Les clips « Gimme All Your Lovin’ », « Give It Up » et “Legs” de ZZ Top
sont à découvrir en bas de page !
En 1984, la marque de lames de rasoirs Gillette leur proposait déjà 1 million de dollars à chacun pour qu’ils rasent leur fameuse barbe pour les besoins d’un spot TV. Bien entendu Billy Gibbons et Dusty Hill leur ont ri au nez en déclinant l’offre aussi alléchante soit elle. Le seul du trio texan qui aurait accepté, Franck Beard s’en fichait éperdument puisque malgré son patronyme de Franck « Barbe », il est le seul de groupe qui ne porte pas de barbe et qui se rase (à peu près) tous les jours. De toute façon, en 84 les ZZ Top étaient déjà au Top et se moquaient bien de palper un million de plus ou de moins !
A la fin des années 60 à Houston, Texas nos trois héros du rock jouent dans des groupes adverses et s’il faut en croire la légende c’est un soir où ils étaient particulièrement allumés qu’ils décident d’unir leurs forces. Leur nom de bataille serait dérivé de la marque de papier à rouler Zig Zag qui les a inspirés cette nuit-là. Gibbons, selon les interviews, fait aussi référence à BB King son héros du blues. Car dés le début, ZZ Top va s’imposer par la scène, tournant indéfiniment sur les routes poussiéreuses du « Lone Star State », l’état à l’étoile solitaire.
Le revers de la médaille c’est que si le trio parvient à se distinguer assez vite au Texas, il ne parviendra à percer en dehors qu’à partir de leur troisième album « Tres Hombres » propulsé par son instrumental guitaristique si emblématique « La Grange » inspiré par un fameux bordel local !
Mais c’est surtout après le virage des 80’s et les premiers clips de la génération MTV que ZZ Top va imposer sa griffe dans le monde entier. Boostant son blues bouseux de synthés, en trois albums « Deguello », « El Loco » et surtout « Eliminator », le groupe texan se maintient au sommet des hits. Les vidéos à succès de « Gimme All Your Loving », « Legs » et « Sharp Dressed Man » sont toutes coulées dans le même moule où l’on retrouve nos héros, de jolies nanas et la fameuse Ford Coupé customisée de la pochette.
Après le décevant « Afterburner » en 85 il faudra attendre cinq années pour un nouveau ZZ Top. Intitulé « Recycler », il sera le dernier album du groupe publié sur le label Warner. Et si le groupe signe alors avec RCA, malgré l’érosion de ses ventes de disques, il continue imperturbablement de tourner en remplissant les stades de son pays d’origine.
Et cette année, nos texans ont signé avec le légendaire producteur co-fondateur de Def Jam, Rick Rubin pour enregistrer un nouvel et quinzième album qui doit être un véritable retour à leurs sources du blues.
Ils étaient la semaine dernière au Zenith à Paris et ils continuent de sillonner la France profonde sur la route des Festivals qui va les mener à Six Fours Les Plages aux Vieilles Charrues. 2008 marque aussi les 25 années de la sortie de leur « Eliminator » qui doit être réédité boosté par quelques inédits et autres bonus tracks. À cette occasion, flash-back de ma rencontre avec les texans dans le sillage de la sortie de « Eliminator » voici un petit quart de siècle…
BEST 185 Décembre 1983
Cet après-midi, j'ai rencontré les Dupond Dupont jaillis d'entre les pages d'un curieux mixage de Tintin en Amérique et d'Au Pays de l'Or Noir. Les barbes et la jeep rouge, vous vous souvenez ? En discutant avec Dusty Hill et Billy Gibbons, alias Z and Z, je m'attends presque à ce qu'ils crachent des bulles de savon d'émeraude. Quant à Top, il me salue en français dans le texte: «Bonjour, moi, je suis François Barbe » et Beard enchaîne en me proposant de boire un coup de« Cocola ». ZZ Top en France: nos très officiels ambassadeurs du Texan way of life donnent huit meetings dans l'hexagone en mobilisant à chaque fois un public enthousiaste bien plus nombreux qu'à un show de Chirac. Indubitablement ZZ Top accroche l'intérêt; « Eliminator », leur dernière pizza, est littéralement électrisée d'une pêche à la Tabasco sauce. La Ford Coupé modèle 1934 de la pochette dissimule un puissant bulldozer, du hard-core blues à l'arrière goût de chique des pionniers, long horns et tout le folklore. Pourtant détrompez-vous, malgré leur look « OK Corral», Billy, Dusty et Frank sont loin d'être des bouseux glauques. Leur sens de l'humour est acerbe et ils s'en servent les diables. Quand on leur parle ciné, ils répondent: "On adore San Antonioni et San Fellini ». Quand on évoque la dope sur la pochette d' « El Loco»: « On a eu une totale liberté face à notre compagnie phonographique, mais par contre ... le flic sur la photo ... ».
Quand on évoque leur côté border boys del Rio Grande et leur réputation de flambeurs, nos ZZ Top manient avec finesse l'art de l'anecdote, pas vrai Dusty Hill?
« Un jour, on faisait une photo session près de la frontière. Après ça, on a décidé de se relaxer en buvant un coup de Corona (bière mexicaine) dans une cantina d'un quartier chaud, là où les putes te susurrent inlassablement« mas pesos senor». Bref, on buvait en écoutant un groupe local. Lorsqu'il a fini de jouer, l'un des guitaristes s'est approché de nous: « Hé, vous êtes ZZ Top, ça ne vous dit pas de jouer? Por favor senores ... ». On a dit okay. Et le type a enchaîné: « Mais il faut que je vous dise: ça va vous coûter un dollar. » Okay, on jouera pour un dollar. On a récupéré leurs instruments et nous avons fait une chanson. « Une autre senores », nous crient-ils. On en fait une seconde. « One more time senores ». En fait, nous avons fait dix chansons et lorsque nous nous sommes arrêtés, ils sont venus nous remercier. Mais le type à qui nous avions déjà donné un dollar avait l'air gêné. « Thank you senores, mais il y a un léger problème.
-.:. Quoi donc?
- Ben l'argent...
- Vous avez eu votre dollar, pas vrai?
- Senor, c'est un dollar par musicien. •
Je lui donne deux dollars en plus, mais il tire toujours la tronche: « Senor , c'est un dollar par musicien. .. et par chanson. • Cette histoire nous a coûté trente sacs ! »
Même sur vidéo, ZZ Top cultive son style entre les bagnoles somptueuses et les filles. «Quand on se retrouve tous les trois pour bosser sur les clips, les idées jaillissent comme le pétrole au Texas. Puis nous en discutons avec le réalisateur», confie Dusty Hill. « Nous avons tourné la dernière à LA avec Tim Newman, parce qu'il est extrêmement doué.» -, « Non, c'est parce qu'il nous a offert un week-end à Las Vegas », réplique mister Beard. « Pas du tout, nous l'avons choisi parce qu'il est le neveu de Randy Newman et qu'il a fait le clip « I Love .LA », crache Billy Gibbons. « Et puis ce mec est un marrant. C'est important car notre rapport avec les gens se situe souvent au niveau du fun En plus, Tim sait où chercher les femmes pour les vidéos, d'ailleurs, si tu veux quelques numéros de téléphone ... »
Dur de rester sérieux avec ZZ Top. Essayons de parler d'« Eliminator ». Où a-t-il été enregistré?
Dusty Hill : « A Memphis, Tennessee. Nous avons déniché un super studio là-bas où nous avons enregistré les quatre derniers albums. L'endroit est parfait pour une formation comme la nôtre et l'esprit qui y règne est très motivant. Au lieu d'être séparés dans des cabines différentes pour isoler les sons, nous jouons tous les trois ensemble, c'est presque un live et on y gagne en énergie. »
Le soir, au Palais des Sports, une Ford Coupé 34 géante braque ses yeux de lumière. Les Dupont texans ont vraiment la folie, et ils savent la mettre en scène. »
© Gérard BAR-DAVID pour www.Hitmusemag.com – 14 juillet 2008
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Publié le 13.07.2008 à 20:14
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