Vers la fin des années de plomb de l’apartheid, en 88 sous le régime de Botha le « vieux crocodile », « Sarafina », un spectacle aussi musical que politique donné au Market Theather de Johannesburg racontait déjà en chant et en danse la révolte des lycéens de Soweto de 1976 durement réprimée par le régime raciste de Pretoria.
Depuis toujours, pour se rendre de leur hostel (dortoir) à la mine de diamant ou d’or, les travailleurs noirs martelaient ce chemin de leurs rythmes et de leurs chants. Ces « walking songs » les aidaient à supporter la douleur de leur tache. Plus tard, les chants ont aussi joué leur rôle actif dans le combat pour faire tomber les murailles de l’apartheid.
Vingt ans plus tard, l’Afrique du Sud se souvient de ces chants et de ces danses qui ont contribué à changer à jamais le visage de cette nation arc en ciel. Umoja vibre donc aux beats multicolores de ce pays comme une succession de tableaux qui nous font voyager à travers le temps et les lieux.
Car sous ce titre qui signifie « ensemble » en zoulou pulse le cœur d’une irrésistible diversité culturelle. Dès le premier instantané, un radio-crochet dans les années 50 à Durban où des ados s’affrontent vocalement, le ton est donné.
Umoja en machine à remonter le temps nous entraîne des bars clandestins, les fameux « shebeens » à la dernière danse dopée au hip hop, le kwaito, qui agite aujourd’hui les rues sud-africaines en passant par les chants des mineurs, le gospel ou le traditionnel mbaqanga.
Ainsi, au de la de la simple comédie musicale ce show est un voyage initiatique et politique. Sous ces rires et ces danses se cache la douleur d’un peuple, mais aussi l’espoir porté par tous ces chants de la libération. Riche en couleurs et en émotions, Umoja vous fera sans doute partager cette page d’histoire.
GBD
Umoja
Du 4 au 8 juin aux Folies Bergères
©Gérard BAR-DAVID / Hitmusemag.com juin 2008
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Publié le 04.06.2008 à 13:51
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