BIOGRAPHIE DE MARIAH CAREY
Une voix puissante qui peut franchir jusqu’à sept octaves dans un corps canon sans date de péremption, une volonté de fer, et un contrôle total de sa production artistique… à qui d’autre peut-on penser sinon Mariah Carey ? La grande chanteuse-compositeur sait prendre le taureau par les cornes, et dès son premier disque en 90, elle sillonne la décennie, la parsemant de tubes colossaux d’une année à l’autre, sans relâche. Dix ans, dix albums. Et le plus fort : après une difficile période de remises en question, elle revient sur le devant de la scène triomphal, avec « The Emancipation of Mimi » en 2005, et un titre qui en dit long…
L’histoire commence à Long Island (New York), ville dans laquelle Mariah Carey grandit, aux côtés d’une mère chanteuse d’opéra. Il paraît donc évident que la petite fille prenne des cours de chant dès son plus jeune âge (4 ans). Après des études musicales, elle part à l’assaut de New York. Seule, elle devra alterner des jobs de serveuse pour payer les factures. Mais le vrai commencement, c’est quand elle est embauchée comme choriste aux côtés de la chanteuse pop Brenda K. Starr. Brenda, ange gardien, donnera une démo de Mariah à Tommy Mottola, à l’époque Pdg de Columbia. La légende dit que à l’instant où il l’écoute dans sa voiture, il fait un demi-tour subit et part à la rencontre de la jeune prodige sans attendre. Ce crissement de pneu marquera le début d’une collaboration prolifique, et Tommy fera de la carrière de Mariah Carey une priorité absolue.
En 90 sort « Mariah Carey », et un premier score de 6 millions de copies vendues. Suivront « Emotion » (1991), le live « MTV Unplugged » (1992), « Music Box » (1993) avec les tubes notoires « Dreamlover » et « Hero » qui ont fait danser des slows torrides à la planétaire entière. Mariah Carey n’échappera pas non plus à la love attitude, puisque l’année de la sortie de « Music Box », elle devient la deuxième femme de son mentor Tommy Mottola, et la première femme à avoir 3 albums vendus à plus de 8 millions de copies.
En 1994, elle pique la vedette au Père Noel avec un nouvel album « Merry Christmas », qui ne manquera pas de faire des heureux au Japon. Le single « All I Want for Christmas is You » y sera n°1 des charts. Et enfin la rébellion commence… avec “Daydream” son 5ème album. Mariah Carey invite des bad boys rappeurs Ol’Dirty Bastard à y remixer un de ses premiers singles « Fantasy », et de suite elle se met à dos sa maison de disques (et son mari qui la dirige). Mais elle a indubitablement eu raison. Car « Daydream » a été l’album le plus vendu aux Etats-Unis. Ainsi cette réussite la persuadera de son flair, et depuis Mariah Carey décide d’être aux commandes de chacune de ses chanson, sans concessions : les conseils sont bienvenus, mais les décisions n’appartiennent qu’à elle seule. Une Diva nait alors, dans tous les sens du terme.
Malheureusement le ciel s’obscurcit en l’année 1997 quand elle divorce de Tommy Mottola désormais magnat de Sony Music. Mais elle fonce alors tête baissée vers un nouvel opus « Butterfly ». Comme pour s’affranchir d’une image de lolita qui lui colle à la peau depuis ses débuts, elle n’hésite pas à faire pencher la balance vers des sonorités hip hop, plus viriles. Forte de sa lancée, elle s’affiche avec qui on la compare le plus, Whitney Houston, et les deux voix supérieures se rencontre dans « When You Believe », qui sort dans la compile « Ones » en 1998. Puis vient « Rainbow » le multi-platine l’année d’après, tout aussi ponctué de flows hip hop, cette fois-ci à la Snoop Dog, Missy Elliot, ou Jay-Z. C’est un tel triomphe qu’il fera même perdre la place tant choyée des Beatles au Guiness Book of Records. Mariah Carey les surpasse en nombre de semaines au sommet du Top. C’est sans équivoque la consécration, mais celle-ci est malencontreusement suivie d’un épuisement fatal.
Mariah Carey décide alors de quitter Sony pour Virgin, avec qui elle signe un contrat pour cinq albums contre 100 millions de dollars… le pari est perdu. La star n’en fera qu’un, « Glitter » (bande originale du film éponyme) et il sera complètement raté. D’ailleurs, sa performance d’actrice dans le film aussi ; aux Golden Rasberry Awards, elle est élue « Pire Actrice de l’Année ». Le contrat est rompu sans plus attendre, et Mariah Carey, vexée, annonce publiquement qu’elle se retire de la chanson. La promesse sera bien évidemment non tenue, quand elle signe en 2001 avec sa nouvelle famille Universal. De cette nouvelle adoption naîtra un autre petit bide, « Charmbracelet », qui pour la critique sera une preuve enregistrée de la déchéance d’un phénomène de mode provisoire. Le cocon est resté tel quel, miss Butterfly est morte, la lolita n’était que passagère. Et pourtant !
Mariah Carey prend en 2005 le dessus sur sa déprime, et sort l’album de la résurrection : « Emanicipation for Mimi », avec un titre plus qu’évocateur, et une pochette où elle pose en amazone conquérante. Six fois disque de platine, l’album est « Meilleur album contemporain de R&B » aux Grammys, et « We Belong Together » « Meilleure chanson R&B ». Pour son petit dernier « E=MC » qui sort en avril 2008, la princesse sera entourée de ses bad boys comme à l’accoutumée (Jay-Z, Germaine Dupri, Will I Am, T Pain…). Elle lance donc une nouvelle offensive, et réhabilite son image sans trop de difficultés.
Pour tous ceux qui la croyaient finie, et tous les autres qui la cloîtraient dans un rôle de potiche, Maria Carey a sortit les griffes, et la voix.
© Cybèle Gallias / Hitmusemag.com – mars 2008