Pour voir le clip de Whistle, extrait du nouvel album « 3 AT LAST » de SPORTO KANTES
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Sporto Kantes a de nouveau bien frappé… Portés cette fois par la voix de Sportes, on visite les années 60 (avec le titre « Slits », particulièrement drôle), puis l’Italie avec « Roma’s life » tout en faisant un petit détour par l’Irlande (sur « Tower »). Plus épuré que ses prédécesseurs, « 3 At Last » ne peut qu’affirmer une consécration médiatique vieille de quatre ans, même si cela fait plus de huit ans que les deux zouaves se laissent porter par un buzz qui leur semble parfois encombrant. Les nombreuses prises de bec, les remises en question, ont allumé à nouveau leur inspiration délurée. Les bombes Nicolas Kantolowicz (avec cheveux) et Benjamin Sportes (sans cheveux), réunis pour la musique, apparaissent sur leur nouvelle pochette comme une sorte de monstre bicéphale. Ils sont désormais prêts à affronter, main dans la main, et dent pour dent, un succès assuré.
Sporto Kantes en fait c’est quoi ? « Un concept ! Tu sais, on est des machines désirantes, comme dirait Deleuze ! », explique Nicolas Kantorowicz. Mais selon Benjamin : « C’est une entreprise : Sporto Kantes Co ! ». En vérité, ils sont deux rois du sample à la française, réunis dans une énergie carrément barrée. Ils viennent tous deux du milieu rock alternatif des années 80. Benjamin a fait partie des Wanderers, puis des Torpedo ; alors que Nicolas était bassiste des Wampas jusqu’en 1993. Ils se retrouvent alors autour de concerts enflammés au Gibus et dans d’autres salles chauffées à blanc. Avec l’arrivée des machines à son, leur choix est fait : tête baissées ils explorent le magma transgenre de la musique électronique.
L’appartement de Sportes est un vrai laboratoire d’expérimentation. Des vinyles remplissent chaque étagère, ils en écoutent sans arrêt, les testent…
« Ça c’est vraiment niais », dit Nicolas sur un rock trop rincé… Un jugement vite confirmé par Benjamin : « Donne-le moi, je le brûle ! ».
Entre eux, c’est l’échange permanent, sans arrêt et sans censure. « Moi et Nico, c’est gémellaire » explique Benjamin, qui met en même temps ses références alambiquées sur la table : Kraftwerk, John Lee Hooker, The Slits, Electric Warriors, et des musiques italiennes romantiques d’avant-guerre. « On n’a pas besoin de trois heures de négociations pour se mettre d’accord. Je dirais même qu’on n’a même pas besoin de se parler…La confiance, voilà ce qui nous unit. On se lance direct dans la proposition de l’autre. Et en général, tout va très vite. »
L’histoire du nouveau disque… Elle est résumée par Benjamin : « Le projet est né de ce que je faisais en solo avec Sportes, puis Nico est venu fourrer son nez là dedans.Comme d’habitude ! ».
Nico ne dément pas : « Avec 3 At Last, on n’a pas eu peur de déstabiliser les gens. Déjà, 80% de la musique est de Sportes, ce qui l’a rassuré. Et moi, à la base, j’étais complètement dégagé de tout ça, car il s’agissait de son propre son à lui. Donc je me suis lâché, en ajoutant des trucs improbables, qui au final ont parfaitement collé. C’est après coup que l’on s’est dit que cet album devait se faire à deux. »
Mais pourquoi sortent-ils un album seulement tous les quatre ans ?… « Tu sais, argumente Benjamin, quand on fait une tournée pendant huit mois, et qu’après on ne nous booke plus - parce que soi-disant le public attend l’album suivant - il y a de quoi s’alarmer... Sortir un album par an, cela deviendrait trop répétitif, on ne pourrait pas le bosser à fond. On est d’ailleurs incapables de faire comme ça ». Nicolas a lui aussi son explication « Et aussi, on est un peu comme des Africains, tu vois… ». Le groove infus, ils l’ont en effet vraiment ; ça on ne peut pas en douter. Mais en plus, ils aiment se laisser vivre et se donner le temps de l’inspiration. Avec cette mixture décapante, et la cohésion retrouvée, ils sont arrivés à faire de « 3 At Last » un parfait concentré d’allégresse.
© Cybèle Gallias pour www.Hitmusemag.com le 22 avril 2008

Artistes : Sporto Kantes
Album : 3 At Last
Label : Village Vert
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Publié le 22.04.2008 à 14:59
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