BIOGRAPHIE DE DONNA SUMMER
Reine irréductible du Disco, Donna Summer est la plus grande femme génératrice de hits de tous les temps. Première à avoir osé l’orgasme simulé à grande diffusion avec son légendaire tube « Love To Love You », elle a vendu tout au long de sa carrière plus de 150 millions d’albums. La grande diva des années 70 et 80 a été tellement avant-gardiste que ses tubes n’en finissent pas d’être repris (Depêche Mode, Eurythmics, Madonna…), et passent toujours en boucle dans les clubs monde entier.
Née en 1948, dans la banlieue de Boston, Donna Summer grandit dans une famille de sept enfants. Après avoir chanté les gospels à l’église du quartier, elle fera partie d’un groupe de rock, « The Crows ». A 18 ans, elle décroche un rôle dans la comédie musicale « Hair », et part en tournée en Allemagne. Difficile à croire, mais c’est en Europe que la grande égérie fera ses premiers pas vers la renommée.
Elle sort en 1971 un premier single particulièrement ignoré, « Sally Go Round The Roses ». Il faudra attendre 1974, et sa rencontre avec le brillant producteur electro pop Giorgio Moroder (Blondie, Human League, Janet Jackson) pour qu’elle se lance dans une carrière en solo. Elle signe donc son premier contrat aux Pays Bas, et sort l’album « Lady Of The Night », avec un premier hit qui l’élève au sommet des charts en France et en Belgique, n°2 aux Pays Bas : « The Hostage ».
L’année qui suit, elle présente à Giorgio Moroder des prémices de « Love to Love You ». Justement le producer cherche à développer la disco (phénomène à popularité croissante), s’inspirant vraisemblablement du « Je t’aime, moi non plus » de Gainsbourg & Birkin lui propose une version très érotique que Donna Summer aura d’abord du mal à accepter. Elle consent tout de même à faire une démo, et son ami arrive à la convaincre pendant l’enregistrement de ses prouesses vocales. Voici donc son premier grand hit naissant : « Love To Love You », qui commence par un succès timide en Europe ; jusqu’à ce qu’il tombe entre les mains du directeur de Casablanca Records aux Etats Unis, Neil Bogart. Il la fait signer de suite sur son label, et fait une nouvelle version de « Love To Love You », qui dure 16 minutes et 50 secondes, c’est à dire toute une face de vinyle. Du jamais entendu. Du jamais vu aussi : sur la pochette, les tétons de Donna pointent sensuellement sous sa robe transparente. Le Times, toujours très attentif, note que la chanson comporte en tout et pour tout 22 orgasmes simulés. Les censures seront nombreuses, la chanson dérangeante pour certains sera pour d’autres un symbole de la libération sexuelle. Donna Summer devient subitement l’ambassadrice de l’amour, attribution de sex symbol qu’elle a pourtant du mal à assumer. Le mouvement gay en plein boom s’approprie sans tarder son image sensuelle. Quelques petites fausses notes entacheront l’idylle, diront les mauvaises langues, avec des soit-disant propos homophobes tenus par la diva, mais elle sera pour longtemps l’égérie de ce nouveau public homo en besoin de représentation…et de soirées discos. Car avec sa très longue durée, et surtout la production futuriste à base de synthés où pulse le fameux rythme « poum tchak » du mode disco inventé par Moroder, la chanson est taillée sur mesure pour les pistes de danses.
Suivront deux nouveaux albums, “A Love Trilogy”, et “Four Seasons”, pour arriver à son deuxième gros tube « « I Feel Love », extrait de l’album « I Remember Yesterday », deuxième disque d’or de sa carrière.
En 1979, la sortie de « Bad Girls » fera un tabac : le disque sera triple platine ! Il rompt en un sens avec les précédents, mêlant disco, rock, funk et soul. Ce melting pot détonnant et les tubes planétaires « Bad Girls » et « Hot Stuff » lui vaudront un Grammy Awards pour Meilleure Voix Rock, ce qui est pour le moins surprenant compte tenu du registre habituel (plutôt disco pop) de la chanteuse. La même année, un autre album de compile « Greatest Hits Volume 1 & 2 » sera lui aussi certifié double platine. Donna Summer bat alors tous les records de l’histoire de la musique. Elle est la seule artiste à avoir sortie coup sur coup deux disques de platine. Son nom restera désormais gravé dans la pierre.
L’heure de la séparation avec Casablanca Records a sonné, et Donna Summer signe avec le label de David Geffen en 1980. Arrivée à un tel stade de sa carrière, tout est permis, et elle ne se contente plus d’être cataloguée Disco Queen. Le Rock New Wave l’emporte avec « The Wanderer », puis la dance avec « I’m A Rainbow » en 1982.
En 1983, Donna Summer est légalement amenée à reconduire sa collaboration passée avec Casablanca, racheté depuis par Mercury. De cette « obligation » qui lui vaudra quelques frictions avec Geffen, naîtra son dernier tube « She Works Hard For the Money ». A l’apogée de sa carrière, cet album revendique un women power libérée. Le single tournera sans arrêt sur les ondes et sur MTV, et devient la deuxième grosse réussite de sa carrière.
Après avoir atteint les hauts sommets, vient fatalement la chute. « Cats Without Claws » (1984) et « All System Go » (1987) sont de petites déceptions, et la diva décide de changer de label pour Atlantic Records en 1988. Le hit « This Time I Know It’s For Real » extrait de « Another Place And Time » (disque d’or) produit par Stock, Aitken et Waterman fera un peu oublier les bides précédents. C’est son 14ème succés planétaire, mais un épuisement artistique se fait sentir. Donna Summer sort « Mistaken Identity », qui n’apparaîtra même pas dans les charts en 1991. Elle fera remixer ses victoires passées (I Feel Love », et « State of Independance »), non sans réussite, même si en pleine Guerre du Golfe, « State of Independance » est censuré aux Etats Unis.
Après avoir déserté les studios d’enregistrement pendant 17 ans, Donna Summer sort en 2007 un tout nouvel album « Crayons », alors qu’elle est âgée de 60 ans. Acharnée, la Disco Queen ne compte pas vraiment baisser les bras.
© Cybèle Gallias / Hitmusemag.com – Mars 2008