Adèle Adkins a 19 ans, porte du 42, vit toujours chez sa mère à Brixton, et fume des blondes plutôt que des roulées maintenant qu’elle a gagné de l’argent. Elle est pourtant la dernière sensation outre-Manche !
Car Adele est l’étoile montante des chanteuse londoniennes new-generation, et la révélation internet de ce début d’année. Son premier album « 19 », sortit le 28 janvier est le nouveau petit bijou soul de la scène british.
En février 2007, elle n’avait que 4 chansons dans son répertoire. Et après une rupture amoureuse (plutôt prolifique), elle en écrit 8 de plus en seulement quatre mois. Il faut dire que pour elle « drame » rime avec « moteur créatif ». Au grand bonheur de son public, elle confie à la journaliste Carole Sullivan : « J’aime quand les mecs sont horribles avec moi, quand ils disparaissent ou ne rappellent pas ». Et on lui souhaite sincèrement de ne pas s’en priver pour l’instant.
Une voix fumeuse, une bouille plutôt ingrate mais fraiche, elle en a séduit plus d’un. Faisant suite à Amy Winehouse et Kate Nash, ses anciennes camarades, elle aussi est diplômée de chant à l’école Brit School of Performing Arts de Croydon. Après quelques pérégrinations dans des bars obscurs de Londres (en première partie de Keren Ann entre autres), elle est d’abord découverte sur Myspace puis signe avec le label indépendant XL Recordings qui produit son premier single « Chasing Pavements » en janvier 2008 : le buzz est lancé.
Peu après, elle est invitée dans l’émission « Later » de Jools Holland sur la BBC2. Chose plutôt improbable, puisque habituellement les invités ont plus d’un CD à leur actif. Et pourtant… Entre Paul Mc Cartney et Björk, et devant sa mère en pleurs, elle interprète « Daydreamer ». Par la suite elle explique que ce titre a été inspiré d’une liaison douloureuse avec un mec bisexuel.
Dès l’âge de 12 ans, elle passe d’un coup de Korn à Ella Fitzgerald et Etta James, avec qui elle se trouve quelques ressemblances vocales. Toujours dans l’ambivalence adolescente, grande romantique, elle étonne aussi souvent par son franc-parler. « Je perdrais du poids uniquement si cela affectait ma vie sexuelle ou ma santé. Ce qui n’est pas le cas » n’hésite-t-elle pas à dire au Guardian, en réponse à un mauvais commentaire sur Youtube. Une critique qui illustre malheureusement l’establishment des chanteuses barbies asceptisées, toujours présentes à l’esprit de quelques retardataires. Désormais, Adèle Adkins existe pour les faire taire.