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JAY-Z

Bio de Jay-z

Né(e) le : 30.06.2008

BIOGRAPHIE DE JAY Z

Incarnation vivante de la réussite afro-américaine, Jay Z est un artiste majeur de la scène rap US. Aussi bien en tant que rappeur qu’en entrepreneur avisé. Depuis 2005, il a été un des rares blacks à la tête d’une major, succédant aux fondateurs de Def Jam, Russel Simmons et Rick Rubin. Dès sa nomination, il développe de jeunes artistes qui se révéleront être plutôt prometteurs tels que Rihanna, Bobby Valentino, ou Young Jeezy et surtout son prtotégé Kanye West.

Un sens inné des affaires, « un flow de taré » -comme dirait Abd Al Malik-, une femme glamour (Beyoncé des Destiny’s Child en l’occurrence), des montagnes de dollars… il va sans dire que Jay Z a une bonne étoile : il est au rap ce que Larry Flint (éditeur de Hustler) a été au porno américain : un ponte doté d’un flair sans précédent, et d’une hargne impressionnante. Jay Z l’infatigable a donc ébranlé la scène hip hop mondiale, s’assurant d’être toujours au top, franchissant les étapes avec un brio hors du commun.

Pourtant, tout n’a pas commencé dans le meilleur des mondes… l’enfance de Jay Z (né Shawn Carter) se dresse dans un décor plutôt sombre, celui de Brooklyn des années 80, et plus précisément dans le ghetto de Marcy, réputé pour être le plus brutal de New York. Abandonné par son père, et pour vivre raisonnablement, il devient alors le jeune lascar-dealer pur produit de son environnement. Très vite, il se fait un nom, celui de Jazzy, qui deviendra par la suite Jay Z, en hommage à son mentor Jaz-O « The Originator » (pas très connu, il avait néanmoins signé dans un label), mais aussi en référence à la ligne J/Z qui dessert Marcy.

Au cours de mémorables rap battles, il deviendra également l’ami de Christopher Wallace (Notorious B.I.G) et de Trevor Smith (Busta Rhymes). Et c’est avec eux qui il commencera à claquer ses dollars pour flamber, paré de grosses chaînes en or, et arpentant les rues de Brooklyn en grosse caisse bling bling, entre deux deals.

Mais les aspirations de Jay Z ne s’arrêtent pas là : en 1988, il enregistre aux côtés de Jaz-O son premier single « Hawaïan Sophie », sous le pseudo de The Jaz, qui sera un quasi succès. Initié à l’industrie du hip hop, il en comprend très vite les rouages. Pourtant, Jay Z ne choisira pas la voie la plus classique : en 1995, il prend le risque de créer d’emblée son propre label, Roc-a-Fella Records, avec deux associés : Damon Dash et Kareem "Biggs" Burke. Et à voir grand, on gagne gros ! un premier single « In My Lifetime », suivi d’un premier album qui sera un carton, « Reasonnable Doubt », en 1996. Porté par le single « Ain’t No Nigga » en duo avec Foxy Brown, cet album est également produit par les plus grands : Clark Kent, DJ Premier y posent entre autres leurs beats funky. Notorious B.I.G. apparaît sur « Brooklyn Finest », Mary J. Blige sur «Can't Knock the Hustle », et toutes ces mémorables collaboration ont participé à l’élaboration du mythe, élevant « Reasonnable Doubt » au rang d’album légendaire et inégalable… même si celui-ci n’atteint que la 23 ème place aux charts US.

L’année suivante, sort « In My Lifetime, Vol. 1 », qui engendrera cette fois-ci des ventes à la hauteur de sa valeur. Jay Z signe alors le premier contrat avec Def Jam qui se charge désormais de la distribution. Plus pop que son prédécesseur, il est produit par Puff Daddy et Teddy Riley, et marque à la fois une tournure plus commerciale, et – d’une pierre noire en l’occurrence - la mort de Notorious B.I.G, l’ami d’enfance, le héros du rap new yorkais.

En 1998, Jay-Z produit également le film musical « Street Is Watching ». Hautement autobiographique, l’histoire se déroule dans Brooklyn, et le film est constitué de plusieurs clips agencés, dont les deux premiers, qu’il avait produit seul.

En parallèle, la fabrique tourne à bloc. Une hyper productivité de l’ordre de un album par an en moyenne, fera atteindre à Jay-Z peu à peu le titre de « King Of New York », et son ascension sera dorénavant fulgurante. La même année, avec l’album « Vol. 2... Hard Knock Life », Jay-Z signe le plus gros tube de sa carrière, «Hard Knock Life », n°1 des ventes, et un Grammy à la clé pour l’album. Maintenant il est évident que Jay-Z et Roc-A-Fella font office de solides références, et le rappeur fascine mondialement. De petit caïd frimeur, il sera passé au rang de star et devient la figure de proue du hip hop de la East Coast. Visionnaire, culoté, battant, Jay Z est un stratège, accumulant les réussites commerciales, et étendant son public d’une année à l’autre.

“Vol. 3... Life and Times of S. Carter”, sorti en 1999 sera lui triple platine, avec des tubes comme "Big Pimpin” ou “Do It Again (Put Ya Hands Up)”, et des collaborations à profusion : production made in Dr. Dre et Timbaland, et plus de 10 featurings ! Le positionnement de Jay-Z est alors limpide, et comme le certifiera « Dynasty Roc da Familia » qui sort en 2000, il semble désormais vouloir adosser la tenue du paternel, propulsant sur les devant de la popularité ses jeunes recrues, à savoir Beanie Sigel et Memphis Bleek présents à eux deux sur presque tous les titres de l’album.

Le 11 septembre 2001, en pleine panique politique, et dans la cohue planétaire, Jay-Z sort ce jour fatal « The Blueprint », son 6ème opus, considéré comme un de ses albums les plus réussis. Loin d’être effacé face aux évènements tragiques qui ont ébranlé les Etats Unis, ce nouvel album réussit à faire le pont entre les amateurs d’un rap plus commercial et les undergrounds adeptes du hard, et consolide ainsi sa position en tête d’affiche. Le succès de « The Blueprint » est certainement dû aussi à son aspect beaucoup plus personnel, avec comme seule collaboration Eminem sur le titre « Renegade ». Quelques vannes passagères le saupoudrent, notamment à l’encontre de son rival Nas, et Prodigy de Mopp Deep, mais Jay-Z ne se laissera pas plus porter par les vacheries. Et contrairement à toute attente, lors d’un concert mémorable « I Declare War » quatre ans plus tard, il réconciliera tout ce beau monde dans un moment scénique exceptionnel, notamment en présentant un duo avec Nas sur « Dead Presidents ». Il tirera justement un trait sur cette guéguerre grâce à la technique béton du « rassembler pour mieux régner » digne du grand patron qu’il est devenu.

En 2001, la frénésie productive de Jay-Z accouchera également de quelques collaborations remarquées avec The Roots (sur leur album « the Unplugged »), et avec R.Kelly sur son « Best of Both Worlds ». Et dans la foulée, Jay-Z sort quelques mois plus tard « The Blueprint²: The Gift & the Curse », un double album de 25 titres sélectionnés sur 40 ! Cette fois-ci, il invite plusieurs artistes dont Beyoncé, sa compagne depuis quatre ans, sur le titre « 03 Bonnie and Clyde », single carton qui mettra son couple en avant sur le champ médiatique. On notera également de remarquables featuring de Kanye West sur « The Bounce », et bien entendu un sample de Notorious B.I.G. incorporé post mortem dans le titre « A Dream ». Résultat, « The Blueprint2 The Gift & the Curse » enregistrera 4 millions de ventes sur le seul territoire US, et donnera lieu à un album supplémentaire composé d’une sélection des titres forts du précédent : « The Blueprint 2.1. ».

Après l’enregistrement de « The Black Album » en 2003, Jay-Z annonce qu’il se retire pendant quelques temps. Enfin… connaissant le personnage, se retirer n’est pas de tout repos : en 2004, il embarque dans une tournée monstre, qui se finira par un monumental concert d’adieu au Madison Square Garden. Des personnalités imminentes du rap mais pas seulement : entre autres seront présents Missy Elliot, Beanie Sigel tout juste sorti du placard, les mères des défunts Notorious B.I.G. et 2 Pac, Linkin Park, et bien d’autres. Gravé à jamais en Dvd avec «  Fade to Black », ce concert d’exception a tout de même une petite zone d’ombre, car il a complètement ruiné la relation de Jay-Z et R. Kelly. Ce dernier ayant été aspergé de gaz lacrymo par un employé de la sécurité, il a intenté un procès contre Jay-Z qui était son employeur. Les allez-retours judiciaires ont bien duré quelques mois, et de plainte en plainte, les deux artistes ont bien dû perdre quelques millions de dollars !

Une collaboration cette fois plutôt incroyable mais parfaitement contrôlé a été celle avec Linkin Park, qui a donné lieu à un album de remixes de leurs morceaux, produits par Jay-Z : « Collision Course ». A la clé un Grammy, des ventes colossales notamment pour le single « Numb/Encore », et encore une fois la preuve par cent que tout ce que Jay-Z peut toucher se transforme en or ! D’ailleurs après « The Black Album », Jay-Z a repris la direction de Def Jam pendant quelques années, alors que la boîte est dans une passe difficile. Sans hésiter il prend le challenge à bras le corps, sort le label de l’immobilisme, et donne un coup de pouce plutôt décisif, faisant racheter au passage Roc-A Fella par Universal, et développant de nouveaux talents fructueux comme Kanye West.

Sa « pause » aura effectivement été de très courte durée : en 2006, Jay-Z revient en force avec un tube « Show Me What You Got », extrait d’un nouvel album qui suivra, « Kingdom Come ». Faisant encore une fois office de vivier de partenariats, on trouve dans « Kingdom Come » un peu de Kanye West, de Dr. Dre, Pharell Williams, mais aussi –et c’est pour le moins étonnant- Chris Martin de Coldplay, qui pointe son nez dans le titre « Beach Chair ». Deux millions de copies vendues aux USA, ça ne lui suffit visiblement pas : pour parfaire le tout, il fait une nouvelle apparition sur le « Umbrella » de Rihanna, second gros carton après « Crazy In Love » de Beyoncé, pour lequel il avait tout autant été récompensé par flots de Grammys.

La course reprend en 2007, cette fois-ci avec « American Gangster », un album concept inspiré du film éponyme de Ridley Scott, sur Franck Lucas, ce fameux parrain Black de Harlem dans les années 70. Un mec parti de rien, à la base chauffeur de son prédécesseur, dont il prendra sans tarder la place, en partie grâce à son sens inné du business et sa carrure de meneur d’hommes et d’affaires. Les points communs entre Jay-Z et ce héros étaient flagrants, et il propose donc au réalisateur son projet adjacent. Magnifique superposition entre sa vie et le grand écran, Jay-Z a su se mettre en scène avec cette BO et se fondre dans le personnage de Frank Lucas (joué par Denzel Washington).

Fascination pour les grands mafioso, passé plutôt chargé et succès gagné à coup de dents… Il est certain que Jay-Z est l’exemple type de la réussite comme l’a tellement rêvée le nouveau continent. Comme une sorte de Tony Montana (dans Scarface), il a atteint des sommets, à la seule différence que Jay-Z n’a pas vraiment l’air de planer… Souvent, comme chez tout leader, il y a le point culminant puis la chute… surtout dans les films !

 

© Cybèle Gallias – Hitmusemag – 28 mai 2008

 

 

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