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Frédéric Volovitch aime le scène et aime s’y amuser. C’est dans ce but, avec plus une envie de spectacle que de simple tour de chant, qu’il avait d’abord créé les Wriggles, avec qui il avait d’abord sillonné les routes. Mais c’est avec d’autres intentions qu’il partage aussi aujourd’hui ses chansons avec son frère Olivier, au sein de Volo. Le duo plaît, il attire même de plus en plus de monde à ces concerts. Il sera à l’Olympia le 26 septembre, un prélude à une longue tournée.
A l’origine, Volo est un projet quasiment secondaire ?
Fréderic Volovitch : Au départ, avec mon frère, nous avons créé Volo en parallèle à ce que je faisais avec les Wriggles. D’abord assez timidement, puisque les Wriggles tournaient beaucoup. Mais à un moment, nous avons voulu prendre un peu l’air et nous nous sommes un peu plus sérieusement investis dans Volo, avec des concerts et un premier disque.
Côté contenu chansons, tu sembles plus sérieux avec Volo qu’avec les Wriggles.
F.V : C’est vrai qu’avec mon frère, dans Volo, on ne va pas hésiter à aller vers la tristesse, la mélancolie ou la noirceur. C’est quelque chose qui existe aussi dans les Wriggles, mais en faisant des pirouettes en utilisant plus le foutage de gueule. Mais bon, avec une chanson de Volo comme « le MEDEF », cela reste dans le domaine du rire.
Mais pas seulement. Parler du MEDEF, pour vous, on imagine que ce n’est pas uniquement satirique.
F.V : Ce que j’aime beaucoup dans cette chanson c’est que l’on peut évoquer l’influence du MEDEF sur ce qui se passe aujourd’hui. Ceci dit, je pense que ceux qui viennent nous écouter n’apprennent rien en l’entendant. Certains vont peut-être ainsi se remémorer le nom d’Adam Smith, un économiste du 18ème siècle, mais ça ne va beaucoup plus loin. Peut-être aussi que quelques autres personnes, pas du tout politisées, qui ne nous connaissent pas ou qui nous ont découvert par hasard à la radio, vont se demander « c’est quoi le MEDEF ? ». Moi et mon frère, on a pas fait beaucoup d’économie à l’école, mais on sait quand même que c’est le nerf de la guerre et que dans le domaine il y a d’autres propositions à faire que celles que nous imposent actuellement les soi-disant experts.
De la même façon, l’une de vos chansons égratigne méchamment les infos.
F.V : Au départ, peut-être, la personne qui écoute la chanson se dit « ouais, bon, il a écouté les infos et il le raconte… ». En réalité, pour moi l’intérêt c’est de faire le constat qu’il se passe continuellement des choses graves sur la planète mais que l’on nous parle du loto, du pape, de la bourse et de trucs en fait pas importants.
Mais par contre, quand vous êtes sur scène vous ne faites aucun commentaire politique entre les chansons.
F.V : Parce que notre fibre est toujours artistique. C’est évident que nous ne sommes pas du genre à faire des discours entre nos chansons : par contre on ne s’interdit pas de discuter avec les spectateurs après les concerts, car tout le monde n’est pas obligé d’être d’accord avec nous sur tout. Mais à priori, ceux qui viennent voir Volo ne sont pas là pour participer à un débat, ils viennent pour entendre des chansons.
Vous croyez, comme certains le pensaient dans les années 60, qu’une chanson dite engagée peut contribuer à changer quelque chose dans la marche du monde ?
F.V : C’est évident, une chanson ne peut pas changer le monde. Par contre, elle peut permettre, avec des tracts, des manifs, des débats ou des potes qui t’ouvrent l’esprit sur certains problèmes, d’expliquer à quelques-uns qu’il doivent se bouger le cul : qu’ils peuvent dire eux aussi ce qu’ils pensent de la société dans laquelle nous vivons. Une chanson fait partie des nombreuses goûtes d’eau qui peuvent permettre une prise de conscience de certaines situations sociales ou politiques.
En cela, Volo s’inscrit dans une certaine tradition de la chanson française ?
F.V : Effectivement, je fais partie de ceux qui trouvent qu’un artiste doit avoir un regard sur la société, que son rôle n’est pas seulement de nous faire rêver et de nous parler d’amour. Même si ce sujet est aussi très présent chez Volo. C’est vrai que j’aime surtout les artistes, qu’ils soient musiciens, écrivains ou cinéastes, qui agissent de façon indépendante, qui prennent assez de recul et qui sont assez authentiques pour ne pas servir la soupe à des partis ou à des organisations.
Quelles sont les sources artistiques des frères Volovitch ?
F.V : Mon frère a au départ fait de la philo, moi j’ai fait une école de théâtre et je suis rentré par hasard dans la chanson avec les Wriggles. Et, pour l’instant, je n’ai pas envie de faire autre chose que de la chanson, car c’est son côté émotions balancées en trois minutes qui me plait avant tout.
Eric Tandy pour www.Hitmusemag.com le 25 septembre 2008
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Publié le 26.09.2008 à 21:22
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