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En 2007, paraissait, seulement pour le Bénélux (Anvers est la terre natale de Zita Swoon), l'album « Big City », 9ème opus d'un groupe au parcours mêlant musiques de films (« Music inspired by Sunrise »), performances théâtrales et chorégraphiques (« Plage Tattoo/ Circumstances ») et enregistrements live (« Live at the Jet Studios ») dans des formats improbables où le blues rudoyait la chanson française, avec même Axelle Red en guest. Et voici que paraît « Big Blueville », version alternative de « Big City » avec des reprises d'icelui mais les dehors d'un disque tout neuf.
Alors, Stef, expliquez nous: oui ou non, « Big Blueville » est- il le nouveau Zita Swoon?
SKC: Les arrangements de certaines chansons ont tellement changé après tous les concerts que nous avons fait depuis la sortie de « Big City » que ça valait la peine de les enregistrer à nouveau. Il y a donc 5 chansons issues de « Big City », et 5 nouvelles. Nous sommes huit et nous marchons à l'intuition, seuls les textes sont réfléchis. Le reste c'est de l'énergie pure. En flamand, on dit « Si le coeur est plein de quelque chose, ça doit sortir».
Justement, quelle place occupent vos influences du côté du blues ou du folk dans votre musique aujourd'hui?
SKC: Tout ce que nous sommes vient de ce que nous avons aimé. Mais j'ai 37 ans, et les musiques qui me bouleversent se font plus rares. Et même si je suis bouleversé, ça a moins d'influence sur la musique de Zita Swoon. C'est pareil pour nous tous. Avant, c'était beaucoup plus fort, c'est normal. Quand tu es jeune tu cherches une identité. Mais si j'écoute par exemple the Meters que j'ai découvert très tardivement, ça me donne vraiment envie de jouer des trucs comme ça. Mais moins qu'avant.
Mais vos références ne sont pas uniquement musicales. Zita Swoon ressemble davantage à un collectif pluridisciplinaire qu'à un pur groupe de rock. Vous avez touché à la musique de film, au théâtre, à la chorégraphie, aux arts plastiques. On a parfois du mal à vous situer.
SKC: Je ne vois pas trop de différence entre toutes ces formes d'expression. A un moment donné, tu as envie de faire un dessin, tu le fais. Après, c'est un choix que de chercher de la profondeur dans la technique, mais l'essentiel c'est la volonté de s'exprimer. Tu choisi d'acheter une guitare ou un pot de peinture, et il suffit juste de faire. Si tu as un petit peu de talent, c'est encore mieux, mais il faut commencer par faire et réfléchir sur ce que tu veux exprimer. Je pense que nous avons un héritage du punk et des années 60, quand la mode était de faire quelque chose avec très peu de moyens. Des chansons avec juste 3 accords mais beaucoup de contenu. Et ça c'est un sacré héritage. Mais je suis aussi un admirateur des grands techniciens, qui vont très loin dans le raffinement de la musique. C'est autre chose. Le principal est de vouloir s'exprimer. Parce qu il y aura toujours des gens comme moi qui ne savent pas choisir, et qui continuent d'essayer plusieurs techniques pour y parvenir.
En composant tantôt en français, tantôt en anglais, vous ne choisissez pas une langue non plus. Est-ce que vous recherchez la même chose, quelque soit la langue?
SKC: La même chose. J'ai peut-être plus d'affinités avec l'anglais parce que les racines de ma langue, le flamand, sont les mêmes. Mais comme je vis avec une française depuis quinze ans, le français fait partie de ma vie. Et dans les deux cas, je recherche toujours la plus chouette combinaison de mots possible, avec la bonne rythmique en eux. Ce n'est pas toujours évident, mais c'est intéressant d' « atterrir » dans une autre langue pour écrire de la poésie.
Vous continuez votre nomadisme entre les diverses disciplines auxquelles vous touchez?
SKC: Bien sûr. L'été dernier, j'ai fait un livre audio, avec un écrivain flamand qui lit son propre livre sur lequel j'ai composé une bande originale. C'est de plus en plus courant de voir des écrivains sortir aussi leur livre en CD. Et c'est un travail bien plus facile que celui de song writer parce que tu pars d'un sujet existant, d'une atmosphère identifiée, et ça stimule la fantaisie musicale à la différence de Zita Swoon, où nous partons de rien, pas de contenu, pas d' histoire.
Une dernière question sur le titre de l'album. Où se trouve « Big Blueville » sur la carte?
SKC: Blueville est une grande ville avec beaucoup de tristesse et de mélancolie, n'importe laquelle. Peut-être Paris ou Bruxelles. Mais il ne faut pas donner trop d'importance au titre de cet album, c'est juste un rassemblement de petites histoires séparées.
©José RUIZ / Hitmusemag.com mars 2008
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Artiste : Zita Swoon
Album : Big Blueville(2008)
Label : Discograph(Dist PIAS)
Discographie :
• Jintro travels the word in a skirt (1993) sous le nom de A Beatband.
• Everyday I Wear a Greasy Black Feather on my Hat(1995) sous le nom de Moondog, Jr.
• Musique inspired by Sunrise (1997)
• I Paint Pictures on a Wedding Dress (1998)
• Plage Tattoo - Circumstances (2000)
• Life = A Sexy Sanctuary (2001)
• Live at Jetstudio Brussels (2002)
• A Song About A Girls (2004)
• A Band in a Box (2005)
• Big City (2007)
• Big Blueville(2008)
• Label : Chikaree
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Publié le 26.03.2008 à 14:29
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