BIOGRAPHIE DE SEBASTIEN TELLIER
« La barbe, pour le côté mystérieux, les cheveux longs pour le côté féminin, et les lunettes noires pour le côté sophistiqué ». Voici comment Sébastien aime se résumer. Il s’impose comme étant l’artiste barré, en vogue, conceptuel et sensuel du moment. Savant mélange entre Philippe Katerine et Sébastien Chabal, il est désormais le plus sympathique ovni de la planète médiatique française.
Dernièrement, Sébastien Tellier accepta de représenter la France au concours de l’Eurovision 2008 avec l’envie de se défaire de son image d’artiste intello préféré des bobos parisiens. Pour étendre son public, déguinder et populariser ses chansons, il devient un invité récurrent des plateaux télé. Comprendre son personnage donne du fil à retordre, car Sébastien Tellier oscille continuellement entre honnêteté naïve et second degré explosif, entre naturel dérangeant et sophistication exagérée. Devant Brice Hortefeux, notre joyeux luron s’est d’ailleurs fait le porte-parole de cette France qui dort, en conseillant gentiment au ministre – dans le but d’éviter la pollution causée par les avions rapatriant les sans papier - d’utiliser un moyen de transport autrement plus glamour… la catapulte !
Mais qui est donc ce génie musicien planant sur d’autres sphères ? Comment a-t-il « par hasard », (comme il dit souvent) atterri sur la planète Air, et signé dans leur label Record Makers ? Enfin, comment peut-on faire des albums aussi magistraux et en même temps composer pour des films comme Steak, avec Eric et Ramsy…
La vie de Sébastien Tellier est un long fleuve tranquille… Dès son plus jeune âge, son père, ancien membre du groupe Magma, lui achète des instruments à la pelle, sur lesquels Sébastien passe la plupart de son temps. A l’heure de quitter l’antre familiale, il reçoit un petit appartement dans le 17ème arrondissement de Paris en guise de dote, petit nid dans lequel il commencera sa quête d’identité profonde… posté devant une télé sans le son ! Et ceci lui prendra bien une demi dizaine d’années.
Tête en l’air, bercé dans la musique depuis toujours, quoi de plus naturel pour cet ado boutonneux que de chercher une signature sur un label. Avec seulement trois morceaux, il fait une première tentative chez Record Makers, et aussi simple que cela puisse paraître, ils le signent sans hésiter. Sébastien Tellier se retrouve alors propulsé, après un premier concert-test sur Paris, à jouer en première partie de Air à Houston devant plus 5000 personnes !
En 2001, il sort son premier album, « L’incroyable Vérité », qui inaugurera une série de concept-albums. « Fantino », extrait du disque, figurera dans la BO de Lost In Translation de Sofia Coppola. Trois ans plus tard, c’est au tout de « Politics » de montrer une autre facette du monde made in Tellier. Cet album fera un ravage, avec notamment « La Ritournelle », son titre phare. Accompagné de Tony Allen, ancien batteur de Fela Kuti, Sébastien Tellier part en campagne présidentielle démente et s’imposera en candidat crédible.
« Sessions », en 2006, marquera une pause de réappropriation sonore ; puisque c’est un album composé de reprises acoustique de ses titres précédents. Sorti en France uniquement, il sera par la suite exporté en Grande Bretagne sous une nouvelle appellation (« Universe »), et avec en titre supplémentaire, une reprise de la « Dolce Vita » de Christophe.
Sébastien Tellier sera également l’auteur de quelques BO de films, comme Narco de Gilles Lellouche, ou bien Steak, premier film (massacré par la critique) réalisé par son ami Quentin Dupieux, alias MR. Oizo.
Scruter des concepts pour les illustrer de son, c’est un peu la méthode infaillible de notre « Chabal de la chanson » francophone. En 2008, c’est une autre entité régissant le monde qui se frottera à l’inspiration hasardeuse de Sébastien Tellier : le Sexe. « Seul le cul m’intéresse », dit-il impunément, et avec ce dernier opus, il devient le maître à penser de l’orgasme par excellence. Parsemé ça et là de souvenirs préadolescents, de filles en maillot de bain qu’il a pu déshabiller du regard, de shorts en mousse qui l’ont particulièrement excité, de sa nouvelle histoire d’amour avec l’actrice Amandine de la Richardière… Bref, notre représentant national se montre ici sous un jour particulièrement érotique.
Sébastien Tellier est dorénavant la note de nonchalance qui manquait dans le stress omniprésent. « On réfléchit mieux quand on ne pense pas », dit-il sérieusement alors que tout le monde rigole. Mais ils n’ont rien compris ! Relaxez-vous, faites tourner un bon disque (de Sébastien Tellier en l’occurrence), et peut être qu’en réfléchissant moins, et en ressentant plus, on peut éviter quelques infarctus superflus.
Cybèle GALLIAS
© Cybèle Gallias / Hitmusemag.com – 24 avril 2008