BIOGRAPHIE DE GWEN STEFANI
On la connait pour ses looks minutieusement étudiés, pantalons léopards, ou ensembles rouges mordants, en mini shorts, gants en cuir ou bijoux volumineux. Parfois, on la voit venir en petite tenue d’écolière tout droit sortie des années 50, ou avec un bindi dessiné sur le front. Les cheveux aussi sont pris dans la tempête de style, roses, blonds platine, courts ou longs. Bref… son image est partout, subtile et outrancièrement sexy, caméléon des temps modernes, parfait mélange entre Marilyn Monroe et Madonna, un brin plus masculine.
La carrière solo de Gwen Stefani, l’ex vocaliste de No Doubt, n’a pourtant débuté que récemment, avec un premier album sorti en 2004, « Love. Angel. Music. Baby », qui fût un carton sans précédent. Les singles «Rich Girl » « What Are You Waiting For » et « Hollaback Girl » se sont classés aux sommets des charts internationaux, et la chanteuse a pu être propulsée au rang des worldwide stars.
En tournée mondiale, on la voit accompagnée sur scène de quatre japonaises : les Harajuku Girls, qui d’ailleurs ont donnés leurs petits noms à l’album. Elles sont issues de cette nouvelle vague de clubber kids Dans la foulée de « Fast & Furious : Tokyo Drift » tout droit débarqués du Japon, qui adoptent le look girly-gothic (des emos, en un peu plus colorés, disons). Et Gwen Stefani semble s’y être complètement accoutumée ! Plus un shooting sans qu’elle ne soit accompagnée de sa petite troupe de demoiselles d’honneurs, les surplombant de sa blonditude, et de sa grande taille. Apparues dans ses clips, sur scène, et dans les galas, les quatre jeunes japonaises sont toujours vêtues à l’identique, ce qui met forcément en valeur le décalage stylistique de Gwen Stefani, mais même si le pastiche pourrait virer au grossier, la classe de Gwen reste autrement plus audacieuse… en 2005, elle sera « Meilleure Chanteuse Pop de l’Année » aux Grammy Awards. Il y a du bon à taper dans l’œil…
Deux ans après sort « The Sweet Escape », et un show tout aussi grandiose. Le titre « Wind It Up », premier single, qui consiste en un savant remaniement des chants tyroliens de « La Mélodie Du Bonheur » version hip hop, ouvre la danse des tubes à succès. Suivront « The Sweet Escape », produit par Akon et « 4 In The Morning ».
Mais Gwen Stefani commence un peu à se sentir fatiguée : un mariage avec Gavin Rossdale, deux grossesses, deux tournées de tytan et même un film ! En 2005, elle avait le petit rôle de Jean Harlow dans Aviator de Martin Scorsese, aux côtés de Leonardo Di Caprio et de Cate Blanchett. Cinq Jours de tournage, mais Gwen Stefani s’y était totalement investie. La lecture de deux biographies de Jean Harlow furent considérées par la chanteuse indispensables pour endosser le rôle de cette célèbre actrice américaine du début du siècle, qui fût également une des premières « blondes platines » de l’histoire. Respect à la blonde attitude préhistorique oblige…
Si Gwen Stefani a su s’imposer aussi rapidement sur la scène pop mondiale, c’est que la musique a été pour un héritage familial, et que son entrée en scène date des années 80. Tout commence quand son frère Eric lui fait écouter à l’adolescence Madness, Fishbone, Selecter, et bien d’autres groupes de ska qui à l’époque pullulent dans toutes la Californie et plus précisément dans la région de LA.
En 1986, il fonde les prémices de ce qui deviendra par la suite No Doubt, avec John Spence au chant, et Tony Kanal à la basse. Gwen Stefani les rejoindra sous l’impulsion fraternelle, secondant dans un premier temps le chanteur principal. Malheureusement un an après, John Spencer se donne la mort… Accablés par l’évènement, No Doubt se déchire quelque temps, pour ensuite se retrouver dans un nouvel élan : Gwen Stefani prend les rennes, dépasse son angoisse de la scène et devient le membre phare, la chanteuse intrépide. Entre son frère Eric et son nouvel amour Tony Kanal, elle incarne désormais le ciment de No Doubt. En 1991, ils signent chez Interscope et sortent un premier album éponyme. Flop commercial par excellence, leur label refuse de les financer pour la suite, et à leur charge ils feront « Beacon Street Collection » qui sort en 1994, qui ne marche pas non plus comme ils l’espéraient. Eric est alors totalement déçu, et quitte le groupe pour se consacrer à son travail de dessinateur pour la série les Sympsons. Et il a eu tord…
Car après quelques accrochages avec Tony le bassiste, Gwen Stefani se lance corps et âme dans l’écriture du troisième album, complètement obnubilée par sa séparation toute fraiche. Et god save la mélancolie, puisque « Tragic Kingdom » sortit en 1995 est une bombe ! Numéro un des charts dans plusieurs pays et pendant des mois, les singles « Just A Girl » et « Don’t Speak » entrent dans le mausolée des tubes légendaires mondiaux. Le succès est complètement démesuré et inattendu, ce qui va freiner visiblement l’inspiration des No Doubt. Cinq an après sort « Rock Steady », un peu moins remarqué, mais toujours porté par la réussite de l’opus précédent. Le groupe dévient mythique, décoré d’un grand « 27 millions d’albums vendus dans le monde ».
A partir de là, Gwen Stefani prendra un peu ses distances, elle rencontre Gavin Rossdale, et devient une star en solo, mais solitaire… Un peu la grosse tête, peut-être, puisque les flashs étaient tous tournés vers elle. Cependant, No Doubt c’est un peu la famille, et naturellement ça ne se perd pas. Alors avec sa renommée, son émancipation, son assurance, Gwen Stefani a-t-elle définitivement oublié ceux qui l’ont dévoilée ? Et qui choisira-t-elle au final : ses nouvelles copines Harajuku qui la suivent gentiment, ou ses anciens potos de galère? En tout cas, les rumeurs parlent d’un nouvel album de No Doubt … à suivre.
© Cybèle Gallias / Hitmusemag.com – 29 avril 2008