a certainement marqué.
Et aussi beaucoup d’harmonies, or justement vous êtes déjà trois sur cinq à chanter…
N.B : Quatre en fait car le bassiste s’y est mis aussi ! c’est un nouvel élément d’harmonie. En fait, on aime vraiment plein de classiques des 50’s, 60’s et des 70’s. En fait on puise dans chaque décennie des éléments de notre rock. On essaie de les mélanger à notre manière en collant ensemble différents sons de différentes époques.
Certains groupes refusent d’assumer leurs influences, ils veulent à tout prix être originaux. Nous on n’a pas honte de réinterpréter certaines de nos influences et au contraire je suis plutôt fier d’être comparé à tous les groupes que tu as mentionnés. Ce me rend très joyeux car c’est tout ce que nous aimons vraiment. On est donc dans la bonne direction. Et à chaque fois ce sont souvent des groupes différents auxquels nous sommes comparés, c’est super.
R.S : On adore les groupes qui mettent l’accent sur les arrangements. Des claviers en folie et des cascades de mélodies, rien ne me réjouit plus. Un groupe comme les Sparks qui était capable de toutes les provocs, mais de toutes les audaces a toujours su inventer des arrangements super créatifs.
Quelque part vous aimez les groupes de LA, les Sparks, the Knack, les Beach Boys…des groupes qui ont une pure tradition des harmonies.
R.S : Le son Californien est très dur à définir. Mais lorsque tu conduis à LA, que tu regardes les vagues se briser sur le rivage, le coucher du soleil sur le Pacifique, et il fait si bon dehors, peut être que tout cela constitue une très puissante source d’inspiration. Cela donne une musique d’été, plutôt joyeuse qui te file la pêche. En tout cas c’est tout ce que j’espère pour notre album.
Tu veux dire que vos chansons sont assez positives et ne se prennent pas la tête inutilement !
R.S : Si nous étions une drogue nous serions un upper pas un downer !
Beach fans ? Surfers ?
R.S : Le fan de surf c’est Ned, mais il n’est même pas de LA
Il est plus LA que les natifs de LA, c’est fou comme il a pris le plis. Il a tellement l’air d’un surfer, on dirait qu’il passe toutes ses journées à traîner sur la plage. Matt notre bassiste est un super plongeur. Il pêche des tas de trucs, il attrape des crabes et les ramène à la maison pour le dej. Moi j’aime assez l’océan, mais je n’aime pas vraiment aller à l’eau ; j’aime mieux rester sur la plage et mater.
Vous avez joué un mois entier au Roxy sur Sunset Strip, c’est un exploit, non ?
R.S : C’est dingue. En fait on a commencé très tôt à jouer au Roxy, presque à nos débuts. On avait une vraie relation avec notre public à travers ce lieu, alors on leur a proposé d’assurer une résidence régulière à la manière des DJ dans les clubs, donc nous y avons joué chaque semaine le même soir. Et bien en tendu on a fait max des titres du nouvel album histoire de bien les rôder sur scène. C’était aussi une manière cool de présenter aux fans ce nouveau disque. Et cela nous a aussi servi à bien préparer la tournée. À la fin de chaque set, on a pris l’habitude de faire monter deux invités successifs sur scène pour faire des reprises avec nous.
Susannah Hoffs (des Bangles) a ainsi fait « Walk Like An Egyptian ». elle est super, si jolie cette fille.
« What For » la guitare est totale Harrison, c’est volontaire ?
R.S : Taylor a définitivement ses guitar-heroes et George Harrison en fait incontestablement partie. C’est plus fort que lui, ils surgissent parfois ainsi sans prévenir de sa guitare !
Il adore aussi Bryan May et ça s’entend parfois. Il craque sur ces rockers classiques du rock et apporte cette tonalité à notre groupe. C’est aussi un super guitariste de scène et les fans apprécient toujours sa virtuosité en live.
« Paralized , c’est un orgue Farfisa qu’on entend derrière ?
R.S : Absolument. Louie qui fait les claviers dans le groupe a une imposante collection de vieux matos vintage. Des Hammond, des Lesly ???, du matos légendaire qui a fait tant et tant d’albums mythiques et qu’on ne trouve plus dans le commerce. On fait très attention à tout le matos que nous utilisons.
On est aussi des malades de l’accordage. On y passe un temps fou pour que chacun soit correctement dans la tonalité.
Matt c’est presque un tic, il est sans cesse en train d’ajuster sa basse.
Moi j’ai certaines vieilles guitares qui sont si précieuses que je n’ose même pas les prendre en tournée de peur de les abîmer. Ou de me les faire tirer.
Le matos que l’on prend avec nous en tournée c’est celui qui a le moins de valeur. Même si ce sont de bons instruments qui sonnent bien.
Tu es feuj ?
R.S : A moitié juif. Je n’ai même pas fait ma Bar Mitzvah et les autres du groupes sont plus feujs que moi. Et puis le nom de ma mère c’est Coppola n’oublie pas, c’est italien. Si mon nom était Robert Coppola au lieu de Robert Schwartzman, tu croirais que je suis italien.
À ce propos, tu joues dans Virgin Suicides de film de Sofia Coppola, mais c’est un groupe français Air qui a assuré la musique, tu n’étais pas jaloux de ces Français ? Pourquoi ne l’as pas tu fait toi-même ?
R.S : Ben à l’époque du film, j’avais juste 14 ans ! Et je venais tout juste de démarrer mon premier groupe. J’étais trop jeune. Mais par contre, j’adore le soundtrack de ce film, comme les compos d’Air.
Tu ne va pas composer pour un film d’un des membres de ta famille un de ces quatre ?
R.S : Ce serait cool car j’adore les super BO, les bande originales de films qui deviennent légendaires. J’adorerai pouvoir le faire un jour. Qui sait ?
Sur scène vos chansons sont plus speed que sur l’album, non ?
R.S : Les live c’est vrai drainent plus d’énergie. Les chansons sont un peu plus lourdes live. Tu ne peux pas recréer un live sur un CD studio, c’est deux histoires différentes. Car tu es forcément affecté par l’énergie des gens autour de toi, mais ce qui distingue surtout nos shows de ceux des autres groupes c’est qu’on fait participer les gens au spectacle. On leur demande de chanter, de frapper les mains, de danser d’une certaine manière et s’ils ne jouent pas le jeu cela affecte forcément le show. On fait tout notre possible pour les encourager à assumer leur rôle dans le spectacle. Pour moi en France c’est plus dur car je ne parle pas le français. Mais ils arrivent à comprendre le langage du corps et de l’émotion. »
Gérard BAR-DAVID pour Hitmusemag.com / avril 2008

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Publié le 16.04.2008 à 15:43
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