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Publié le 08.04.2008 à 23:59
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Vegastar

Vegastar : Viva Vegas


Rock

Gros son, grosses guitares et un mix de synthés furieusement années 80, un look cross over entre Depeche Mode et le pur metal doublé d’un sens inné de la pop, les 5 de Vegastar publient « Television » leur second album, dans la foulée de leur concert jeudi dernier au Trabendo, pour bien marquer leur retour attendu aux affaires.


POUR VOIR LES CLIPS « 5H DANS TA PEAU », « LOST BOY », ET « MODE ARCADE » EXTRAITS DU DERNIER ALBUM TELEVISION DE VEGASTAR CLIQUEZ EN BAS DE L’ARTICLE !!!

Vega c’est la 5 éme étoile la plus lumineuse de l’univers, mais le groupe basé à Paris était aussi fan du « Las Vegas Parano » du journaliste de Rolling Stone Hunter S. Thompson. Le nom Vegastar est né du choc de ces deux cultures : la cosmique et la gonzo.

Après un premier album éponyme particulièrement remarqué en 2005, les Vegastar semblent s’installer durablement dans notre paysage rock hexagonal.
Malgré un changement de personnel avec le départ du batteur Jocelyn les Vegastar restent fidèles à leur esprit rock. Pour enregistrer « Télévision » leur second album en forme de puissant zapping où les séquences synthés 80’s percutent avec flammes les guitares body-buildées ils sont allés cette fois jusqu’en Suède pour travailler avec le producteur de Ramstein. Et s’ils se soucient désormais carrément moins de leur apparence, c’est justement pour mieux se concentrer sur le son.

Ce qui n’empêche pas les Vegastar de continuer à remporter un joli succès auprès des jeunes filles. Ils l’ont d’ailleurs souvent prouvé en live.
Et en ce début d’année, Franklin Ferrand, le chanteur, Fabien Garcia, le guitariste et Vince Mercier, le bassiste sont réunis dans les locaux de leur label pour nous livrer tous les buzz de ce CD aussi musclé que Télé…phoné !

Vous avez donné un concert privé avant le départ officiel de votre tournée.

Franklin : C’était plus un show case pour fêter la sortie de l’album. On a joué au Citadium. C’était assez particulier, dans un magasin de fringues, en pleine lumière, il n’y a pas vraiment la même ambiance qu’à un concert où tu as des lights. Du coup, le public ce n’est pas facile d’arriver à le faire rentrer dedans.

Votre public est souvent constitué de jolies nanas ?

Fr : Nanas peut être, mais jolies je ne sais pas.

Fabien : C’est vrai, il y a souvent pas mal de filles à nos concerts, mais il y a aussi pas mal de mecs. Mais les filles, on les voit plus; elles sont souvent devant au premier rang, elles chantent les chansons et tout, donc c’est souvent elles qu’on remarque, mais notre public est toujours assez mixte .

C’est incroyable comment certains artistes comme Lenny Kravitz attirent toujours les plus jolies filles !

Fa : Les Strokes sont terribles pour ça, il y a toujours des canons à leurs concerts.

Fr : Nous on doit être le seul groupe de moches à arriver à ramener des meufs !
(rires)

Donc vous ne vous trouvez pas si canons que cela, alors ?

Fr : Ce serait un manque total d’humilité de dire qu’on est des Dieux !
On est plus ou moins normaux.

Alors ce sont les fringues ? La coiffure ? Le maquillage ?

Fa : Non, je n’en sais rien. C’est peut-être qu’on voulait aussi être plus sobres.

Ce sont les musiques qui font le travail maintenant !

Vincent : Je pense qu’il y a aussi un truc par rapport au texte où les filles peuvent se reconnaître carrément. Pas mal de nos chansons évoquent l’univers féminin.

Il y a carrément une chanson sur l’anorexie, on va en parler tout à l’heure.

Fr : Cette chanson parle de l’anorexie, mais aussi de toutes les personnes, filles et garçons, qui peuvent avoir un problème avec leur physique.

Et ça en fait du monde concerné !

Fr : Tu as dit un truc très juste : désormais on se concentre avant tout sur la musique.

Fa : On s’est toujours concentré sur la musique, mais disons qu’on le communiquait moins. Et cela nous a porté pas mal préjudice. On nous a un peu pris pour des poseurs comme si la musique arrivait un peu toute seule par hasard. Et là, sur cet album, on a tellement travaillé dur, ça a été tellement difficile de le faire aboutir qu’on s’est dit que cette fois on allait vraiment mettre l’accent sur la musique. On en est surtout très très fiers. Et donc c’était essentiel pour nous de laisser un peu de coté l’image, même si elle reste toujours présente, à nous de mettre la musique en avant. On a fait vraiment des efforts et on est particulièrement fiers de ce disque.

Fr : C’est vrai que, sur le premier album, ça nous amusait de jouer un peu les provocateurs, à raconter qu’on passait plus de temps à se coiffer, à se maquiller, à se fringuer…que de faire de la musique, mais c’était pour rigoler.
Mais les gens nous ont pris au premier degré, ils nous ont vraiment cru.
Beaucoup critiquaient notre côté un peu poseurs, on jouait vachement sur l’image et du coup on en rajoutait.

V : Cela allait complètement avec le son, avec ce côté avant-gardiste, par rapport au look de Vegastar. En 2005 avec nos mèches et tout le style emo qui n’était pas du tout arrivé en France. Même avant My Chemical Romance. Je n’ai pas la prétention de dire qu’on a insufflé cela aux Américains, mais…

Fa : On est avant-gardistes, dans le sens où on a osé faire du neuf avec du vieux. C’est vrai que cette mèche cela ne se faisait plus depuis les années New Wave donc on s’est vachement fait tailler. En attendant, on osait être différents.
Phil Oakey de Human League, les Depeche Mode en leur temps avaient affronté les mêmes critiques que nous en pire : on les avait alors vraiment défoncé et aujourd’hui, par contre, tout le monde les adore. Alors qu’à l’époque, ils se sont faits déchiqueter comme personne.

V : Quand Depeche Mode a osé les futes noirs moulants et les Perfectos, certains les ont même traités de pédés.

En tout cas DM est un groupe qui vous inspire énormément. Qui fait les synthés chez Vegastar ?

Fr : C’est plutôt Jay, le guitariste qui n’est pas là aujourd’hui, et Vince en fait qui ont surtout apporté ce coté là dans le groupe.

Vos références tournent autour de Cure, Soft Cell, Human League, Orchestral Manœuvres In The Dark…

V : On s’est tous un peu influencés les uns les autres, ça peut être aussi Fabien que Franklin qui peuvent chercher cette couleur-là, mais on a tous cette culture-là dans le groupe, ça n’est donc pas forcément Jay ou moi qui composons toutes les parties électroniques, c’est tout le groupe. Tout le monde peut trouver un truc avec cette influence-là.

Fa : Jay et Vince sont un poil plus âgé que nous. Ils sont trentenaires et ils ont vraiment énormément écouté the Cure et Depeche Mode. Nous aussi, mais plus après coup, alors qu’eux ont total baignés là-dedans, ils ont donc sur ce terrain-là une approche plus naturelle que la nôtre.

En fait, toute la modernité de votre son est une histoire collage; car sous les effets synthés années 80 vous collez des énormes guitares parfois résolument 70’s.

Fa : Elles sont moins énormes que sur le précédent. Cette fois on a évité le coté grosses guitares au Metal lourd, cette fois elles sont plus rock and roll, plus incisives mais en même temps les morceaux sont beaucoup plus dynamiques. Du coup, il y a moins de lourdeur sur le son, on s’en aperçoit vachement quand on les joue sur scène ou en répètes.

Les guitares sur ce second CD ont un côté très années 70, Kiss, Led Zep, Deep Purple… et j’ai carrément trouvé des références Emerson, Lake & Palmer, vous imaginez !

Fa : On ne renie rien, on a même des riffs à la Bon Jovi ou à la Kiss. Sur « Le goût des cendres » notamment où le style Kraftwerk percute carrément Bon Jovi.

Fr : Il y a un côté electro super 80’s et puis le refrain qui arrive avec les guitares dans une espèce d’envolée de voix.

Deux trois questions générales sur l’album. Le premier avait été un peu enregistré à l’arrache, dans la cuisine d’un copain…

Fr : Tu as raison , on avait les batteries dans la chambre de là où j’habitais avec Jocelyn l’ancien batteur, après on avait fait tout le reste chez les Watcha un peu en sortant les derniers sous qu’on avait dans les poches. Parce qu’on n’avait pas de maison de disques à l’époque et qu’on n’avait pas encore signé lorsqu’on l’avait enregistré.

Et cette fois vous êtes carrément allé enregistrer à Abbey Road ?

Fr : Quand même pas. On avait un tout petit peu plus d’argent, mais on a quand même dû faire avec les moyens du bord, avec le budget qu’on avait pour ce disque. Et du coup, on a fait les batteries en Suède, les guitares et les basses en Belgique au studio Caraïbes, moi j’ai fait le chant à Paris. Et on est repartis mixer le tout en Suède. On n’a pas bossé dans des énormes studios, on fonctionne tout de même avec un budget qui n’est pas vraiment américain, mais justement on a essayé de faire au mieux avec ce qu’on avait ; c’est pour cette raison que nous avons préféré bosser à l’étranger.

Vous aviez tout de même bien plus de moyens que pour « Nouvel Orage » ?

Fr : Bien sur. Là les batteries ont été faites dans un vrai studio, dans une pièce énorme.

V : Si on est partis à l’étranger, c’est pas pour une question de luxe mais surtout parce que cela nous revenait moins cher. On a pu se caler des studios pour cet album là.

Ces studios, c’était le choix du producteur ou le vôtre ?

Fr : Il y a eu plusieurs producteurs, sur les prises en tout cas. La batterie, c’était avec Stephan Glaumann, qui avait déjà fait le premier album. Les guitares et les basses ont été produites par Charlie que l’on connaît bien et qui est un pote. C’est l’ingé son des Pleymo, alors quand on a fait notre première tournée, on a fait appel à lui. Il a aussi fait la tournée de Kyo. C’est plus un ingé son de live à la base, mais qui s’est mis aussi au studio. Et puis les voix, je les ai faites à Paris avec notre éditeur qui est un peu aussi mon coach vocal. Il est toujours là en studio, il me fait refaire les prises plusieurs fois pour m’aider à trouver la bonne intention, la bonne émotion par rapport à chaque titre. Il s’appelle Jean Christophe Bourgeois, il est d’ailleurs crédité en tant que co-réalisateur de l’album. Du coup après on est repartis en Suède avec toutes les bandes pour se faire remixer par Stephan Glaumann qui a Ramstein comme référence comme Bon Jovi et Europe.

Fa : Tu te rends compte qu’on a fait nos prises de batterie dans le studio où Europe a enregistré son légendaire « Final Countdown » et tous ses hits !

Grosse référence.

Fr : C’était un peu particulier l’enregistrement de cet album car on ne s’est jamais retrouvés tous ensemble en studio en même temps. Moi je fais les voix. Je n’étais pas en studio pour voir les batteries ni en Belgique pour les guitares.
Je chantais sur les trucs alors que je n’avais pas vraiment participé au processus de fabrication. Je découvrais un peu les enregistrements, c’était nouveau mais parfois déstabilisant. Par contre, pour le mix en Suède, on est bien tous partis ensemble.

Les textes, tu les as écrits juste avant la fin de l’enregistrement ?

Fr : La composition, on l’a faite dans une maison à la campagne. En fait on s’est enfermés pendant plusieurs mois et j’ai effectivement écrit dans la foulée de la musique, peu à peu. On écrivait les compos et moi je posais des yaourts en attendant et après j’écrivais les textes un peu au fur et à mesure. On a bossé au moins six mois.

Les thèmes sont assez noirs, il n’y a pas beaucoup de lumière au fond du tunnel ?

Fa : C’est peut-être moins premier degré, il y a un peu plus de recul. C’est sombre mais sans doute plus ironique.

Fr : Disons que, sur le premier album, beaucoup de chansons parlaient de nous, on utilisait surtout le « je » et tout ça. Sur celui-ci, il en reste pas mal aussi, mais on s’ouvre pas mal sur les autres, il y a cette chanson « Coma Berenices » sur l’anorexie, « Le point zéro » qui parle d’un SDF. Les textes sont assez sombres parce que c’est moi qui les écris, mais je m’inspire aussi de toutes les idées des autres et ils m’en proposent souvent des assez sombres. C’est peut-être aussi qu’on aime bien mettre notre côté noir dans nos chansons. On sait mieux faire cela sans doute que de chanter la joie et le bonheur, pour cela il y a Tryo et ils font ça très bien et on les respecte. Nous c’est plus notre domaine, c’est peut-être aussi un exutoire, une façon d’exorciser ces pensées noires, de les mettre dans les chansons et justement après de se libérer de ça. Et puis les choses heureuses, on préfère les vivre que les écrire.

V : C’est aussi un peu l’état du monde qui veut cela. Quand on a choisi de l’intituler « Télévision » c’est aussi une espèce de zapping sur ce qui se passe lorsque tu regardes les informations ou que tu zappes sur ta télé, c’est rare de tomber trois fois sur un dessin animé ou sur un truc cool. Les images cools dans notre société, elles sont rares. Tu vas sortir d’ici et tomber sur un clochard, tu prends le métro tu auras une baston, tu vois ce que je veux dire. Le seul moment positif c’est quand tu te retrouves chez toi avec tes amis, après dehors c’est tout de même assez sauvage, surtout dans une ville comme Paris. Donc étant parisien…

Il y a carrément une chanson sur la guerre ?

Fr : il y a une chanson qui s’appelle « Le paradis brûle » où l’on imagine que c’est tellement le bordel sur Terre que les Dieux ont laissé tomber, se sont échappés du Paradis pour laisser la Terre à l’abandon et du coup ça va aller de pire en pire. Dans le premier couplet, on voit une ville en feu, c’est le bordel, on entend les sirènes partout et dans le deuxième, ça parle plus de la guerre.

Fr : D’abord New York et les attentats et après le deuxième couplet l’Iran et l’Irak. Après, chacun peut interpréter comme ça lui chante, imaginer des guerres ethniques dans le désert.

On à l’impression que l’idée de la guerre est si ancrée en nous qu’on ne peut plus imaginer un monde sans guerre ?

V : Depuis que je suis né ça a toujours été la guerre. Il y a eu la guerre froide. Il y avait le Tchad. Moi j’ai toujours grandi avec la guerre quelque part sur Terre. Tout le monde, je pense. On est un peu insensibilisés.

Fa : Et c’est à la fois très proche et en même temps vachement lointain. On connaît l’idée de guerre, on en entend parler, on la voit tout le temps à la télé, mais en même temps cela ne nous touche pas directement. On est à la fois anesthésiés et le nez dedans, c’est assez étrange à expliquer. C’est banalisé et en même temps on vit avec cette idée-là comme si cela ne pouvait pas nous toucher.

V : Vu de l’extérieur, on a l’impression d’une guerre virtuelle où l’on s’envoie des bombes sans que personne ne soit tué. Comme un jeu vidéo sur un ordinateur. Et soudain, on t’annonce 36 soldats américains ont été tués. Ou des civils. Aujourd’hui sur internet tu es informé instantanément. Tu peux avoir des infos au plus proche de l’actualité ; c’est pour cela que maintenant on est autant informés.

« Arcade game » vous connaissez Yello Magic Orchestra ?
Ils ont fait les mêmes sons , il y a vingt ans sur leur « Computer Game ».

Fr : Non, on ne connaît pas du tout. Nous on a une espèce de petit synthé qui s’appelle Seed Station et dedans il y a une puce de Commodore 64 qui reproduit donc tous les petits sons de jeux vidéos des années 80. Et du coup comme on avait cette chanson, on a repris l’ambiance Pacman ; avant d’écrire les paroles comme elle avait un côté jeux vidéos, on a décidé d’écrire des paroles autour de ça. Alors on a imaginé l’histoire de « Mode arcade » qui est un peu ramenée à une histoire d’amour, à une façon de vivre ses relations amoureuses un peu comme dans un jeu vidéo. Un coup tu gagnes, un coup tu perds…

Mais avec un jeu vidéo volontairement rétro ?

Fr : Volontairement rétro .

Fa : En même temps, les jeux vidéo de maintenant ont des musiques normales donc c’est moins drôle. Elles n’ont pas le charme de ces espèces de musiques désuètes pourries à la Super Mario, c’était plus sympa. Maintenant c’est tellement moderne.

« Le défilé » a un côté Kiss ou Deep Purple dans les guitares ?

Fa : Même Led Zeppelin, c’est carrément du gros rock.

« Vivre à l’envers », on songe à Indochine.

Fr : On nous en a souvent parlé mais c’était plus par rapport à notre look. Sur le premier album, on nous taxait de fils d’Indochine parce qu’on s’habillait en noir.

V : C’est le coté vaporeux des synthés qui évoque un peu Indochine. Le synthétiseur un peu derrière par vagues qu’utilise beaucoup Indochine aussi.

Fa : Pourtant nous, à la base, on n’écoute pas du tout ce groupe. Par contre ce qui paraît évident c’est qu’on doit certainement écouter les mêmes choses.

Le texte est très perso.

Fr : Oui mais il touche pas mal de gens, c’est la peur de vieillir, la peur de mourir. Se dire aussi que quand on était gamins on était insouciants, sans problème et tout ça et que c’était peut-être mieux qu’aujourd’hui d’être toujours à affronter les problèmes, de réfléchir à demain.
Voilà, j’ai imaginé ce drôle de truc : on commencerait sa vie étant vieux et puis de jour en jour on rajeunirait jusqu’à finir bébé.

Fa : Ce qui n’est pas très cool, car accoucher d’un petit vieux c’est quand même pas très fun et surtout ça doit faire mal !

« Lost boy » c’est la série télé ? C’est le film ?

Fr : Ca vient à la base du film que moi je n’ai jamais vu. Mais c’est Vince qui l’a vu et qui a trouvé le thème car nous on est un peu des Lost boys aussi…

V : il y a peut-être aussi dans « Lost boy » une référence au premier album où l’on parlait pas mal de nous comme dans « Un nouvel orage ».

Fa : Il y a aussi Peter pan et ses garçons perdus !

Fr : Dans « Lost Boys » le film, ce sont des vampires rock and roll qui vivent la nuit et qui dorment le jour. Et nous on a un petit peu ce coté aussi, c’est vrai qu’on aime sortir souvent, qu’on est fêtards. On fait pas mal de conneries des fois la nuit dont on ne se rappelle pas forcément le lendemain. Et on se réveille avec une tête énorme.

Quel genre de conneries ?

Fr : De trop boire et de ne plus trop se rappeler ce que tu as fait ; bon on n’a jamais égorgé personne, je ne pense pas.

De toute façon tu ne t’en souviendrais pas !

Fa : C’est aussi un morceau qui fait le lien avec l’album précédent, un peu à la manière de « Maître de ma vie ». C’est affirmer : « je fais le con, je fais ce que je veux et de toute façon vous n’arriverez jamais à me calmer. Il y a un peu ce coté-là dans une chanson qui s’appelait « Maître de ma vie » sur le premier album. Et là c’est un peu ça. Dans le refrain je dis : « pourquoi tenter de m’apprivoiser/ en moi sommeille le cœur d’un chien enragé/pour toujours je serai un Lost boy et puis voilà… »
C’est aussi aucune fille n’arrivera à me faire changer. Je serai toujours un garçon perdu, à faire le con.

Musicalement ça me rappelle un peu Téléphone sur le premier album avec « Hygiaphone » sur des guitares bien speed.

Fa : On le prend vraiment comme un compliment. S’il y a bien un groupe Français que je respecte, c’est bien eux plus que quiconque. Le seul qui a fait une grosse carrière avec des centaines de tubes et des concerts infernaux.

Qui est Neva dans la chanson « 5H dans la peau d’une femme » ?

Fr : C’est la petite amie de Bill le chanteur d’Enhancer et comme on cherchait une meuf pour chanter sur ce titre, on avait ce passage electro, on s’est dit que ce serait cool d’avoir une fille qui vient rapper un peu avec un flow un peu 80’s. On a commencé à regarder un peu sur internet quelle nana pouvait convenir et puis finalement on a très vite pensé à elle. Car elle était un peu dans ce trip à la girl power qui correspondait bien au thème de la chanson où je raconte ce que je ferais moi, si j’étais toute une soirée dans la peu d’une meuf.

On dirait « Face off » sauf que là c’est « Body off ».

Fr : Pour une soirée, ça doit être assez amusant d’être une fille, de pouvoir tester leur pouvoir de séduction, de faire un peu mariner les mecs, de se faire payer des coups…

Fa : Le texte est un peu bidon car si toi tu te transformais en fille tu serais vraiment une grosse salope !

Fr : C’est rigolo car je sais que moi en tant que mec si j’étais un soir dans la peau d’une meuf, j’en jouerais et je ferais mon allumeuse pour en profiter, mais d’un autre côté il y a Neva qui donne son point de vue et qui dit par contre que, quand tu es une fille, tous les soirs les gros reloux viennent te draguer en boîte et c’est plus chiant qu’autre chose. Et il y a d’autres façons de séduire les mecs que de montrer ton cul dans une boîte.

Musicalement il y a un petit quelque chose disco de Patrick Juvet de « Où sont les femmes ? »

Fr : Il y a un côté totalement kitch dans ce morceau. D’ailleurs le titre de travail c’était « Miami Vice » avec cette espèce de synthé où tu imaginais trop Sonny Crockett dans sa Testarosa blanche, du coup il y un côté vraiment assumé Old School à mort.

V : Disco mais remis un peu à la sauce d’aujourd’hui avec des guitares qui sonnent actuelles.

Ma fav’, c’est « Si le temps s’efface » avec un côté guitares et synthés à la Simple Minds…

Fa : Simple Minds on n’y avait pas pensé mais carrément !
Il y a un côté bien branleur, un peu rock nonchalant dans ce morceau. Le pont est mortel. Mais le thème est assez sérieux puisqu’elle traite de l’amnésie, c’est l’histoire d’un homme qui perd peu à peu sa mémoire. Petit à petit il oublie des choses, il n’a qu’une peur c’est d’oublier la personne qu’il aime. Et il lui dit si un jour, je ne te reconnais plus, abrège mes souffrances.

C’est très SF.

Fa : Non c’est juste les dangers de l’alcool (rires) !

On trouve aussi un instru « Burn S Burn » sur cet album.

Fr : « S » , c’est le nom d’un aéroport en Suède. C’est par là que nous sommes rentrés après le mix avec les bandes def. Comme on était sur un budget réduit, on n’est pas passé par l’aéroport de Stockholm, alors on a fait Skavsta -Beauvais avec des billets low cost à 40 € .

V : On venait de finir le mixage avec nos bandes et on a fini d’enregistrer nos bagages. On avait nos disques durs avec nos bandes et tout.
Et soudain, les pompiers débarquent en force avec l’alarme : il y a le feu dans l’aéroport et tout le monde doit évacuer. On était sur la pelouse avec tous les gens et on se disait : si nos bagages brûlaient il n’y avait plus d’album.
C’est là que nous avons trouvé le titre pour cet interlude de « Burn S Burn ».

Le Vocoder c’est pour faire Daft Punk ?

Fr : On voulait absolument faire un truc avec un refrain Vocoder et sur celui-là cela collait vachement bien. Musicalement cette chanson nous l’avons co-écrite avec Mark d’Animal Son. Tu as dû te rendre compte qu’elle avait un côté un peu hip hop car nous l’avons faite avec Mark qui fait tous les instrus de Booba, qui fait pas mal de trucs dans le hip hop. On l’avait rencontré car il avait fait un remix d’un de nos morceaux sur le premier. Donc on a bossé avec lui pour faire ce titre-là très différent, vachement moins orienté guitares.
Le texte parle d’un SDF comme on en croise partout dans nos villes. Sauf que celui-là il est sur un quai de gare. Et tous les jours il y a ce type en costard qui fait un crochet pour l’éviter. En fait c’est son fils, mais il ne le sait pas. La vie lui l’a arraché et il ne reste que l’indifférence. Il a perdu son job, sa maison, sa famille et son fils passe à côté de lui sans même le voir.

On finit l’album sur un enterrement en fanfare avec « Requiem » qui est aussi un des titres les plus forts.

V : Dans tes références tu n’as pas noté Balavoine ?

Ah pas mal !

V : Dans le son c’est plus Metallica, mais dans le texte, cela se rapproche assez de Daniel Balavoine.

Fr : Au niveau de la musique c’est une bonne chanson live bien rentre dedans qui est très efficace. On l’a déjà faite sur scène et elle fonctionne très bien.
Dans le texte, il y a une petite pointe d’ironie sur l’envie à tout prix d’être célèbre.
C’est un mec qui est tout seul chez lui avec sa guitare et il veut rentrer au Panthéon. Et il se dit si je meurs, je serai célèbre, il faut que j’écrive une belle chanson.

C’est le next Kurt Cobain ?

Fa : Un petit peu. On parlait de zapping, tout à l’heure, on est un peu sur TF1 avec cette chanson-là . C’est marrant, un morceau qui s’adapte bien à la Starac.

V : C’est terrible d’entendre demander aux candidats : qu’est ce que tu veux faire plus tard ? Et de les entendre répondre :
« Je veux faire star ! »
Nous quand on a commencé, on disait qu’on voulait faire de la musique, qu’on voulait faire des tournées.

Fa : C’est encore pire que je veux être star, c’est je veux être connu.
Alors je vais faire chanteur. Tu fais croire à des gamins des tas de trucs qui ne sont même pas vrais. Tu imagines la désillusion après !
Les mecs, ils ont envie de se pendre après. Je suis sûr qu’il y en a plus d’un qui se flingue. Ils s’imaginent en haut de l’affiche et après c’est la chute vertigineuse.

V : Ils durent un mois en prime time sur TF1 et après on les oublie aussi vite.
Comme le pauvre Cyril.

Fr : Ce qui est rageant c’est que cela donne au public une image totalement faussée de la musique.

Vegas Stars à las Vegas ?

Fr : On a tourné un clip là-bas, on a joué dans la rue sur « Maître de ma vie ». On a passé une semaine là-bas. C’était notre rêve depuis qu’on a créé le groupe de partir un jour à Vegas alors on a dit à la maison de disques qu’on voulait le faire là-bas. C’était mortel, on a joué devant l’un des plus vieux casinos de Vegas dans la rue couverte devant le Fremont.
C’est vrai qu’on rêve de sortir de France même si on a fait des concerts en Belgique, en Suisse. Au Canada.

Vous avez songé à chanter en allemand ?

Fr : Non mais on veut faire des adaptations en anglais de certaines de nos chansons pour les mettre sur notre page MySpace. Car il y a quelques années quand tu étais en France tu avais très peu de chance de pouvoir te faire entendre ailleurs à l’étranger à moins d’arriver à passer sur des radios et de signer sur un label ce qui était très compliqué. Maintenant tu mets ta chanson sur le net et tu t’adresses au monde entier. Et c’est vrai qu’on reçoit de plus en plus de mails d’américains ou d’anglais qui nous disent qu’ils adorent notre style de zique. Mais ils se plaignent de ne pas comprendre les paroles, donc ça pourrait être pas mal aussi en anglais. »

 

 

Gérard BAR-DAVID


 

Artiste : Vegastar

Album : « Television »

Label : Virgin (dist. EMI)

 

 

© Gérard BAR-DAVID / Hitmusemag.com Avril 2008

 

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Publié le 08.04.2008 à 23:59
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