Non décidément, il n’y a pas que la crème et les capotes qui soient anglaises, la preuve le Hip Hop flegmatique pratiqué par l’agitateur Roots Manuva ! Car 2008 est incontestablement l’année de Londres. Ses nombreux MC’s et autres grooveux de génie, comme Estelle, The Bug, MIA, The Herbaliser, Skinnyman pour ne citer qu’eux, ont diffusé une bonne dose de jeunitude et d’énergie. Adieu, la pop gentillette et le rock pleurnichard ! L’ère du son bâtard et hautement stimulant a eu un effet grenade. C’est dans ce haut lieu de mélange sonore que Roots Manuva évolue. Et depuis le 1er septembre 2008, avec « Slime and Reason » dans les bacs, il nous fait partager son flow accrocheur, et son humour déjanté « à l’anglaise », donc !
DECOUVREZ « BUFF NUFF » ET « AGAIN & AGAIN » DE ROOTS MANUVA
EXTRAITS DE SON NOUVEL ALBUM « SLIME AND REASON »
LES VIDEOS SONT EN BAS DE PAGE !
Quand dans son dernier clip « Again and Again », on le voit jouer au criquet – le jeu le plus long, le plus incompréhensible et le plus chiant de toute la planète sport -, il y a de quoi rire. Mais musicalement, Roots Manuva (né Rodney Smith), est un trésor. Son hip hop est évolutif, et prend des accents contemporains des plus arrivistes : on y retrouve aussi bien du dub, du funk, de l’électro, que du jazz, du ragga et même parfois quelques touches plus folklo.
Il fait sa première grande apparition en mars 1999, avec « Brand New Second Hand » (« De l’occasion flambant neuf », en référence à ses origines modestes). Toute l’Angleterre découvre alors ce charmant black aux origines jamaïcaines, capable de mettre à l’amende un posse de rappeurs américains rouleurs de mécaniques. Et de suite, il nous a carrément conquis.
Big Dada, branche hip hop du label Ninja Tune, crée par Matt Black et Jonathan More de Coldcut, a tout simplement misé sur le bon numéro. L’équation n’a pourtant pas été simple : un pied dans le grand public, l’autre dans l’underground, et un Roots Manuva difficilement classable a néanmoins pu réunir plusieurs scènes disparates. « Run Come Save Me », son deuxième album sorti en 2001 sera d’ailleurs disque d’or, puis nominé au Mercury Awards. Suivront un CD de compiles « Dub Come Save Me », puis « Awfully Deep » en 2005 et son frérot « Alternatively Deep » l’année suivante. Des collaborations, avec plusieurs artistes de sa veine, comme Audio Bullys, Amon Tobin, The Herbaliser, et même Gorillaz (dans leur album « Demon Days »), installeront la voix grave de Roots Manuva dans tous types de répertoires.
Acclamé roi du hip hop britannique, Sa Majesté du beat se pose maintenant bien des questions… Et à l’interviewer, on pourrait croire qu’il est arrivé à un moment fatidique de sa vie et de sa carrière. Roots Manuva grand MC, ou Rodney Smith père attentionné ? Espérons que ce ne soit qu’un petit coup de cafard passager, et que Docteur Jekyll mettra une bonne raclée à Hyde, parce qu’on en veut encore !
« Comment définirais-tu tes influences ? Tu es d’origine Jamaïcaine, né à Londres…
Roots Manuva : Je suis par nature multiculturel. J’ai grandit dans ces deux cultures, mais je me sens de toutes les nations.
Tu entends ta musique comme un l’héritage de toutes les cultures qui composent l’Angleterre ?
R.M : Bien sûr ! je m’inspire de tout ce qui m’entoure. Le Hip Hop, le fado, tout ce qui me tombe sous la main. Vraiment tous les genres m’intéressent, et Londres est une ville particulièrement intéressante en ce sens.
J’aimerais que tu me parle de ton univers, et notamment de South London, ton quartier.
R.M : Londres a toujours été un endroit avec d’intenses vibrations. Il y tellement de gens différents qui se croisent dans ce tout petit endroit ! Cet endroit est également celui de la création des premières lois sérieuses, début 18ème, qui ont resserré les liens sociaux. Il y a eu une sorte de mouvement collectif pour tenter de contenir la population, et en même il y a eu beaucoup d’implications singulières dans des causes locales, comme des festivals libres, des studios d’enregistrement. Toutes ces structures ont donné leur chance à plusieurs jeunes musiciens. Ca fait de South London un endroit très énergique. Plein de Punk, de Reggae, de squatteurs, de Blues, d’undergroung, d’économie souterraine, du mouvement en somme…
Tu penses faire encore partie de tout ça, malgré le fait que tu ais beaucoup de succès ?
R.M : Je suis l’enfant de cet endroit, la graine de cette terre. Toutes les expériences que j’ai vécues en vivant à South London sont une part entière de ma personnalité. Sans conteste ! Juste en ayant pérégriné au milieu de tous ces sons, ce lifestyle. La fierté principale que l’on a quand on est de Brixton, c’est que cet endroit a une ouverture vers l’étranger, a une perspective internationale.
Quels sont les artistes dont tu te sens proche ?
R.M : J’aime beaucoup le groupe de grime Riff Squad, ils sont vraiment bons. Chez les français, je dirais Saïan Supa Crew… et chez les américains, Lil’ Wayne, qui est un grand fou, n’est ce pas ? Et puis tellement d’autres ! Mais en ce qui concerne le grime, plus particulièrement, je trouve impressionnant qu’un courant musical puisse casser tout ce qui a pu le précéder, pour reconstruire du neuf. J’aime toutes ces mutations.
Penses-tu qu’en France nous sommes musicalement autant créatifs ?
R.M : Il y a un peu de ça, mais les choses restent quand même plus traditionnelles. Et c’est une bonne chose, car il y a beaucoup de goût et de qualité dans toutes les créations musicales. Londres peut être parfois un peu plus trash et ironique.
Dans « Slime and Reason », tu abordes beaucoup les questions de la spiritualité, notamment au travers de la musique, du groove. C’est un album qui parfois peut avoir un côté introspectif. Peux-tu nous en dire plus ?
R.M : Je ne sais pas… la question n’est pas de rester cloîtré dans son propre intérieur, mais c’est de voir communiquer à ceux qui nous entourent. Le but de cet album n’est vraiment pas l’introspection. Ce que j’essaie de faire, c’est juste de transmettre, et de partager une passion avec le monde.
Et tu essaie alors de communiquer tes goûts et ta passion sans te cantonner à un genre précis. Bien sûr, tu fais du Hip hop, mais tu y mêles différentes autres influences : le Grime, le Old Ska, le dub…
R.M : En fait, tout ce mélange se fait un peu inconsciemment.
Peux-tu expliquer un peu ton processus de création ? Par exemple pour Buff Nuff, combien de temps ça t’a pris pour écrire et composer le morceau?
R.M : Juste un jour, grâce à Toddla T, un jeune producteur. J’ai fait le premier truc qui me venait en tête. Et lui l’a développé de manière impressionnante. A la base, c’était censé être un genre de blague. « Buff Nuff », ça veut dire « Super Belle ». Des femmes qui sont des vraies bombes.
Et en parlant de bombes, on peut dire que souvent dans tes clips, tu en es très souvent entouré… c’est pour ridiculiser l’esthétique bling bling d’une certaine branche du hip hop américain ?
R.M : (rires). Non, ce n’est pas le cas. J’ai juste envie de rire de moi-même, et d’une manière simple. Je suis plutôt dragueur, alors j’aime bien quand j’en ai l’occasion me faire plaisir et montrer que je sais être charmeur. J’aime bien aussi me montrer dans des situations complètement débiles. Dans « Buff Nuff », je joue le rôle d’un vendeur de glaces. Franchement, je crois que c’est un peu ma vocation dans la vie…
T’as envie de changer de job, c’est ça ?
R.M : Vendre des glaces aux gamins ou aux canons, c’est plus stable, en tous les cas. Et on n’a pas encore été capables de télécharger des cornets vanille, tu vois.
Tu es contre le téléchargement illégal ?
R.M : Non…je ne suis pas contre le téléchargement. Parce que de toute manière, la musique, ça se fait en dehors de toutes ces problématiques : tout est dans la performance, le live. Mais toute cette vie de tournée, ça peut facilement déteindre sur ta vie familiale. Ce que je voulais dire par « vendeur de glaces c’est plus stable », c’est que faire de la musique a un côté très dur à vivre. Ne plus voir sa famille durant les tournées, c’est pas facile.
En gros, tu es entrain de me dire que tu penses sérieusement de reconvertir !
R.M : Rien n’est certain quand tu es un musicien, et rien de dépend entièrement de toi.
Tu as peur de ne plus plaire ?
R.M : Peur est un grand mot… mais le temps fais bien son travail aussi ; je n’ai pas à m’inquiéter. Ce que j’aimerai, c’est d’avoir un peu plus de liberté pour me consacrer à autre chose. Depuis dix ans, je suis tête baissée dans mon son, à le travailler sans cesse. Et pendant tout ce temps j’ai pensé que ça allait durer pour toujours. Mais tout est voué à se terminer un jour ou l’autre !
Pourtant tu es celui qui a dépoussiéré le hip hop outre manche, qui lui a donné une seconde naissance, comment peux-tu déjà te penser comme un hasbeen ?
R.M : Comme j’ai pu te dire précédemment, les choses changent, et faut pas chercher à voir plus loin.
Tu es père de famille, non ? D’ailleurs tu en parles pas mal dans « Slime and Reason ».
R.M : Oui, je suis père, et ma famille grandit de jour en jour ! Alors j’en parle, c’est sûr. Faire grandir ces gosses, c’est un challenge quotidien. Encore plus quand ils évoluent dans la musique ! Imagine ce que c’est, que de grandir dans le petit monde isolé du hip hop, avec tout le temps du monde à la maison, des amis partout, du bruit, des soirées.
Tu ne veux plus vivre de cette manière ?
R.M : Tu sais, ça ne peux plus se passer comme ça. Il est temps de bouger, de m’occuper d’autres choses, plus calmes. Car il arrivera un moment où je ne serai même plus capable d’aller en tournée.
Mais Rodney ! Tu n’es pas si vieux que ça !
R.M : Non, bien sûr que non, mais j’y pense pas mal en ce moment.
Ne me dis pas que c’est le concert que tu as fait au Zénith dernièrement qui t’as autant déprimé ? J’ai entendu dire que tu passais sur les coups de 1h et que tout le public s’était fait la malle…
R.M : Tu parles du petit café ?
Non, du Zénith !
R.M : Mais là je me suis vraiment éclaté, tu rigoles ! La plupart des gens avaient quitté la salle, mais c’était une bonne expérience. Je préfère au contraire jouer pour un public plus réduit, c’est toujours plus qualitatif. Et là, vraiment, c’était super ! Même le jour d’après, à la Bellevilloise, c’était fou. J’ai vraiment passé de très bonnes journées à Paris, et on a fait de très bons shows. Que l’on joue pour 200 ou 2000 personnes, l’important, c’est qu’elles soient satisfaites, et nous de même. »
Qu’importe si Robert Plant, le chanteur historique de la formation, ne veut plus remonter sur scène ou enregistrer un nouveau disque avec ses vieux compagnons ; Led Zeppelin continuera coûte que coûte… C’est ce que vient d’affirmer ...
On peut évidemment parler de hasard, mais on peut aussi raisonnablement évoquer une stratégie commune. Au moment où une nouvelle version de « Crack A Bottle », un morceau qui réunit Eminem, Dr Dre et 50 Cent, circule sur le Net : 50 Cent ...
Si l’on totalise les ventes d’albums dans 34 pays durant 2008, ce sont majoritairement des artistes britanniques qui font les plus gros scores. Coldplay, bien sûr, qui avec 6 millions 600 000 de « Viva la Vida » explose les chiffres ; mais ...
Nous n’irons pas par quatre chemins, ou plutôt par quatre accords ; Ron Asheton, vient de disparaître à l’âge de soixante ans. L’ancien pilier musical des Stooges aura peut-être à sa manière influencé autant de guitaristes en herbe que ...
Evidemment, avec elle on ne sait pas ce qui est vérité ou ce qui est provocation… Donc, on ne peut pas entièrement croire Courtney Love quand elle explique que l’enregistrement de son nouvel album, dont la sortie vient d’être repoussée, a ...