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extrait du dernier album de Tanger
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Pourquoi Tanger ? Parce que William Burroughs, parce que The Pipes of Pan at Jajouka, parce que Anita Pallenberg et Keith Richards… Parce que c’est comme ça. Apparu au crépuscule du siècle dernier, en même temps que Phœnix, Air, Tahiti 80 et quelques autres, Tanger se démarquait déjà par ses références musicales autant qu’extra-musicales. Philippe Pigeard, le chanteur, citait indifféremment comme source d’inspiration la lumière de Matisse, les transes des Master Musicians de Joujouka ou l’esthétique du photographe Gilles Berquet. Etait-ce trop pour un seul groupe ? Toujours est-il que Tanger a payé son originalité par quatre ans de silence discographique, de 2004 à 2008.
On pourrait presque parler, avec ce nouvel album, d’un Tanger 2.0. Le groupe arty, avec ses morceaux de 9 minutes et un penchant avoué pour l’expérimentation est bien mort. On gagne en efficacité ce que l’on perd en fraîcheur. En revanche, même si des sonorités gentiment electro ont remplacé les orgies de percussions marocaines, les textes, eux, n’ont rien perdu de leur singularité.
Partant de ce constat, que notre langue est plus propice à l’alexandrin qu’à la célébration des émois adolescents sur fond de musique binaire, Pigeard n’essaie pas de parodier le phrasé anglo-saxon. Il a trouvé une façon bien à lui de poser ses mots sur sa musique. Toujours deux ou trois slogans par chanson, qui vous restent longtemps dans la tête, pendant que vous en explorez les différents sens.
Mais si Tanger se résumait à quelques textes, aussi bons fussent-ils, une plaquette de poésie tirée à 300 exemplaires aurait suffi. C’est là où le guitariste Christophe Van Huffel et le bassiste Didier Perrin - tout deux rescapés des formations précédentes - interviennent. Si Tanger est devenu plus direct, plus accessible, plus sexy aussi, c’est en partie grâce à eux. Deux musiciens dans la plénitude de leurs moyens, aussi roués que des session men new-yorkais, la gouaille parisienne en plus.
Tanger a bien négocié son retour, se réinventant en groupe chic mais accessible, classe mais sauvage, sophistiqué mais efficace comme un slogan pub. Le pari n’est, certes, pas encore gagné. Maintenant, c’est au public d’adhérer (ou pas) au concept… Pas trop d’inquiétude à se faire, cependant, car « il est toujours Tanger dans le monde moderne ».
© Pierre Mikaïloff pour www.Hitmusemag.com – 11 juin 2008

Artiste : Tanger
Album : « Il est toujours 20 heures dans le monde moderne »
Label : Disque Motors
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Publié le 11.06.2008 à 10:51
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