POUR VOIR LES CLIPS “Maybe Tomorrow”, “It Means Nothing”, “ ET “My Friends “ EXTRAITS DE L’ALBUM “PULL IN” DES STEREOPHONICS CLIQUEZ EN BAS DE L’ARTICLE !!!
Déjà 12 années qu’est apparu pour la toute première fois le logo Stereophonics. Depuis, le power trio a enchaîné cinq albums d’un rock british impeccable perpétuant la fière lignée des Kinks à Oasis en passant par les Stone Roses. Le groupe gallois a publié à la fin de l’an passé le sixième épisode de ses aventures discographiques et prouve à nouveau dans ses textes sensibles et perspicaces comme dans ses compos flamboyantes qu’il est en prise totale avec la jeunesse anglaise. « Pull The Pin » (Éclate-toi), un conseil à suivre absolument !
Rencontre avec Kelly Jones, le chanteur des Stereophonics, Javier Weyler, le batteur et Richard Jones, basse.
« Depuis le 3éme CD vous avez changé le logo du groupe à chaque album, il y a une raison particulière à cela ?
K.J : On pourrait dire que, sur le premier, on avait le même logo et c’est vrai qu’il y a plus de pochettes avec des logos différents que celles où les logos sont similaires.
Je crois que quand on fait les pochettes des nouveaux albums, parfois l’ancien logo ne collait plus du tout à l’esprit de l’artwork ou à l’esprit de la musique. On souhaitait changer car notre musique évolue elle aussi. Le disque sonne de manière différente, on veut donc que l’album ait lui aussi l’air différent.
Je croyais que c’était devenu un jeu pour vous de changer à chaque fois le graphisme. Ou un message secret subliminal aux fans.
K.J : Non, il n’y a pas de message caché, c’est bien plus subtil. C’est un nom très difficile à transformer en logo, c’est un mot très long Stereophonics. Mais il n’y a aucun secret, ni aucun message passé à l’envers. C’est juste de l’art-work.
Tu te souviens de la première fois que tu as flashé sur le logo Stereophonics, je crois que c’était sur un vieux gramophone, non ?.jpg)
K.J : C’était sur un vieux Gramophone qui appartenait au père d’un pote.
C’était il y a 12 ans déjà.
Aurais-tu cru à l’époque que vous feriez encore de la musique après toutes ces années ?
K.J : Bien sur, j’y croyais déjà dur comme fer. Et je savais que je ne ferai jamais rien d’autre de ma vie, car dés l’age de 17,18 ans c’est là où j’ai mis tout mon temps et toute mon énergie, tout ce que j’avais en moi. Et c’est toujours le cas aujourd’hui ! J’ai toujours autant la niaque pour la musique, j’ai toujours autant de passion débordante et j’espère bien secouer les gens autour de moi chaque jour pour que ça soit bien. Tu vois ce que je veux dire ?
Le titre « Pull The Pin » est une référence à une grenade qu’on dégoupille ?
K.J : Non, c’est juste une expression « dégoupille et laisse-toi aller », éclate-toi, prends du bon temps, éclate toi. Ça ne veut pas dire « vas y ! Va faire sauter le monde. » Ça veut pas dire va poser une bombe sous une voiture. Tu vois, tu es en train de t’éclater dans un pub avec des potes et l’un d’eux te dit : « Tu veux encore un autre verre ou on va se pieuter ? ». Et alors quelqu’un répond : « allez au diable, dégoupille, débranche ». C’est une expression qu’on avait l’habitude d’employer quand on avait 18 ans, lorsque nous étions jeunes et naïfs. Ou jeunes et stupides, selon la manière dont on voit les choses.
T’inquiètes tu es encore assez jeune et assez stupide !.jpg)
K.J : Hé je suis vieux mais putain pas stupide !
Peut-être que tu ne l’as jamais été ?
K.J : On non je l’ai été, et je le suis encore probablement, mais je ne réaliserai pas avant mes 40 ans combien je suis stupide à présent. On verra bien dans sept ans.
Vous figurez en duo avec Tom Jones sur le « Las Vegas soundtrack », le disque de la série télé. …
K.J : C’était il y a déjà huit ans… pour un album de duos. « Mama Told You Not To Come ». Hé mais personne ne nous l’a dit. On va leur tomber dessus. On devrait téléphoner au patron. Allo Mr Universal…où sont passées toutes nos royalties ?
« Daisy Lane » est la chanson qui m’a le plus impressionné. Car elle rapporte un terrible fait divers qui s’est passé à quelques mètres de chez toi.
K.J : Tu te rends compte, ça s’est déroulé dans ma propre rue, à deux pas de chez moi. Un jour où je regardais par la fenêtre, j’ai vu passer une demi-douzaine de policiers en uniforme. Ils étaient à la recherche d’une arme.
Et j’ai appris, un peu plus tard, qu’un gamin avait été arrêté par deux autres qui voulaient lui prendre son téléphone portable. Ils l’ont poignardé et il est mort avant qu’il n’ait pu rentrer chez lui. C’était un drôle de sentiment de réaliser que ça s’est passé à 100 mètres de mon palier. C’était il y a tout juste deux ans maintenant et cela vient à nouveau de se produire voici quelques mois, un gamin a encore été poignardé en sortant de cours.
Pour moi la chanson parle surtout du manque d’expérience que tu peux avoir lorsque tu es jeune et que tu ne réalises pas toujours toutes les conséquences lorsque tu peux jouer au con. Une minute suffit à faire basculer ta vie pour toujours. Et je trouve cela assez troublant.
Musicalement, tu as choisi de la traiter comme une balade délicate.
K.J : C’est aussi pour cela que le refrain est sans texte car qu’est ce que tu peux dire après un truc pareil ? C’est un sentiment de rêverie, de nostalgie qui va et vient et qui dit ce qu’il doit dire. C’est ainsi que cela se passe dans la société, cela va et cela vient et les gens ne font pas grand-chose pour que ça s’arrange. Et la chanson est à cette image. Elle ne manifeste pas de colère. Elle dit juste qu’à cause de ce moment précis la vie de ces gosses été gâchée.
On dirait un peu « Maybe Tomorrow » avec une nette influence Kinks.
K.J : C’est vrai même si elle était encore plus sensible sur notre premier album. Ray Davies est un parolier insensé.
A ce propos, on trouve un autre sujet brûlant sur l’album avec« It Means Nothing ». Elle traite des attentats de Londres ?
K.J : Oui la chanson s’est inspirée des attaques sur Londres. Nous étions en tournée européenne à ce moment et on a tout vécu à travers le prisme de la TV. Ce n’est pas sur les attaques au premier degré ou sur la politique, l’idée, c’est plus sur la manière dont les gens ont réagi, comment ils ont su faire face. À ce moment, je crois que beaucoup de gens ont réalisé tout ce que la vie leur apportait.
On prend tous pour argent comptant l’amour que nous portent nos proches. Parfois tu franchis le pas de ta porte le matin en disant à peine au revoir, mais si quelque chose se passe et si cette personne ne revient pas ce jour-là, tout ce que tu fais, tout ton travail, tout le reste ne signifie alors plus rien car celui qui est à tes cotés n’est plus.
C’est un sentiment que beaucoup partageaient à Londres à ce moment-là. Un peu comme à NY après le 11 septembre. Les gens avaient peur de prendre l’avion et passaient 50 appels à tous leurs proches avant de monter à bord juste pour leur dire qu’ils les aimaient au cas où ils ne reviendraient pas. Cette sorte de parano était très perceptible dans la ville. Mais en même temps tu pouvais parler à des musulmans, à des Catholiques et ils ressentaient tous la même chose. C’était un étrange moment. Et je crois que tout cela passe dans la chanson.
Vous semblez partager une véritable cohésion du groupe
K.J : On va tous dans le même sens. On est ensemble depuis si longtemps. On est comme des frères. D’ailleurs avec Richard, on nous prend souvent pour des frangins puisque lui et moi avons le même nom. Alors parfois on répondait que nous étions frères, cela nous donnait un genre.
Et tu lui casse des guitares sur la tronche comme un bon frangin Gallagher ?
K.J : Je pourrais même pas atteindre sa tête, il est bien trop grand.
Et toi tu lui casse parfois ta basse sur la tête ?
Richard Jones : Non, nous avons appris fort heureusement à respecter nos instruments désormais. On a bien cassé du matos lorsque nous étions plus jeunes, mais nous en sommes sortis avec un plus grand sens du respect.
Vous avez beaucoup cassé ? Comme les Who ?
R.J : Oui à nos débuts. On avait des trop plein d’émotions lorsqu’on se retrouvait à jouer sur scène…
Parlons de la chanson « Pass The Buck »
K.J : C’est comme l’ouverture du parapluie quand chacun se repasse la faute.
Ça veut dire que nul ne veut prendre la responsabilité d’une action.
Quelqu’un dit : « c’est toi qui a fait ça ? », alors tu réponds « non c’était pas moi, c’était l’autre. », tu refiles le bébé à un autre. Je crois qu’on l’a écrite de manière un peu sarcastique en pensant à certaines personnes qui travaillaient auparavant avec nous qui n’ont jamais voulu prendre la responsabilité d’assumer quoi que ce soit. Des techniciens, des vieux potes, managers…tout spécialement eux, putains de loosers, suceurs de sang !
Mais où trouves-tu toutes ces expressions « pull the pin « ou « pass the buck » c’est du Galois ?
K.J : On pourrait faire un bouquin de toutes ces expressions : toutes les maximes, la moitié des mensonges que tu racontes, je ne croirais pas ta radio , j’ai juste assez d’éducation pour me donner en spectacle, chaque fille se demande… mais putain qu’est-ce qu’il raconte ?
C’est peut-être pour ça que cela n’a jamais marché pour nous en dehors de la Grande-Bretagne.
« Bank Holiday Monday » c’est le contraire de « I Don’t Like Mondays » des Boomtown Rats ?
K.J : Je crois bien car nous on adore les lundis !
On avait l’habitude de jouer durant ces week-ends avec jours fériés dans des pubs vraiment merdiques. C’était assez souvent violent, bondé, bourré de dope frelatée et une atmosphère souvent très chaotique qui s’achevait le plus souvent en baston. Et nous on était là pour les amuser, pour évacuer la pression. Je me suis souvenu de cette époque quand j’ai composé la musique de « Bank Holiday Monday » car c’était assez punk rock, il y avait quelque part cette même rage qui devait agiter ce texte.
Musicalement cela me rappelle un peu the Jam.
K.J : Tout à fait, un peu les Pistols aussi, ce genre de vibes. Iggy Pop période « I Wanna Be Your Dog »
Vous avez de puissantes racines rock.
K.J : Normal, avec deux frères aînés de huit et neuf ans de plus que moi qui m’ont élevé au son de tas de trucs différents comme la musique country, les Eagles ou Creedence, Neil Young, Dylan et moi j’écoutais AV/DC et Led Zep, les Sex Pistols et Deep Purple. Quant à notre père, lui il écoutait toutes les bonnes blackeries : Stevie Wonder et Otis Redding, Aretha Franklin et Randy Crawford. Donc en fait le côté soul est en filigranes, mon goût pour raconter des histoires en chantant vient de la country et le côté guitare vient de tous les disques de rock que j’ai pu dévorer !
Je crois qu’il y a tous ces éléments dans notre groupe.
Il y a un titre presque country sur l’album c’est « Bright Red Star ».
K.J : Oui c’est un titre country surtout si on le compare au reste de l’album.
Cette chanson aurait très bien pu être sur « Just Enough Education To Perform », qui était plus ou moins un album acoustique.
La dernière chanson est venue très vite et la mélodie était très forte, elle résume le sentiment de tout l’enregistrement de l’album. C’est une belle chanson, je crois même que c’est une chanson d’amour.
Pourquoi cette tristesse quand tu parles de chanson d’amour, tu n’aimes pas l’amour ?
K.J : Non pas du tout, j’aime l’amour…sans doute. Je ne suis pas triste, je suis peut-être timide, je ne sais pas.
R.J : Les gens se souviennent des chansons d’amour, même si on imagine les chansons d’amour un peu ringardes baby baby à l’infini, mais l’amour peut prendre bien des formes, il peut être déguisé.
Sur la chanson « Stone » quand as-tu décidé d’être the Edge à la place de the Edge ?
K.J : Tu trouves qu’il sonne comme U2 ?
Terriblement
K.J : Pour moi c’est plus the Police que U2 à la « Every Breathe You Take », mais j’avoue qu’elle a un côté U2. C’est la dernière chanson que nous avons écrite pour l’album. On l’a écrite très vite et enregistrée aussi vite. Mais c‘est vrai que l’atmosphère est assez radiophonique aux confins de U2 et de the Police mais de manière accidentelle. Je ne crois pas qu’on sonne comme une chanson précise de U2, mais il y a quelque chose je l’avoue.
C’est à ce jour en tout cas votre album le plus optimiste.
K.J : Je suis fier de cet album car d’une certaine manière il a su capturer les meilleurs côtés de ce groupe sur les cinq derniers pour le compresser sur un seul disque. On a rarement enregistré de manière aussi cool, cela se sent aussi dans la qualité des chansons de l’album. Du début à la fin, je crois qu’on maintient un bon niveau de qualité surtout au niveau des mélodies. C’est vraiment un album qui file la pêche, qui dégage une énergie positive.
Alors vous êtes un happy trio optimiste ?
R.J. : On est passé à travers tant de trucs différents ces dix dernières années, on a traversé des tas de changements autour du groupe, l’environnement …
Notre dernier album était particulièrement énergique, alors nous avons utilisé cette énergie et cet optimisme en studio, voilà pourquoi cela transparaît sur cet album-ci. Notre seule frustration c’est que nous n’avons pas encore eu la chance d’interpréter ces chansons en public. Mais nous partons en tournée, alors !
Javier Weyler : C’est comme lorsque tu commences à faire de la musique pour la première fois, lorsque tu es gamin. La raison qui te pousse à faire de la musique c’est que tu es à fond dedans, tu es passionné et tu suis un artiste dont tu aimes vraiment la musique. Il n’y a vraiment rien d’autre, c’est comme un lien direct qui te lie à cet artiste ou à ces artistes et à cette musique.
Ensuite lorsque tu t’immerges dans l’industrie musicale pour sortir toi-même des disques, même si tu es toujours aussi passionné par la musique, tu commences à avoir d’autres trucs qui te traversent la tête, le business et cette sorte de choses. Mais nous avons largement dépassé ce stade. A un certain point tu te fiches pas mal de ces choses-là, tu t’affranchis de ce coté « industriel » et tu reviens aux sentiments basiques : s’éclater VRAIMENT avec tes potes lorsque tu enregistres ou lorsque tu te produits sur scène. Bien sûr tu conserves un œil sur le reste, mais là on est vraiment conscients de tout ce qu’on peut apprécier. Et ces sessions d’enregistrement se sont passées à la vitesse de l’éclair, on s’est tant éclaté que l’on a trouvé cela trop court. Voilà pourquoi je sais qu’il faut s’éclater avant tout sans trop se soucier du reste. L’énergie puissante que dégageaient ces sessions trouve sa source dans cette insouciance et dans ces moments privilégiés.
Vous n’êtes jamais en désaccord ?
K.J : Richard et moi sommes amis depuis l’age de trois ans, alors si on devait avoir des désaccords, ils sont dépassés depuis longtemps. On connaît chacun notre place dans ce groupe. Alors on ne se marche jamais sur les pieds, on fait chacun notre truc, c’est tout. Et on le fait bien. Et lorsqu’il s’agit d’une décision qui engage le groupe, nous la prenons tous ensemble. Cela fonctionne bien.
Trois personnes bossent souvent mieux ensemble que cinq. »
Propos recueillis par
Gérard BAR-DAVID

Artiste : STEREOPHONICS
Album « Pull The Pin »
Label : V2
© Gérard BAR-DAVID / Hitmusemag.com mars 2008
>+ de news Rock
Publié le 11.03.2008 à 12:45
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