En septembre 1983, Tom Waits publie « Swordfishtrombone » son 9éme album studio s’éloignant volontairement des cuivres, cordes et piano de ses LP précédents, le blues-poète de LA prend une tangente révolutionnaire basée sur des percus hétéroclites. 25 ans plus tard, cet album inclassable n’a rien perdu de sa troublante fascination. J’avais retrouvé à l’époque un Tom Waits métamorphosé dans un coffee-shop de LA pour un dialogue improvisé aussi déjanté que son mythique animal discographique, l’Espadontrombone.
DECOUVREZ TOM WAITS EN 1983 DANS UNE EMISSION DE TELE
ANNEE OU SORT LE FAMEUX « SWORDFISHTROMBONE »
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Comment oublier cette toute première rencontre avec Tom Waits. Il avait déjà sorti « Foreign Affairs » et s’apprêtait à publier son chef d’œuvre « Blue Valentine », c’était l’été 1978, la scène se déroulait au mythique Tropicana Motel, sur Santa Monica Boulevard à West LA. Tom était allongé sur un transat autour de la piscine dont la particularité était d’avoir le fond peint en noir.
Je devais être en compagnie de Dee Dee Ramones et de Jeff Olener des Nuns, une bouteille de vieux Bourbon achetée au liquor store au coin de la rue et quelques spliffs odorants devaient forcément circuler. Et cela a suffi à tirer le Waits de sa torpeur californienne. Soudain il a émergé, il s’est levé et s’est approché de nous. Comment oublier sa grosse voix absolument éraillée, comme sur ses disques, une voix profonde et grave, burinée par la vie et tous les excès possibles. Avec Tom Waits, notre eau de feu n’a pas fait long feu.
Il vivait à l’année au Tropicana, du côté du parking. Lorsqu’il n’était pas écroulé dans sa chambre, il se traînait jusqu’à la piscine pour contempler le ciel et la cime des palmiers. Mais parfois, lorsqu’il avait éclusé ses stocks, il se liait avec les résidents du lieu, les groupes de rock de passage, les effeuilleuses en visite et les misfits qui constituaient la clientèle du Motel.
Cinq ans plus tard, c’était un Tom Waits métamorphosé par les liens sacrés du mariage et sa toute nouvelle sobriété que je retrouvais à Los Angeles.
Bien entendu, j’ignorais à ce moment que ce « Swordfishtrombone » serait le premier LP de Tom Waits confortablement classé au Billboard et distingué par le mag Spin comme le « second meilleur album de tous les temps ».
Rien de très surprenant, « Swordfishtrombone » est un album majeur, un monument comme le « Remains In Light » des Talking Heads, l’album blanc des Beatles ou le « Graceland » de Paul Simon, une fusion inédite capable de défier toutes les règles pour téléporter la musique vers son plus proche futur.
Je suis fier d’avoir assisté à sa naissance et de pouvoir souffler aujourd’hui ses vingt-cinq bougies.
PUBLIE DANS LE BEST N°182 DE SEPTEMBRE 1983
« À Los Angeles, Gérard Bar-David retrouve un Tom Waits qui accumule les « petits changements ». Troque sax contre trombone et autres bizarreries, signe avec un label anglais, prépare une revue à New York, fait du cinéma, se marie, mène une vie responsable. Et a arrêté de boire. Si. »
Christian Lebrun
Où est passé Tom Waits ? Télex, messages, répondeurs automatiques, le blueseur invétéré semble s’être volatilisé. Il est loin le temps où il suffisait de traîner une soirée autour de la piscine du Tropicana Motel pour l’apercevoir lové sur un transat, les yeux braqués sur les étoiles.
Le nouveau Tom se veut responsable, sobre et assumé. Voilà six mois déjà, la presse annonçait la sortie d’un nouvel album. On pouvait même trouver sa chronique dans une revue concurrente. Or le disque en question n’a jamais connu les bacs de nos disquaires. Disque fantôme ? Tom Waits enlevé par les martiens ?
Dans la Cité des Anges, la communication s’élève rarement comme une palissade : après une semaine d’efforts téléphoniques, ce vendredi de juillet, Tom Waits me tire de mon sommeil par les pieds. Une voix à peine plus éraillée que la mienne me propose une interview…dans une demi-heure.
Okay, Mister Waits et comment fait-on pour se retrouver ? Je lui offre de passer chez lui : il refuse. Il n’a pas tort. Avec ces journalistes, on ne sait jamais, ils pourraient bien trimbaler leurs puces médiatiques à la maison. Pourquoi ne pas se retrouver chez Duke’s, le coffee-shop du Tropicana, les Rolls et Royce du petit-déj Los Angelessien ?
« Pas question ! », réplique le Tom, ça ne colle plus à mon nouveau quotidien. Bon alors quid facerit ? « Où vis-tu à LA ? », me questionne Tom Waits. Je lui réponds « Olympic et Western ». À LA ça ne sert à rien de donner le numéro et la rue : grâce au système échiquier de la ville, mieux vaut opérer un repère goniométrique longitude/latitude entre les avenues les plus proches. Tom connaît cette ville comme sa poche : « Tu prends Western au nord, puis 6th Avenue vers l’est jusqu’au croisement avec Vermont. Là sur le trottoir de gauche, face à un car-wash, on se retrouve au Al’s Coffee-Shop. »
Parking réservé aux clients et limité à 30 minutes : si Tom Waits arrive en retard, je me fais enlever ma Buick Le Sabre décapotable modèle 1972 et c’est la galère. Depuis un quart d’heure que je sirote un café au lait au comptoir de chez Al’s, j’ai tout le loisir d’observer le paysage. Ma station-service en face est devenue, grâce à Hollywood, un pèlerinage touristique, puisqu’elle a servi de décor au film « Car Wash ». Onze heures du mat, still waiting for the Waits. La serveuse de chez Al’s Bar ressemble trop à la pochette de « Breackfast In America » dans sa blouse blanche avec son nom brodé dessus : Jenny. Ça fait la troisième fois qu’elle remplit ma tasse de café. Enfin, une vieille Volvo déglinguée s’engage sur le parking : Tom Waits gare sa caisse et me rejoint enfin. On s’installe à une table. Tom grogne un mot ou deux à la serveuse : elle revient deux minutes plus tard avec un café Américain et un verre de jus d’orange. Waits l’avale d’une seule traite.
« Je connais bien le boss, ici on le surnomme Big Al, mais je crois qu’il est parti passer son week-end à Las Vegas, sinon je ne dirais pas qu’il est gros, car il déteste cela Al. »
Tom Waits a l’air en forme : bonne mine, rasé de près, une barbichette naissante, la stabilité semble lui réussir.
« Au téléphone tout à l’heure, lorsque je t’ai dit que je vivais à Western/Olympique tu as répondu : drôle de voisinage, pourquoi donc ?
Tom Waits : Oh c’était juste ironique ; je n’ai jamais vécu là-bas, mais je suis souvent passé à cette intersection. C’est un coin intéressant parce que les races s’y mélangent : cubains, coréens, vietnamiens, latinos, c’est un peu comme dans mon coin.
Je présume que tu n’aurais aucune envie d’aller vivre à Beverly Hills ?
T.W : Je préfère dix fois tomber en panne dans le coin plutôt que de rester en rade à Bel Air ou Beverly Hills en attendant vainement que quelqu’un bouge le petit doigt pour me tirer de là ! (NDR : Pas de portable à l’époque !)
Ton nouvel album est intitulé « Swordfishtrombone » (Espadontrombone) quel genre d'animal est-ce là ?
T.W : Hum ... c'est à la fois un instrument de musique qui pue vraiment ou un poisson qui fait beaucoup de bruits. Non, en fait c'est juste un titre.
C'est important un titre?
T.W : Dans mes chansons, parfois tout démarre à partir d'un simple titre. Ensuite, je construis l'histoire en me basant dessus. Je me fais une liste et je l'observe. Au bout d'un moment quelque chose finit par accrocher mon imagination et je développe. Je m'installe chez moi au piano et la chanson se construit peu à peu. En général j'aime assez travailler la nuit.
Tu vis dans une baraque ou un appart' ?
T.W : (Rire) Un appartement! Tu veux plaisanter. On a une maison à roulettes, un trailer. C'est assez petit, mais ça nous suffit.
Pourquoi des roulettes, tu comptes déménager souvent?
T.W : On ne sait jamais. De toute façon j'aime assez l'idée de pouvoir déplacer ma maison où ça me chante. C'est facile, il suffit de l'accrocher à un pick-up truck ou un station-wagon et tu la plantes à 500 miles de là
Tu comptes t'installer dans Central Park?
T.W : Non mais je pars quand même à New York puisque j'y monte une revue.
Avec des plumes, des danseurs et de la romance comme dans les années quarante?
T.W : Non, bien plus original, mon show sera une revue burlesque dans le style « folies ». J'aurai un orchestre composé de violons, accordéon, tuba, trombone, trompette, basse et orgue. Le tout dans une ambiance de fin de carnaval. J'ajoute que nous jouerons dans un petit théâtre, mais j'ignore encore lequel.
Tu appelleras cela les Tom Waits Folies?
T.W : Peut-être bien, ou « Swordfishtrombone et autres histoires de poissons », je ne suis pas encore certain du titre.
Tu vas chanter, danser, jouer la comédie?
T.W : Le groupe sera trié sur le volet car en plus de leur talent de musiciens, ils devront être capables de faire des claquettes.
Et je présume que Gene Kelly et Fred Astaire se sont associés pour te donner quelques cours?
T.W : Je ne sais pas si je ferai moi-même des claquettes, mais ce qui est certain c'est que cette soirée musico-théâtrale sera fun pour toute la famille . Le livret sera composé des titres du nouvel album et d'un certain sens de l'aventure. Je vais jouer, chanter et danser sur les mains: si tu veux un spectacle de qualité mieux vaut le concevoir seul.
Tu vas exporter ton show en Europe?
T.W : ça dépend un peu de la réaction à New York.
C'est la première fois que tu montes un spectacle de ce genre?
T.W : Oui, mais c'est dix fois plus excitant car tu évites ainsi la routine du groupe en tournée. J'adore l'idée de m'installer un certain temps dans un théâtre, ça me rappelle les comédies musicales des 40's comme « Top Hat» bien que le style et la musique soient assez différents. Je ne peux pas t'en dire plus: je préfère inviter tout le monde à venir voir le show en septembre à New York.
Tu sais, la majorité des gens qui liront cette interview achètera peut-être ton disque, mais ils n'ont pas les moyens de s'offrir le trip vers New York.
T.W : Si le show est un succès, nous l'exporterons sur les scènes européennes.
Parlons un peu de ce « Swordfishtrombone »: nos concurrents ont chroniqué voilà six mois un de tes albums qui devait sortir sur Elektra. En fait, il est resté à l'état de fantôme. S'agit-il du même disque?
T.W : C'est bien le même album, donc je présume qu'ils devront le chroniquer à nouveau. Il était programmé sur les sorties Elektra /Asylum, mais la compagnie a subi un séisme économique: les trois-quarts des gens ont été virés et mon album jeté aux oubliettes. Island a entendu une cassette, ça leur a plu, ils ont donc décidé de me signer un contrat et de sortir « Swordfishtrombone ». J'ai rencontré Chris Blackwell dans un café de LA et je crois que c'est un type idéal: il est motivé parce que je fais et ne manque ni de patience ni de compréhension. Or, un artiste dans mon genre a du mal à trouver les structures qui lui conviennent au sein d'un gros label. Island a donc racheté les droits pour sortir le disque.
Où as-tu enregistré?
T.W : Au Sunset Sound. Mais le plus important avec cet album c'est que je l'ai produit moi-même, c'est la première fois que j'ai cette chance. Les musiciens qui m'accompagnent sont Victor Feldman aux percussions, Greg Collins a la contrebasse, Fred Tacket à la guitare électrique et au banjo, Steven Hodjes à la batterie et Francis Tom, un vieux copain, au chromelodion.
Au quoi?
T.W : Le chromelodion est un instrument étrange, un piano sentimentalement déglingué.
Ce qui m'a le plus surpris sur la cassette de l'album c'est le son des percussions: sec et métallique, on se croirait presque dans une usine ou un atelier.
T.W : Victor Feldman a apporté une incroyable collection de percussions comme les metaI longs ou les bass bubam, un bongo en série monté sur socle. Ça ressemble à un rack d'éprouvettes, le break-drums (frein à tambours), un african squeeze drum . Je voulais vraiment expérimenter des sons nouveaux et Victor s'est révélé être l'homme idéal. Heu dis-. Tu es sûr que ton magnéto enregistre bien? »
Inquiet Tom Waits. C'est vrai que nous avons de plus en plus de mal à nous entendre. En plus la serveuse vient nous virer pour installer une demi-douzaine de gens à notre table. Tom me fait signe de le suivre. On se retrouve dans la rue sous le soleil de midi, trop chaud et lumineux. Nous marchons un demi block pour pénétrer dans un bar aussi sombre qu'un night-club. Drôle d'endroit, je n'y vois rien et je trouve la table presque par hasard. Une serveuse en mini vient prendre la commande de Tom, mais elle refuse de me servir: « Je veux voir vos papiers. »
Encore un coup de prohibition, sans les 21 ans fatidiques, pas question de se rincer le gosier de manière alcoolisée. Un passeport plus tard, la serveuse m'apporte une bière. Et nous reprenons notre dialogue.
« As-tu vraiment plus de 21 ans, Tom?
T.W : Laisse moi te dire un truc: aujourd'hui j'ai exactement 33 ans 1/3, à mon prochain anniversaire, j'aurai 45.
Okay, revenons à « Swordfishtrombone » ; tu as changé ta manière de chanter, on dirait un peu du blues rappé.
T.W : Je voulais explorer des horizons différents, car cet album est pour moi un nouveau départ. Ça n'est pas un hasard si j'ai évité d'employer le sax : c'est mon premier 33 tours qui n'en contient pas. Par contre je me suis lancé dans des instruments plus prosaïques comme la bass marimba, un xylophone aux lamelles de bois. Crois- moi, la tentation du sax a été dure à combattre, mais j'ai résisté: j'avais besoin d'air frais.
C'est ta première production: comment fais-tu pour être à la fois dans le studio et à la console?
T.W : Facile, tu joues ton truc, puis tu reviens dans la cabine pour l'écouter, tu fais cent cinquante allées et venues, mais ça vaut vraiment le coup. J'ai eu la chance de travailler avec un ingénieur du son spécialisé dans l'enregistrement live. Ce type a des oreilles de géant, il a beaucoup travaillé pour le cinéma et notamment avec Richard Pryor. Il utilise toute une palette de micros pour jouer sur les différentes variations. Il sait briser la dimension du son comme s'il s'échappait du fond d'un aquarium. Ce type m'a ouvert les oreilles, grâce à lui je suis devenu beaucoup plus flexible qu'autrefois. Dans les autres albums, le stade de l'enregistrement était toujours très douloureux, j'avoue que c'est la première fois que je m'amuse vraiment dans un studio. »
Je n'y vois rien dans ce bar et en vérifiant mon cassette-enregistreur, je renverse la bière de Tom. Il pousse un grognement:
« T.W : Ras le bol: en général je suis de tempérament plutôt violent et j'ai le sang particulièrement chaud. Enfin !
Désolé de t'avoir raté.
T.W : En produisant mon album, j'ai appris à me responsabiliser. Par exemple, je cherchais un caliope, eh bien pour le trouver j'ai dû passer même un millier de coups de fil alors qu'avant j'aurais laissé mon producteur se débrouiller en m'étonnant que cela n'aille pas plus vite. Le caliope est un instrument de cirque, un harmonium à vapeur. J'ai fini par le trouver sans me reposer sur personne d'autre que moi.
Est-ce une manière d'être enfin adulte.
T.W : Heu adulte ... ? Oui je crois bien.
C'est comme avoir enfin 21 ans et pouvoir boire autant de bière que tu veux?
T.W : Exactement, c'est surtout une manière de s'assumer.
Parle- moi un peu de tes textes, tu travailles à LA n'est-ce pas?
T.W : Oui, je ramasse un peu tout: des conversations au coffee shop, des gens dans la rue, des articles de presse, la télé, des bouquins.
Tu as l'air nerveux.
T.W : Si je ne suis pas très communicatif c'est que je suis levé depuis sept heures ce matin. Je pars mardi prochain pour le Montana et j'ai plein de trucs à faire. Je vais tourner dans un film en compagnie de Frederic Forest, « The Stone Boy». J'y tiens un petit rôle. Je suis Nelson l'homme pétrifié, un freak barge et allumé. Drôle d'histoire: un môme de douze ans tue son frère par accident au cours d'une chasse et le film dépeint les réactions de la famille, des gens, des voisins dans une petite ville du Montana.
C'est ton premier rôle?
T.W : Non, je joue déjà dans « Paradise Alley» et dans un film de Coppola, « Rumble Fish » avec Dennis Hopper, qui doit sortir à la rentrée. J'interprète un musicien de cirque.
Tu te lances sérieusement dans le cinéma?
T.W : Je crois que c'est plus un passe-temps séduisant qu'autre chose.
Tu veux réaliser?
T.W : Ça n'est pas du tout mon truc, je suis persuadé que si j'essayais, cela me collerait d'affreuses migraines.
Tu t'entends bien avec Coppola?
T.W : Assez bien, Ce type est un visionnaire, un inventeur à la Vinci qui touche un peu à tout.
Où vous êtes-vous rencontrés?
T.W : A New York: il cherchait un compositeur pour la BO de son film « One from the Heart ». Des gens lui ont parlé de moi et il a écouté ma musique, ce qui l'a décidé à me contacter. « One from the Heart » était un pari fou avec moi-même. J'ai adoré travailler dans ses studios Zoetrope.
N'a-t-il pas été forcé de les vendre?
T.W : Il a failli, mais il a réussi à les conserver. De toute façon son prochain film sera tourné à New York, au Cotton Club, Heu ... dis, faut que j'aille passer un coup de fil. »
Et Tom disparaît dans les ténèbres du day-club. Au bar, un gros à chemise à carreaux joue sa séance de psychanalyse à son barman favori. Midi et déjà bourré. Il n'y a pas si longtemps, Tom aurait été dans le même état. Il ne boit plus maintenant et son visage s'est transformé. Il s'est rangé, comme Lou Reed et quelques autres. Mais le mariage lui va bien.
« La dernière fois, lorsque tu es passé à Paris étais-tu déjà marié?
T.W : Oui, parce que ma femme m'accompagnait.
Ça fait une différence d'être marié?
T.W : Bien sur, ça fait une énorme différence.
Quoi? Le côté officiel?
T.W : Je me suis marié et heureux de l'être, mais je n'ai pas envie d'en parler au cours d'une interview, tu ne bosses tout de même pas pour National Enquirer Voici).