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Publié le 23.05.2008 à 12:56
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Sébastien

Sébastien Tellier : Euro-visionnaire


Electro

Depuis l’annonce de sa participation au Grand Prix de l’Eurovision pour représenter les couleurs de la France de son électro pop nostalgique in english, la polémique n’a pas cessé d’enfler autour de Sébastien Tellier. Et s’il incarnait notre unique chance de rafler ce satané prix depuis au moins « Poupée de cire, poupée de son » de France Gall ? Rencontre avec ce personnage aussi atypique qu’Euro-visionnaire de notre scène hexagonale.

A l’origine du monde (et de la carrière de Sébastien Tellier), il y a une longue période de réflexion et de maturation. Sébastien est resté allongé cinq ans sur un divan avant d’enregistrer son premier album, L'Incroyable vérité en 2001. Après un convaincant message électoral, Politics, en 2004, son nouveau combat est le dépoussiérage des manuels d’éducation sexuelle. Et ma foi, le nouvel album, Sexuality, produit par Guy-Manuel de Homem Christo (de Daft Punk), atteint son but de manière fort jouissive. En fin d’interview, Sébastien Tellier se laisse aller à évoquer le concept du prochain album…

Actuellement en tournée, il ne relâchera son étreinte que le temps d’aller défendre les couleurs de la France, à Belgrade, à l’occasion du Concours de l’Eurovision. La rencontre de Sébastien Tellier et du grand public est tout le mal que l’on souhaite à  la chanson populaire.

 

Peux-tu nous raconter dans quelles circonstances tu as commencé à jouer ? 

Sébastien Tellier : Je viens d’une famille passionnée de musique Mes parents voulaient que je devienne musicien, donc, à la place d’avoir des jouets, à Noël, j’avais des instruments. A l’âge de 12, 13 ans, au lieu d’avoir une chambre, j’étais au milieu d’un home studio ! J’ai commencé tout de suite à faire des maquettes. Je passais mes week-ends à faire de la musique plutôt que d’aller jouer au foot. J’ai aussi eu la chance, vers 17, 18 ans, que mes parents m’offrent un appartement à Paris. J’y ai passé cinq ans à essayer de comprendre ce qu’était un artiste et à réfléchir à la façon dont j’allais en devenir un. Pendant des années, je suis resté allongé sur mon canapé à regarder la télé, sans le son, à réfléchir, à qui je voulais être. En même temps, je continuais à faire des maquettes, mais comme j’ai toujours eu un rapport très paranoïaque à la musique, en 4, 5 ans de travail, je n’ai retenu que trois démos. Ces trois démos, je suis allé les présenter à une maison de disques. C’était mon premier rendez-vous, on m’a dit : « oui », et, là, tout à commencer. J’ai joué dans un film qui s’appelle le Non film, de Mr Oizo, et je suis parti en première partie de Air autour du monde. Avant ça, j’avais fait deux concerts, pour m’entraîner, au Duc des Lombards, un tout petit club de jazz, à Paris, organisés par ma maison de disques, pour que je m’essaie à jouer de la guitare devant des gens. Jusque-là, je l’avais fait toujours seul, chez moi. Mon premier « vrai » concert, c’était devant 5000 personnes, à Houston, Texas, en première partie de Air. J’ai commencé tout de suite pas la tournée mondiale !   

 
Dès le départ, tu travaillais en solitaire, tu n’as jamais songé à monter un groupe ?

S.T : J’ai appartenu à des groupes de lycée, mais dont la vocation était juste de jouer de la guitare dans l’enceinte des salles de cours. Mais c’est vrai que je me vois plus comme un monolithe que comme un papillon. Et j’ai du mal à laisser entrer les gens dans ma musique. C’est la première fois que je le fais, avec Guy Man, pour Sexuality. Pour moi, la musique, c’est quelque chose de tellement personnel… On flirte tellement avec la profondeur de l’âme et tout ça, que je n’ai jamais envisagé d’en faire avec d’autres gens, sérieusement.    

 
Lorsque tu réfléchissais à la question : « Qu’est-ce qu’un artiste », en regardant la télé le son coupé, as-tu trouvé la réponse ?

S.T : Oui ! J’ai trouvé une réponse. Déjà, un artiste, c’est quelqu’un qui a besoin d’amour et qui fabrique des choses, des tableaux, des disques, ou n’importe quoi d’autre, pour avoir cet amour. Devenir artiste, c’est partir à la pêche à l’amour. On essaie de pêcher le plus gros poisson possible, attraper les plus gros cœurs. C’est ça, un artiste. J’ai voulu créer une musique qui puisse m’apporter beaucoup d’amour, beaucoup de respect. Et j’ai façonné ma personnalité en essayant d’incarner ma musique. Comme je le dit souvent : « La barbe, pour le côté mystérieux, les cheveux longs pour le côté féminin, les lunettes noires pour le côté sophistiqué ». Ça s’est construit au fil de mes réflexions. Mon métier, c’est laisser divaguer mon esprit ! Quand on le laisse divaguer et que, comme moi, on n’a aucune pudeur à l’exposer, on devient un artiste. 

 
Rubettes, Chamfort, Martin Circus… des influences que tu cites parfois. Revendiques-tu un héritage bublegum ?

S.T : Non, il y a des trucs que je cite pour m’amuser. Ce que j’aime vraiment, c’est Lennon, Stevie Wonder, les Mama’s and Papa’s, les Beach Boys. J’aime aussi beaucoup les Bee Gees, Gainsbourg, Polnareff, Christophe... Tout ce qui sort de ça, c’est plus un petit bonus fun. 

 
Comment découvres-tu la variété ?

S.T : Mes parents en écoutaient beaucoup. On n’écoutait pas du Bartok ou du Pierre Henry, mais les tubes. Ils achetaient les disques qu’ils entendaient à la radio, donc j’ai une culture à mi-chemin entre la variété et François de Roubaix. Parce que mon père était aussi un grand fan de musiques de film. Donc, ma musique, aujourd’hui, c’est quelque chose à mi-chemin entre la variété et la musique de film.

 
Comment t’es-tu branché sur des instruments space tels que le Thérémine ?

S.T : C’est juste une envie d’être original. On entend toujours les mêmes choses : une guitare sèche, une batterie, une contrebasse ou une basse, les sonorités sont quasiment toujours les mêmes et finissent par lasser l’oreille de l’auditeur. Donc j’essaie de trouver d’autres pistes, mais sans faire de l’expérimental. Où alors, faire de l’expérimental et ne garder que ce qu’il y a de réussi. Mais c’est vrai que j’aime aussi apporter un certain mystère à ma musique, parce que, pour moi, dans la musique, le mystère est extrêmement important. Je veux que le son soit mystérieux, comme l’étaient les basses de Pink Floyd. J’essaie toujours de saupoudrer ma musique de ce mystère.

 
Tu écoutes beaucoup de R’n’B en ce moment ?

S.T : J’en suis un grand consommateur, parce que, pour moi, le R’n’B, c’est de la musique électronique. Et les autres styles n’évoluent plus. Le reggae n’évolue plus, même si des bons disques sortent ; la folk, ça ne se réinvente pas ; le hard rock, ça ne se réinvente pas non plus… Ce qui invente, c’est la musique électronique, parce qu’elle est dépendante de la technologie. Et la technologie, de toute façon, elle avance. Donc, grâce à cette technologie, la musique électronique continue d’avancer. C’est ce qui me plait, il y a toujours un nouveau rythme, une nouvelle façon de traiter les voix, un nouveau gimmick, des nouvelles formes de structure. Comme Missy Elliot… C’est ce qui m’intéresse : quand ça avance, quand j’entends quelque chose que je n’avais pas entendu avant. Autant, avant, j’étais dans un trip où j’aimais revivre les saveurs du passé, et j’écoutais des groupes qui me faisaient vivre ça, autant, maintenant, je suis tourné vers l’avenir. J’ai envie de connaître la suite.    

 
A la différence que, toi, tu es instrumentiste. Alors que les musiciens électroniques n’ont que la connaissance du sampler…

S.T : C’est vrai. Contrairement à ce que beaucoup de gens croient, la musique, c’est énormément de travail. Savoir composer une chanson, c’est le travail d’une vie. Quand on s’intéresse comme moi à la composition, on n’a pas le temps de s’intéresser à autre chose. Pareil pour la production : quand on est un vrai producteur, c’est le travail d’une vie. Quand on est producteur, on n’a pas le temps de passer des heures et des heures au piano, parce qu’on doit se tenir au courant de telle machine, tel effet. C’est pour ça que j’ai appelé Guy Man pour faire cet album. Lui, toute sa vie s’est construite autour de la production, moi, toute ma vie s’est construite autour de la composition. On était fait pour se rencontrer !  

 
Un album, aujourd’hui, doit raconter une histoire. Apparemment, on ne peut plus se contenter d’arriver avec 12 chansons. Tu détermines le concept d’un album à quel moment ? Avant d’avoir les chansons ou après ? 

S.T : Le concept, c’est vraiment le premier truc que je trouve. Je ne cherche même pas la moindre note de piano tant que je ne l’ai pas. Pour moi, le concept est ce qu’il y a de plus important. Ensuite, c’est ce qui donne la direction à la musique. Après avoir trouvé le concept de Sexuality, qui était pour moi le sujet phare dont il fallait parler, j’ai commencé à chercher des notes « sexuelles » au piano. Je fermais les yeux, je jouais au hasard, et j’attendais de tomber sur une suite harmonique, 3 accords avec un petit bout de mélodie… Ces mélodies et ces accords créaient quelque chose de sexuel. Là, j’ouvrais les yeux, je regardais où étaient placés mes doigts, et, à partir de ça, je composais le morceau. Autour d’une mini trouvaille due au hasard… J’ai plus confiance en la destinée et au hasard qu’en l’esprit humain. L’esprit humain est limité, le hasard et la destinée, pas du tout.  Attendre en fermant les yeux que tombent des notes qui correspondent au concept est la méthode de travail que j’ai toujours utilisée. 

 
Comment va le sexe en 2008 ?

S.T : A la fois, ça va hyper bien, parce que le sexe est partout. On est gavé de sexe sur les affiches, sur les murs, à la télé, partout. Et j’adore ça, vivre dans un monde sexuel. Là, où, forcément, ça s’effondre, c’est la manière dont on en parle. Souvent, c’est pas la bonne manière. Comme je dis avec Sexuality, et c’est pour ça que le disque est tout doux et tout fruité, c’est que la sexualité, c’est le monde de la douceur. C’est là où il faut être ouvert d’esprit. Il faut avoir envie de faire plaisir, il faut être tendre. C’est là où il faut être intelligent. C’est là que tout se révèle, pendant l’étreinte amoureuse. Le sexe, c’est pas un mec costaud avec, à côté, une petite fille sous-alimentée et droguée de seize ans. C’est une image du sexe qui correspond pas du tout à ce que je vis. Par contre, je suis ravi qu’il y ait du sexe partout. Sexuality pourrait très bien être considéré comme une éducation sexuelle, une sorte d’alternative à celle sexuelle qu’on subie dans les lycées, parce que l’éducation sexuelle est quelque chose de rustique, de froid, j’ai envie de dire : de gerbant ! Ça montre le sexe d’une façon ignoble, comme si, ça servait juste à envoyer des spermatozoïdes dans un ovaire. Ensuite, les films pornos, c’est pas intéressant non plus. Moi, j’ai aucun problème avec la chair, mais c’est dommage que tous les jeunes s’éduquent avec des films pornos, parce qu’ils sont faits par des gens malsains, des réalisateurs-producteurs tyranniques, des filles droguées qui ont un destin très triste. Ça va pas avec le sexe, parce que le sexe, c’est quelque chose de très beau. S’il y avait des films érotiques réalisés par des gens sains d’esprit, ça serait formidable, mais il n’y en a pas.

    
Dans une interview, tu a dis : « Aujourd’hui, on ne voudrait plus du sexe des années 70. » C’est quoi, pour toi, le sexe des années 1970 ?

S.T : 1970, c’est plus le même type de pilosité pour les femmes. Pour moi, c’est important. J’aime beaucoup le sexe sophistiqué. Le sexe, c’est à la fois l’origine du monde, mais aussi quelque chose qui va avec l’air du temps, moi, j’aime bien vivre le sexe de l’air du temps. Ensuite, c’est vrai que le sexe de 1970, c’est plus un entrelacement. C’est la même différence qu’entre une voiture de maintenant et une voiture de l’époque ! Maintenant, on a des « angles ronds », et ça j’aime beaucoup. Avant, tout était rond. Il y a un côté sophistiqué, peut-être plus clean maintenant, peut-être plus pur. Aujourd’hui, on n’en est plus aux « burnes serrées dans un fute blanc » ! 

 
Pendant la conception du disque, as-tu pensé à Jean-Pierre Mocky (qui s’est beaucoup amusé avec les tabous sexuels) ?

S.T : J’adore Jean-Pierre Mocky, c’est un réalisateur pour qui j’ai énormément de respect. Travailler avec lui me ferait extrêmement plaisir. Vision du monde parfaite. Sa vision du sexe, de la liberté, c’est aussi une vision très française, très latine. Et ça, j’aime beaucoup. Cette relation au sexe se perd. Heureusement qu’il y a encore des mecs comme Mocky en activité.  

 
Quels médias reflètent le mieux l’humeur d’une société ?

S.T : C’est difficile à dire… J’aime regarder la télé, mais sans le son, juste les images, regarder les coupes de cheveux, comment les gens s’habillent... Mais moi, le but de ma vie, c’est de m’acheter une montagne, vivre dessus avec ma famille, créer un monde qui soit à mon image. Comme l’a fait Michael Jackson avec Neverland, Neil Young avec son ranch ou Fela Kuti au Nigeria. Il est là mon trip. Donc finalement, d’une certaine manière, le monde ne m’intéresse pas. Ce qui m’intéresse, c’est d’en créer un, et d’être le roi de mon propre royaume.    

 
Comment travailles-tu lorsque tu dois écrire une BO ?

S.T : C’est une approche différente. Quand on est un compositeur français, faire de la pop – même si, moi, je fais de la pop -, c’est un style qui va pas ! « Pop » et « français », je saurais pas l’expliquer, mais il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. Pareil que « français » et « reggae », « français » et « pop-rock », etc. Alors que « français » et « musique de film » : alors là, oui ! Il y a la classe, il y a la gloire, on est à notre place. C’est pour ça que je fais de la musique de film : parce que j’ai l’impression que c’est ça qui est respectable pour un français. Ensuite, faire de la musique de film, ça fait partie d’un équilibre général. Moi, je suis très libre dans mes disques, je fais absolument ce que j’ai envie de faire, je vais au fond de mes idées, mais si on vit sa vie trop libre, à un moment, on se perd. Moi, pour rester un peu scolaire, et avoir un côté « bon chien » qui fait bien son devoir, je fais de la musique de film, parce que ce n’est pas moi le commandant du bateau. J’aime bien faire mes devoirs. J’ai pas envie de casser avec ça. J’ai pas envie d’être qu’un chanteur qui boit du champagne, qui s’allonge sur un canapé et qui n’en fait qu’à sa tête. A un moment, ça marche plus. C’est très intéressant de savoir bien répondre à une commande. Ça fait marcher une partie du cerveau qui est vraiment intéressante et qu’il faut continuer à faire fonctionner. Dans la vie, il faut être libre, mais pas trop. Il faut aussi savoir être un bon chien.     

 
Comment abordes-tu la scène sur cette tournée ?

S.T : C’est très simple, il y a deux mecs qui m’accompagnent au synthé et Mr l’ordinateur, que je considère à la fois comme un instrument et comme un musicien. Je rajouterai peut-être un batteur, pour pouvoir jouer à l’identique mes anciennes chansons, comme La ritournelle ou Broadway. J’essaie de recréer une ambiance qui soit bien sexy, forte en émotion, et j’essaie de disparaître le plus possible derrière de la fumée et des lasers, pour que l’auditeur soit vraiment au centre du spectacle. Parce que souvent on dit aux français, avant de monter sur scène : « Fais-toi plaisir, éclate-toi ! » Mais en fait, c’est pas à l’artiste de se faire plaisir. L’artiste est sur scène pour bien faire son exercice et c’est au public de se faire plaisir. C’est ça, ma nouvelle vision du concert : faire plaisir.

 
T’es-tu inspiré des expériences de Bashung et Christophe qui ont travaillé des scénographies avec l’artiste contemporaine Dominique Gonzalez-Foerster ?

S.T : Ça m’attire beaucoup ! J’ai travaillé avec l’artiste contemporain Xavier Veilhan, qui a aussi dessiné le mobilier et le décor. Le monde de la musique est toujours tape à l’œil ou agressif, toujours extrême… Ce que j’aime avec l’art contemporain, c’est qu’il y a un souffle de sérénité. On prend plus son temps pour faire une œuvre que pour enregistrer un disque. Il y a cette espèce de douceur de l’art contemporain, de respectabilité aussi. Une salle de rock, c’est pas doux, c’est pas serein. Apporter l’art contemporain dans les salles de rock, c’est justement y apporter cette douceur et cette sérénité.     

 
J’aimerais savoir ce que représentent les 60’s, pour toi qui est né au milieu des seventies ?

S.T : Pour moi, c’est surtout les Beatles ! Ce qu’on a découvert dans les années 1960, ce sont les harmonies. Il y avait les harmonies du classique, les harmonies du jazz, du blues et, tout d’un coup, il y a eu l’apparition de la vraie pop. C’est là où des pionniers découvraient ce qu’étaient des accords pop, des mélodies pop… Les années 1970 ont déformé ces mélodies pour en faire autre chose, mais n’ont pas réellement créé, comme si on regardait les années 1960 avec des lunettes roses : c’est juste un nouveau regard sur ce qui avait déjà été fait.   

 
L’eurovision… C’est une plate-forme pour toucher un nouveau public ?

S.T : Les gens de France Télévision sont venus à moi après un concert, pour demander si je voulais le faire. Et j’ai dit oui. Après, j’ai compris ce que ça pouvait m’apporter : des tas de choses formidables, pour moi qui ait toujours été considéré comme un chanteur intellectuel, pour public trendy et tout ça... Je n’aime pas l’art de réflexion, j’aime l’art de sensation. L’Eurovision m’amène vers le populaire. C’est bien, pour moi, parce que l’art du populaire, ça ne va pas plus loin que le « j’aime, j’aime pas ». Et c’est ça, mon rapport à la musique, le « j’aime, j’aime pas ». J’ai disséqué quand j’étais adolescent, pour comprendre comment les autres faisaient mais, maintenant, quand j’entends une chanson, je ne me pose aucune question, c’est « j’aime, j’aime pas ». C’est dans ce monde que je veux être, celui de la simplicité, de la sensation, pas celui de la réflexion. L’underground, c’est le monde de la réflexion et du jugement, où tu se dissèque : tu as le synthé de telle époque, tel blouson, telle coupe de cheveux, etc. Le populaire, c’est juste une histoire de cœur, d’amour. C’est pour ça que je veux faire l’Eurovision.    

 
Est-ce que tu sais déjà quel sera le concept du prochain album ?

S.T : Je suis très embêté, parce que, maintenant, il me faut parler de quelque chose de plus pertinent que l’origine du monde et que l’origine de l’humanité… Je suis un peu coincé. Par contre, j’ai vraiment confiance en la science. Ce que j’aimerais, c’est qu’il y advienne une grande découverte scientifique et que je suis puisse m’en emparer pour faire un disque personnel. On doit tout attendre de la science : la conquête de l’espace, la vie éternelle, l’éradication de la douleur… ça sera peut-être dans mon prochain album, tout ça.  

 
Tu t’intéresses à la science fiction ?

S.T : Je m’intéresse beaucoup à la science. J’ai l’impression, parfois, que les artistes existent pour divertir les scientifiques. Combattre la douleur, combattre la mort. Le monde ne sert qu’à ça finalement… Il faut qu’on n’ait plus mal, il faut qu’on soit heureux, il faut qu’on vive jusqu’à l’éternité. C’est ça, le vrai but de l’humanité. La musique, à côté, c’est rien du tout, c’est de la pacotille, juste une histoire de distraction... La science, ça va plus loin que tout le reste. 

 

 

© Pierre Mikaïloff pour www.Hitmusemag.com – 23 mai 2008

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Publié le 23.05.2008 à 12:56
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